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Les introuvables feuilles de route du Chef Saïed et de la Cheffe Bouden

Tunisiens, étrangers partenaires et amis, auront eu beau consulter tous les manuels de géographie, ils ne trouvent toujours nulle part la feuille de route du chef de tout l’Etat tunisien. 86 jours après le début des mesures exceptionnelles du 25 juillet 2021 qui devaient signer une période juste transitoire pour le dénouement  de la crise politique en Tunisie, point de « Road Map », tant politique qu’économique.

En dehors de la profession de foi d’établir « un véritable régime démocratique dans lequel le peuple est effectivement le dépositaire  de la souveraineté », presque 3 mois après le 25 juillet, la période transitoire n’en finissait pas de s’étirer, sans que Kais Saïed ne se décide à préciser aux Tunisiens  ce qu’il a l’intention de faire pour accéder à leurs desiderata de mise du parti islamiste Ennahdha sur la touche, ni sur l’amendement de la Constitution, et encore moins sur les élections anticipées.

  • Un Cordano peut-être, mais pas encore un Keynes

Saïed est peut-être un José Mujica Cordano, président uruguayen connu pour être le plus modeste du monde et qui ne figure pourtant pas sur la liste des plus grands politiciens de son époque. Loin d’être un Keynes, ou un Friedman, Kais Saïed donne jusque-là la nette impression d’avoir engagé une bataille politique dont son pays n’a nullement les moyens, qui plus est, défendu par un discours anti-homme d’affaires, contre l’économie libérale, et contre les institutions financières et leurs outils de travail, comme lorsqu’il s’en prenait aux agences de Rating, alors que les finances de l’Etat sont à la peine comme jamais. Sa Tunisie en récoltera une dégradation de sa note souveraine qu’un peu plus de diplomatiquement correct aurait pu éviter. Et si en politique, ses desiderata sont plus ou moins connus, même s’ils restaient sans feuille de route, claire, nette, séquencée et datée, le flou est plus prononcé en matière économique. Son dédain des entrepreneurs, depuis son ascension au pouvoir, accusés de s’être illicitement enrichis et toujours menacés de « réconciliation » pénale, la Tunisie des affaires et de l’investissement ne sait pas à quelle sauce elle sera mijotée par Kais Saïed.

  • La pression américaine se desserre, pas la pression financière !

Les témoins de l’audition de la dernière réunion du Congrès américain, ce dernier sur lequel comptait les anti-Saïed, ont mis en garde contre une réduction de l’aide à la sécurité. Emna Guellali, directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International, a déclaré que « cela serait vraiment considéré comme une rupture des liens aussi avec le peuple tunisien », a-t-elle dit, tout en alertant contre une possible détérioration de l’environnement sécuritaire du pays. « Cela aurait de très mauvaises répercussions… non seulement en Tunisie, mais aussi dans toute la région ».

Pour sa part, le Directeur des programmes Moyen-Orient et Afrique du Nord de l’Institut américain pour la paix, Elie Abouaoun, a affirmé que « trop de pression ou le mauvais type de pression pourrait déstabiliser davantage le pays, nuire au peuple tunisien, créer des menaces pour la sécurité régionale et annuler les succès que l’investissement américain dans la démocratie et la stabilité de la Tunisie a obtenus jusqu’à présent ».

Des propos qui dénotent d’un desserrage de la pression occidentale sur Kais Saïed, et son absence de toute feuille de route. La réunion de l’Union Européenne sur le cas tunisien, ce mardi, ne devrait pas déroger à cette compréhension et bienveillance américaine.

  • Elle n’est Akhannouch, mais on la dit une Merkel. En aura-t-elle la même chance ?

Et alors que le nouveau gouvernement qu’il s’était débrouillé après 11 semaines d’auto-consultations, s’installait à peine dans une Kasbah désertée depuis le départ de Hichem Mechichi, Nejla Bouden fait déjà face à de sérieuses difficultés de trésorerie. Des difficultés, qui font chaque mois craindre à la population un défaut de paiement des salaires. La Tunisie de Kais Saïed ne sait toujours pas où va économiquement son chef de tout l’Etat, et comment compte-t-il financer les budgets de l’Etat dont il a pris tous les leviers de commande.

Qui plus est, la CDG Bouden elle-même ne se décidait pas encore à faire état de sa propre feuille de route économique.  Et si la pression internationale sur son chef Kais Saïed se desserre, c’est sur sa seule tête de Gaulois qui fait qu’elle soit à plaindre, que tombent toutes les mauvaises nouvelles.

On commencerait bien par la dernière très mauvaise notation de Moody’s qui fermerait presque les portes de toute sortie sur les marchés financiers, même si elle n’a pas réussi à fermer celles du FMI. Mais on ne saurait passer à côté des bourdes de certains de ses ministres, comme celui de l’Education qui l’accueillait avec l’annonce d’un défaut de paiement des salaires, ou encore son déficit de communication.

Nejla Bouden qu’on comparait à une Angela Merkel tunisienne, n’a certainement pas le carnet d’adresses de son homologue marocain Aziz Akhannouch qui lui ouvrirait plus d’une porte, mais elle pourrait inscrire son nom dans les annales des sauveurs des caisses de l’Etat, si elle réussissait à mobiliser les besoins des deux budgets, le complémentaire de 2021 et le prochain de 2022. Elle le pourrait, si elle arrivait à remettre l’économie à la production, domestiquer les demandes de l’UGTT, et lancer véritablement les réformes requises par ses bailleurs de fonds. Et ce ne sera pas une mince affaire !

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2 Commentaires

  1. DES ARTICLES A SE MORDRE !!!!!!!!!!!!! COMPLETEMENT IDIOTS ET ININITELLIGENTS
    DES JOURNALEUX QUI REMONTENT LE PEUPLE

    Eux les « prétendus intelligents ????  » Qui écrivent n’importe quoi !!!!!
    Comment un nouveau Gouvernement de seulement quelques jours pourrait avoir déjà
    remis la Tunisie sur la bonne voie ??? Pas de magiciens en Tunisie ni ailleurs

    Avant de critiquer , juger ; Messieurs les JOURNALEUX devenez intelligents !! Et ne
    portez pas sur vos feuilles de choux des conneries et jugements prématurés

  2. Si la Tunisie récolte une dégradation de sa note souveraine, ce n’est pas la faute de KS qui a pris véritablement le pouvoir le 25 juillet 2021 et n’a pas encore dévoilé sa feuille de route. Cette dégradation de note est le fruit de la dégradation de l’économie depuis 11 ans. Ne prenez pas les tunisiens pour des analphabètes. Demandez à ceux qui ont gouverné la Tunisie depuis 11 ans, demandez aux voleurs des caisses de l’Etat, demandez aux criminels qui ont assassiné, demandez aux corrupteurs et aux vendeurs du vent et de la religion, demandez aux menteurs, demandez aux députés vendus et corrompus qui ont trahi leurs électeurs, demandez aux sittineurs qui ont bloqué les routes et la production des phosphates,demandez à l’UGTT qui a mis les batons dans les roues, demandez….demandez encore,….
    Remettre l’économie à la production nécessite: i)le contrôle stricte des agents de production et le suivi sérieux de toute administration; ii) appliquez la loi et le sanstions à ceux qui ne travaillent pas et ceux qui volent;iii) Utilisez s’il le faut l’armée dans toutes les administrations et toutes fraudes; ivi) changer les lois et encouragez l’investissements;vi) mettez un programme d’action pour le travail des jeunes, Développez la communication réelle et professionnelle, etc….Nos journalistes sont à côté de la plaque car ils croient par ignorance que le gouvernement a une baguette magique pour réaliser tout de suite les déclarations du Président. Ces déclarations demandent du temps et des programmes appropriés

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