La secrétaire générale adjointe de la Fédération générale de la STEG, Nedra Zghab, a indiqué que les voies du dialogue entre le syndicat, d’une part, et le ministère de l’Industrie et la présidence du Gouvernement, d’autre part, sont coupées, les invitant quand même à s’asseoir à la table des négociations.
Elle a dénoncé « la négligence et l’indifférence » du ministère de tutelle envers les revendications professionnelles des employés de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz, dont les effectifs sont estimés à environ 14 mille employés.
Exigences professionnelles
La même source a indiqué à African Manager que parmi les revendications professionnelles réclamées par la fédération, figurent la mise à disposition de vêtements de travail pour les salariés et les moyens de protection nécessaires , en plus de l’octroi de la prime de rendement pour l’année 2020, qui n’a pas été versée jusqu’à présent malgré le coût élevé de la vie en Tunisie.
Nedra Zghab a estimé que la circulaire n°20 est « dangereuse pour la plupart des secteurs vitaux en Tunisie », ce qui a engendré de multiples grèves dans divers secteurs dont la Poste, les municipalités, les grossistes distributeurs de bouteilles de gaz domestiques et les agents de la « STEG ».
L’État « filoute » le citoyen !
La responsable syndicale a affirmé que c’est le gouvernement qui est responsable de l’augmentation des factures d’électricité, au travers de l’introduction des droits sur la transition énergétique et de la redevance radio et télévision, lesquels seront encaissés par la suite pour le compte du trésor public, et non pas pour celui de la société tunisienne d’électricité et de gaz STEG.
Le secrétaire général adjoint de la Fédération Générale de la Société Tunisienne de l’Electricité et du Gaz a, également, démenti le fait que la STEG soit en état de faillite, soulignant , en revanche, qu’elle est aux prises avec « quelques difficultés financières dues à ses créances envers l’Etat, qui s’élèvent à 4 milliards de dinars, selon ses dires.
Dans le même contexte, elle a imputé à la Primature et au ministère de l’Industrie la responsabilité des difficultés matérielles rencontrées par la « STEG », leur demandant de payer leurs dettes, et expliquant qu’« au moment où l’Etat n’était pas en mesure de le faire , il a décidé d’empêcher l’adoption du mécanisme de facilité de paiement pour le citoyen ordinaire afin de régler les factures ».
Energies renouvelables
Dans le cadre de la transition énergétique, Nedra Zghab a démenti également les informations selon lesquelles la STEG s’emploie à empêcher le citoyen de bénéficier des énergies renouvelables à moindre prix.
Et d’ajouter: «Les entreprises étrangères qui ont obtenu des licences pour exploiter les énergies renouvelables sont des entreprises qui ne serviront pas l’intérêt du citoyen, car l’électricité qu’elles produisent sera vendue à des entreprises et à des usines privées et non pas au citoyen. »
Par ailleurs, elle a déclaré que ces entreprises sont « nuisibles » pour une entreprise publique comme la « STEG », dont certains veulent se débarrasser et s’orienter vers la privatisation, ajoutant, qu’ «Il est déraisonnable que la Société Tunisienne d’électricité et de gaz permette à ces entreprises d’exploiter ses capacités techniques gratuitement »
Zghab a réaffirmé le rejet de la Fédération de la loi n°47 de 2019, relative à la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables, qui stipule « la réalisation de projets de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables sur des biens immobiliers relevant de la propriété privée », moyennant, le cas échéant, « une autorisation qui peut être accordée pour les mettre en œuvre sur des parties de propriétés domaniales ou des collectivités locales dans le cas où la faisabilité de la réalisation du projet serait prouvée suivant la stratégie nationale, qui est fixée par le plan national de l’électricité produite à partir des énergies renouvelables ».
Il est à noter que la Tunisie aspire à augmenter le pourcentage des énergies renouvelables pour atteindre le seuil de 30% de sa production totale d’énergie d’ici 2030 contre 3% actuellement.
Il convient aussi de mentionner que les subventions du carburant, de l’électricité et du gaz dans le budget de la Tunisie en 2022 s’élèvent à environ 5,1 milliards de dinars








