AccueilLa UNETunisie-FMI: En attendant Godot!

Tunisie-FMI: En attendant Godot!

Les négociations de la Tunisie avec le FMI pour un nouvel accord de financement du budget, ressemble de plus en plus à un drôle de cirque. Aux dernières nouvelles, mardi 29 mars 2022, la ministre tunisienne des Finances parlait toujours d’un « prochain démarrage ». En février, le FMI évoquait de « bons progrès » sans autre forme de détail.

Les deux parties se jettent des fleurs, et égrènent de petites nouvelles, sans odeur ni saveur et toujours sans détails sur le déroulement des négociations les plus importantes pour la Tunisie depuis plusieurs décennies.

–        Le têtu, le marchand, et le banquier

La Tunisie se trouve désormais au pied du mur malgré tous les fonds levés en local, et les crises, internes (politiques, constitutionnelle, institutionnelle et sanitaire) et externes (Guerre de la Russie contre l’Ukraine, et pressions américaines et européennes sur le chef de tout l’Etat tunisien), se relaient pour rendre la vie plus dure à ses habitants et les perspectives, tant politiques, qu’économiques ou financières, chaque jour plus incertaines pour ses partenaires.

Le FMI, de son côté, a déjà connu plus d’un déboire avec la Tunisie en proie à une instabilité politique qui n’en finit plus, et a, en plus,  vu un premier accord mis à terme par le gouvernement Fakhfakh, et des pourparlers avortés avec le gouvernement Mechichi. Un FMI resté pourtant magnanime, qui exige désormais une entente de toutes les parties, politiques et surtout sociales,  sur tout programme qui lui serait présenté.

Ce faisant, le FMI fait de l’UGTT le verrou de tout accord avec la Tunisie, rendu de ce fait plus difficile car l’UGTT joue un autre jeu qui utilise l’accord avec le FMI comme un moyen de pression sur le chef de tout l’Etat pour l’amener au Dialogue national « made-in-Ugtt » qui ramènerait Kais Saïed à de meilleurs sentiments avec les partis politiques dont le rôle de corps intermédiaire n’est point reconnu par celui qui parle désormais au nom du « le peuple veut ».  Et un FMI, en définitive, qui aura de plus en plus tendance à se comporter avec la Tunisie comme les villageois avec le berger qui s’amuse à plusieurs reprises à leur faire croire qu’un loup attaque ses moutons.

Le têtu (K. Saïed) qui refuse de changer d’un iota, le marchand (Tabboubi) qui souffle le chaud et le froid sur les Marketplaces du pays, y perdront. Et le banquier (FMI) ira fouetter d’autres chats dans d’autres pays.

–        Qui entendra le Warning de l’autre Saïed ?

Ceci, d’autant que les parties politiques dans la crise financière et économique, que sont l’UGTT et Kais Saïed, jouent depuis le 25 juillet 2021 au chat et à la souris, au « je t’aime moi non plus », se rencontrant chaque fois avec force mots mielleux, et se détestant cordialement avec force piques et répliques, par ailleurs. L’un parlant plus de salaires et plus de compensation, et l’autre criant toujours au complot pour tout et pour rien, menaçant les hommes d’affaires de réconciliation pénale, et prenant les médias en otage dans des décrets-lois sur le terrorisme et la spéculation illégale.

Deux protagonistes (N. Tabboubi et K. Saïed), qui restent jusque-là obnubilés par une guerre de tranchées politiques, autistes aux effets de la crise économique et financière qui secouent les populations qui les avait élus l’un (par suffrage universel) et l’autre (par les employés du public et du privé). L’un et l’autre entendront-il le warning de l’autre Saïed, Samir de son prénom et ministre de l’Économie et de la Planification, de fonction où il voit plus loin ?

Et qui paiera les pots cassés de ces petites guerres politiciennes et des luttes économiques et financières dans une atmosphère à la Samuel Beckett dans sa pièce théâtrale « En attendant Godot »?

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