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La pénurie du sucre commence à se résorber, les importations grimpent de 141%

Le déficit de la balance commerciale alimentaire s’est accentué, fin juin 2022, culminant à 1559,7 millions de dinars, contre un déficit de 806,9 millions de dinars, une année plus tôt, fin juin 2021, avec un taux de couverture en baisse de 66,9%, contre 75,1% en 2021, selon les données publiées par l’Observatoire national de l’agriculture.

Le déficit de la balance commerciale est attribué, notamment, à l’augmentation du taux d’importation des céréales de 48,6%, du sucre de 141,0% et des huiles végétales de 70,1%, malgré l’augmentation des exportations d’huile d’olive de 34%.

Plus que pour d’autres denrées, le marché tunisien est actuellement perçu sous l’angle  d’une pénurie notable de sucre, ce qui a provoqué la grogne des citoyens en raison de la perturbation continue de l’approvisionnement en denrées alimentaires de base subventionnées.

Il n’en fallait pas davantage pour  que le directeur général de la qualité et du commerce intérieur au ministère du Commerce et responsable de la salle des opérations, Yasser Ben Khalifa,  juge essentiel d’appeler les consommateurs à rationaliser leurs achats de sucre, se faisant, au passage, un devoir de les rassurer en affirmant que  ce produite  est disponible  depuis avant-hier, mardi 19 juillet 2022, dans les rayons des grandes surfaces.

Ben Khalifa avait, déjà, affirmé dans une déclaration médiatique à une radio privée, que le ministère du Commerce a pris des mesures pour fournir principalement des sacs de 50 kg dans les magasins, soulignant qu’il n’y a pas de craintes par rapport à l’approvisionnement.

Il  a révélé qu’une cargaison de 14 000 tonnes de sucre est arrivée en Tunisie en provenance d’Algérie par voie terrestre, en plus de 28 000 tonnes venant d’Inde par voie maritime, ainsi que 30 000 tonnes débarquée au port de Gabès, dont 10 000 tonnes ont été distribuées.

La même  source a reconnu que certaines pressions avaient été enregistrées durant la dernière période, ce qui a provoqué une pénurie du sucre, notamment dans la région du Grand Tunis et les zones côtières.

Il a, aussi, souligné que les achats du ministère du commerce sont réguliers et qu’il n’y a pas de manque au niveau des contrats.

Cependant, le problème qui s’est posé était lié au détournement de la destination des achats tunisiens du Brésil vers l’Inde, après la réticence du Brésil à en vendre aux pays africains.

La STS de Béjà à l’arrêt

Il est à rappeler  que les employés de la Société tunisienne du sucre (STS) de Beja ont observé un sit-in de protestation en février dernier en réponse à l’appel de leurs structures syndicales et avec le soutien de l’Union régionale du travail, afin d’exiger l’approvisionnement du carburant « Fuel » qui sert à faire fonctionner les unités de fabrication, et que la Société tunisienne de distribution de pétrole avait refusé de fournir à l’usine en raison de ses dettes.

Rappelons aussi qu’à l’époque, les syndicats  avaient  mis en garde contre la possibilité de pénurie  de sucre sur le marché, car l’usine de Beja fournit, à elle seule, 50 % des besoins en consommation de cette denrée en Tunisie, d’autant plus qu’elle est menacée d’arrêter son activité compte tenu du manque d’énergie combustible, comme expliqué par son syndicat  .

Les cours mondiaux en hausse

Le prix du sucre  enregistre  une hausse sur le marché mondial depuis trois ans. Les conséquences de la guerre en Ukraine contribuent à amplifier cette augmentation. Le dernier bulletin de conjoncture de France AgriMer montre que  les cours ne cessent de grimper. La fin des quotas en 2017 avait provoqué une baisse immédiate du prix sur le marché européen, là où est commercialisé le sucre produit à La Réunion à partir de la canne livrée par les planteurs. Cette baisse s’est arrêtée en mi-2019. Depuis lors, le prix moyen du sucre en Europe ne cesse d’augmenter. C’est la même tendance pour le cours mondial du sucre, aussi bien à Londres qu’à New-York.

Quant aux perspectives, elles sont marquées par les conséquences de la guerre en Ukraine. Les prévisions ont état d’une production mondiale de 184,4 millions de tonnes de sucre, et d’une consommation de 185 millions de tonnes de sucre.

Ces prévisions intègrent une augmentation de la production en Inde avec 35 millions de tonnes produites depuis le début de la campagne sucrière. Les prévisions d’exportation de l’Inde sont de 9 millions de tonnes de sucre, c’est plus de la moitié de la production européenne. Mais la guerre en Ukraine implique deux importants pays exportateurs de produits agricoles. Pour limiter l’inflation, l’Inde a décidé de suspendre ses exportations de sucre, ce sont donc 9 millions de tonnes qui ne sont pas exportées.

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1 COMMENTAIRE

  1. Si les consommateurs puissent réduire, d’une cuillère à café (5g) de sucre par jour, la Tunisie économise au moins 18000 T/an et éviter les maladies dues à la consommation de cette néfaste dangereuse matière. De plus des économies peuvent avoir lieu au niveau des charges sanitaires, chers payées par tous les Tunisiens par l’argent emprunté en devise et avec des intérêts.
    Les populistes doivent d’abord conseiller et éduquer le peuple à la discipline et aux bonnes habitudes.
    Le sucre doit être traité comme les carburants qui polluent et qui coûtent cher en devises à la collectivité.
    La révolution n’est pas un soulèvement populaire, ni des paroles, mais elle est l’aboutissement d’une maturité des mentalités collectives. elle émane d’une parfaite précision de la définition des dangers qui guettent les populations. En attendant des jours meilleurs inchallah nous aurons la vraie révolution.

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