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La descente aux enfers de l’investissement public !

« Pour relancer la création de richesses dans le pays, il faudrait peut-être faire sortir le budget dédié à l’investissement du cadre de la Loi de finances et trouver un nouveau mécanisme pour financer l’investissement. Ce mécanisme pourrait être logé chez la Caisse des Dépôts et Consignations”. Cette préconisation  est du secrétaire général de la Chambre Tuniso-Française de Commerce et d’Industrie,  Mohamed Louzir.
Et d’expliquer, dans une déclaration à TAP, que cette enveloppe, estimée à 5,274 milliards de dinars,  servirait à peine à subvenir aux besoins de maintenance des infrastructures existantes et qui ne pourrait en aucun cas, financer de nouveaux projets dans des secteurs stratégiques (éducation, transport, santé…) « .

Au demeurant, l’investissement public stagne autour de 4 milliards de dinars depuis 2010. En 2010, il représentait 20% du budget de l’Etat, contre 6,7% en 2023 et 2024. Cette faiblesse de l’investissement public devrait avoir un impact significatif sur la croissance économique », a encore indiqué Louzir qui estime que l’investissement public représente un signal de confiance. « Si l’investissement public est au rendez-vous, l’investissement privé suivra et inversement. Un dinar d’investissement public est égal à 2 à 3 dinars d’investissements privés », a-t-il dit.
Il y a un autre moteur toujours non exploité en Tunisie, a-t-il relevé. C’est celui du Partenariat public-privé. On en parle beaucoup mais sa mise en œuvre tarde à avoir lieu parce qu’on ne sait toujours pas gérer un partenariat public-privé en Tunisie, a-t-il déploré.

Une pression fiscale de 25,1%

« Le déficit budgétaire, sans comptabilisation des dons et des revenus de confiscation, sera de l’ordre de 10 644 MD, soit 6,6% du PIB. Les recettes de l’Etat sont estimées à 49 160 MD en hausse de 6% par rapport à la LF 2023 et de 8% par rapport à la LF rectificative 2023. Les recettes fiscales ont évolué de 9% par rapport à la LF 2023 et de 12% par rapport à celle rectificative 2023. Cette augmentation des recettes fiscales ouvre la voie à une pression fiscale aigue de l’ordre de 25,1% ».
« Les dépenses de l’Etat sont estimées à 59 805 MD en évolution de 11% par rapport à la LF 2023 et de 7% par rapport à la LF rectificative 2023. Les salaires à distribuer en 2024 s’élèvent à 23 711 MD, soit la rubrique la plus lourde en termes de dépenses. On est à des niveaux très élevés de rémunération publique avec à peu près 700 mille fonctionnaires. Cependant, le niveau de rémunération individuel n’est pas élevé. Baisser les salaires n’est donc pas une solution, licencier les fonctionnaires n’est pas non plus la solution. Il faut plutôt faire en sorte que les fonctionnaires produisent plus de valeur « , a-t-il souligné.
« Les besoins de financement sont estimés à 28 708 MD ce qui représente 16% du PIB contre 14% en 2022 et 9% pour la période 2015-2019. Il est prévu que la dette de l’Etat augmente à la fin de l’année 2024 à 139 997 MD, soit une augmentation de 9% par rapport à 2023. Cette dette serait de l’ordre de 79, 81% du PIB à la fin de 2024, contre 80,20% en 2023 ».
« Autant de challenges, pas faciles à lever, par les autorités tunisiennes dans un contexte économique mondial compliqué », d’après le responsable.
En termes d’impact sur l’entreprise, « il faut s’attendre à plus d’impôts à payer surtout pour les entreprises opérant dans certains secteurs notamment financiers. L’entreprise sera également confrontée à l’absence de mesures majeures favorisant l’investissement, hormis la mini-amnistie fiscale mise en place au profit de certaines entreprises, à l’inflation élevée et à l’assèchement de la liquidité sur le marché local à cause du recours excessif à l’endettement intérieur par l’Etat ».

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