« En quelques semaines, on a encore pris 20 dollars la tonne de riz. Ça va vite, très vite », constate Thierry Pouch, chef économiste aux Chambres d’agriculture de France et chercheur associé à l’Université de Reims-Champagne-Ardenne.
La flambée des cours, entamée cet été après l’annonce par l’Inde d’une restriction de ses exportations, se poursuit. Avec un riz à plus de 600 dollars la tonne fin janvier 2024, le prix de cette matière première, qui sert d’aliment de base à quatre milliards de personnes sur terre, s’envole à son plus haut niveau depuis quinze ans, faisant craindre une crise alimentaire mondiale.
Le risque posé par cette crise ne concerne pas tant une possible pénurie que la hausse du prix élevé du riz, qui va priver certains habitants de la planète de cette denrée. « Pour les pays africains, si les restrictions indiennes à l’exportation se poursuivent et si les prix continuent à flamber, ça risque d’être compliqué », avance Thierry Pouch, cité par France 24.
Et ce d’autant plus que les prix du blé ont eux aussi explosé avec la crise engendrée par la guerre en Ukraine. « Pour des pays qui sont structurellement endettés, la difficulté va être de demander un nouvel échéancier de leur dette, voire même de contracter de nouvelles dettes pour pouvoir acheter des produits agricoles à prix fort. »
Or le riz est la principale denrée consommée en Afrique subsaharienne, à raison de 38,8 millions de tonnes par an. Le problème étant que la région est particulièrement dépendante des importations. Elles représentent 45 % du riz que ses habitants consomment.
La flambée des prix du riz et le spectre d’une crise alimentaire en Afrique
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