Les ambitions du Maroc dans le secteur du gaz naturel liquéfié (GNL) ont refait surface, soulevant des questions sur la stratégie énergétique et le développement des infrastructures du pays. Des annonces antérieures, datant de 2014, mentionnaient des terminaux potentiels à Jorf Lasfar et dans d’autres lieux, mais ces projets semblaient s’être évanouis.
Cependant, les développements récents suggèrent un regain d’intérêt pour la transformation du paysage énergétique de l’Afrique du Nord.
Le contexte du pivot énergétique du Maroc peut être retracé jusqu’à la décision unilatérale de l’Algérie en 2021 d’arrêter les flux de gaz vers l’Espagne via le gazoduc Maghreb-Europe, ce qui a également interrompu les approvisionnements en gaz naturel vers le Maroc. En réponse, le Maroc a ingénieusement inversé le flux du gazoduc, en important du gaz naturel à partir de terminaux espagnols.
Bien que cette solution ait démontré sa capacité d’adaptation, il était clair qu’une stratégie à long terme était nécessaire pour assurer la sécurité énergétique et soutenir les ambitions économiques de la nation, en particulier dans les secteurs en expansion tels que la production automobile.
Face à ces défis, le Maroc a dévoilé des plans pour de nouveaux terminaux d’importation de GNL, marquant ainsi un changement stratégique vers le renforcement de son infrastructure énergétique.
Le projet le plus remarquable est le terminal Nador West Med, situé dans le nord du pays, près de la frontière algérienne et à environ 10 km de l’enclave espagnole en Afrique du Nord, Melilla. Ce terminal GNL flottant est conçu pour importer jusqu’à 0,5 milliard de mètres cubes de gaz par an. Le Maroc prévoit de raccorder ce terminal au gazoduc Maghreb-Europe existant, ce qui renforcera ses capacités d’importation d’énergie.
Par ailleurs, Shell a conclu un accord de fourniture de 0,5 milliard de mètres cubes par an pendant 12 ans, en utilisant dans un premier temps le gazoduc en provenance d’Espagne, avant de passer à des expéditions directes vers le terminal de Nador. Ce positionnement stratégique soulève la possibilité intrigante que le Maroc réexporte du GNL vers l’Espagne à l’avenir.
Un autre terminal proposé devrait être situé soit dans la zone industrielle de Jorf Lasfar, soit à Mohammedia. Ce terminal flottant répondrait principalement aux besoins industriels de Casablanca, diversifiant ainsi davantage l’infrastructure d’importation de GNL du Maroc.
Le projet le plus controversé est l’installation d’importation prévue près de Dakhla, située dans le territoire contesté du Sahara occidental. Cette installation pourrait potentiellement se connecter au gazoduc Nigeria-Maroc projeté, bien qu’elle puisse faire l’objet d’une opposition internationale en raison de son emplacement sensible.
Le Maroc dévoile sa stratégie GNL
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