La commission de l’éducation, de la formation professionnelle, de la recherche scientifique, de la jeunesse et des sports à l’assemblée des représentants du peuple (ARP) a auditionné hier mardi, les députés initiateurs de la proposition de loi (PL) relative au droit à la santé mentale scolaire et la proposition de loi sur l’organisation du travail selon le régime de la séance unique et la gouvernance du temps scolaire.
La proposition de loi relative au droit à la santé mentale scolaire s’inscrit dans le cadre du renforcement des droits de l’enfant et de son bien-être psychologique, ont affirmé les députés initiateurs, soulignant que de nombreuses études nationales et internationales ont fait état de l’augmentation des maladies psychologiques chez les enfants et les adolescents, affectant leur réussite scolaire et leurs relations sociales.
Dans ce contexte, la partie initiatrice de cette loi a indiqué, selon un communiqué publié mercredi par l’ARP, que les chiffres officiels et les organisations non gouvernementales ont dévoilé que les cas de suicide parmi les élèves et les étudiants ne cessent d’augmenter, selon un rapport du ministère de la Santé de 2023, avec plus de 150 cas de suicide enregistrés parmi les élèves des lycées secondaires au cours des cinq dernières années, en raison du harcèlement et de la pression psychologique.
Les statistiques du Centre de défense des droits de l’enfant ont démontré également qu’environ 20 pc des élèves souffrent de troubles psychologiques nécessitant un suivi médical.
Ils ont expliqué que cette proposition de loi permettra d’offrir un soutien psychologique aux élèves, de sensibiliser la société et d’établir la coordination entre les différents intervenants dans les établissements éducatifs et sanitaires.
De leur côté, les députés ont salué cette initiative visant à renforcer la santé mentale de l’enfant tunisien face aux pressions économiques et sociales, qui pourraient aggraver les cas de suicide, le décrochage scolaire et les difficultés d’apprentissage, principales causes de la prolifération de la violence dans les écoles, les moyens de transport et les terrains de sport.
La commission a également auditionné les députés initiateurs de la proposition législative sur l’organisation du travail selon le régime de la séance unique et la gouvernance du temps scolaire, qui s’inscrit dans le droit fil d’une nouvelle vision du temps scolaire.
Les députés ont souligné l’importance de cette proposition de loi compte tenu des objectifs visés, qui consistent principalement à réformer et gouverner le temps scolaire, à améliorer la qualité de vie au sein des établissements éducatifs et à renforcer la capacité des élèves à se concentrer et à acquérir des connaissances, tout en leur permettant de pratiquer des activités culturelles et sportives dans les espaces scolaires ou en dehors de leur établissements.
Ils ont également précisé que cette proposition constitue un contrat social entre l’élève, la famille tunisienne et le ministère de l’éducation, évoquant un certain nombre d’expériences comparatives, en Finlande, en France et au Canada.
Certains députés ont souligné l’importance de garantir l’équilibre entre la gouvernance du temps scolaire et celle du temps administratif, notamment en ce qui concerne la situation des employées, tout en veillant à respecter les périodes de pause entre les cours et à tenir compte de la disponibilité des salles de classe en nombre suffisant.
D’autres députés ont estimé que la proposition de loi ne répond pas, en termes de forme et de contenu, aux normes de qualité législative et qu’elle est en contradiction avec les dispositions des articles 32 et 33 de la loi d’orientation n°80 de l’année 2002 relative à l’éducation et à l’enseignement scolaire.
Les députés ont insisté sur l’importance de garantir l’équilibre entre les programmes pédagogiques, les matières scolaires et le temps scolaire et de prendre en compte la situation des établissements éducatifs en termes de nombre de classes et de personnel enseignant.
Les députés ont appelé la partie initiatrice à reformuler la proposition de loi soumise à la commission et à présenter des suggestions pour modifier sa forme et son contenu.
L’ARP auditionne les initiateurs des PL dans le domaine scolaire
- Publicité-








