Les médias de langue hébraïque ont rapporté que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rencontré lundi à Jérusalem l’envoyé américain Tom Barrack, au milieu de messages privés décrits comme inhabituellement directs de l’administration du président Donald Trump avant un sommet américano-israélien prévu plus tard ce mois-ci en Floride.
D’après les informations disponibles, les discussions ont porté sur trois points : Gaza, la Syrie et la rencontre prévue entre Netanyahu et Trump.
Concernant Gaza, le quotidien israélien Yedioth Ahronoth a indiqué que la participation turque encouragerait d’autres pays hésitants à rejoindre une force internationale, ajoutant que Barrack a averti qu’exclure la Turquie inciterait ces États à se rétracter et affirmant que Trump ne laisserait pas l’initiative échouer. Les déclarations publiques de Netanyahu, mettant en doute la volonté de Hamas de déposer les armes – et son affirmation selon laquelle seul Israël pouvait imposer ce résultat – ont été qualifiées d’« inacceptables » par Barrack et ont souligné qu’elles compromettaient le plan.
La chaîne israélienne Channel a évoqué les tensions croissantes entre l’administration Trump et le gouvernement de Netanyahu concernant le passage à la deuxième phase de l’accord et les politiques régionales plus générales d’Israël.
Deux responsables américains ont déclaré que le secrétaire d’État Marco Rubio, l’envoyé de la Maison Blanche Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre du président, étaient « profondément frustrés » par la conduite de Netanyahu.
Un haut responsable américain aurait déclaré aux médias israéliens que le message adressé à Netanyahu était clair : s’il choisissait de nuire à sa propre crédibilité, c’était son choix, « mais nous ne vous permettrons pas de nuire à la réputation du président Trump après sa médiation dans l’accord sur Gaza. »
Des responsables américains ont également fait part de leur inquiétude croissante face aux violences perpétrées par les colons contre les Palestiniens en Cisjordanie et à ce qu’ils ont qualifié de « provocations » israéliennes qui compromettent les efforts de Washington pour étendre les accords d’Abraham. Selon un responsable, les États-Unis ne demandent pas à Israël de compromettre sa sécurité, mais d’éviter toute action perçue comme incendiaire dans le monde arabe.
Concernant la Syrie, des analyses israéliennes citées par la presse indiquent que Barrack a défini les « lignes rouges » américaines, soulignant la volonté de Trump d’instaurer la stabilité dans le pays et avertissant que des opérations israéliennes fréquentes risqueraient de le déstabiliser. D’autres sources ajoutent que Washington privilégie la conclusion d’un accord de sécurité et souhaite éviter toute action perçue comme une atteinte à l’autorité syrienne.
Concernant le Liban, Trump aurait soutenu le maintien de la pression sur le Hezbollah par le biais d’opérations limitées, tout en s’opposant à une escalade plus large.
Le chroniqueur Nahum Barnea a écrit dans Yedioth Ahronoth que les responsables américains sont de plus en plus convaincus que Netanyahu ne souhaite pas réellement faire avancer le plan de paix de Trump et qu’il est déterminé à prolonger la guerre, des propos qui, selon lui, ont suscité une vive colère au sein de la Maison Blanche.
Netanyahu a également annoncé un sommet trilatéral avec la Grèce et Chypre, une initiative largement interprétée en Israël comme un signal politique adressé à la Turquie.








