AccueilLa UNEL'ONU défonce le textile tunisien !

L’ONU défonce le textile tunisien !

On n’est pas adepte de la théorie du complot. Mais lorsqu’on lit ce rapport onusien, un acte d’accusation contre un secteur vital comme le textile tunisien qui représente de 50 mille à 160 mille emplois (30 % de l’emploi industriel), plus de 1 400 entreprises dont beaucoup d’IDE, 16 % des exportations industrielles, soit entre 9 et10 milliards de dinars par an, on le croirait presque.

En effet, sous couvert de défense des droits humains et de protection de l’environnement, le récent rapport de l’ONU sur le textile à Monastir dresse un portrait catastrophiste de l’un des piliers de l’économie tunisienne. Accumulation de griefs, généralisation abusive, absence de mise en perspective : plus qu’une étude, le document ressemble à un réquisitoire. Et ses effets pourraient être dévastateurs pour l’emploi, l’investissement et l’image internationale du pays.

–          Un secteur stratégique traité comme un coupable idéal

Des dizaines de milliers d’emplois, une région entière structurée autour de l’industrie textile, des milliards de dinars d’exportations chaque année. Voilà la réalité économique que le rapport relègue au second plan.

En lieu et place, l’ONU choisit un narratif unique : celle d’un secteur présenté presque exclusivement comme un espace d’exploitation et de pollution. Aucune hiérarchisation. Aucune reconnaissance des efforts de modernisation. Aucune distinction entre entreprises responsables et abusives. Tout est mis dans le même sac.

–          Un empilement de critiques qui frôle la caricature

Précarité, salaires bas, maladies professionnelles, mer polluée, État défaillant : le rapport ne tarit pas d’accusations comme dans un dossier d’instruction à charge.

À force de noircir le tableau, il en devient suspect de déséquilibre.

Le secteur textile est décrit non comme perfectible, mais comme fondamentalement toxique. Non comme un moteur économique à réformer, mais comme un problème à corriger, voire à dissuader.

–          Une méthode qui ignore volontairement les progrès

Où sont dans ce rapport les entreprises certifiées environnementales, les investissements dans le traitement des eaux, les améliorations de sécurité dans plusieurs unités, ou les efforts d’intégration sociale de milliers d’ouvrières. Silence total.

En choisissant d’ignorer toute évolution positive, l’étude construit une image figée, digne des années 1990, alors que le secteur, comme tous les secteurs industriels, est en transition.

–          Un message dangereux envoyé aux marchés internationaux

Dans un monde où les marques fuient le moindre soupçon d’atteinte sociale ou environnementale, ce rapport agit comme un signal rouge.

Il dit implicitement aux donneurs d’ordre :

Le textile tunisien est un secteur à risques. Et le résultat attendu par certains détracteurs est presque prévisible : les désengagements, relocalisations, pertes de contrats, fermetures d’usines.  Or, ce ne sont pas les dirigeants d’entreprises qui en paieront le prix. Ce seront les ouvrières.

–          Défendre les droits humains oui. Et celui de l’emploi ?

L’ironie est brutale. Un rapport censé protéger les travailleurs risque, dans les faits, de fragiliser des milliers de postes, de réduire l’investissement et d’accentuer le chômage régional. Car sans activité industrielle, il n’y a ni salaires, ni protection sociale, ni progrès possible. La précarité ne disparaît pas quand les usines ferment. Elle explose.

– Un regard extérieur déconnecté du terrain économique

Le document adopte une approche technocratique, normative, parfois moralisatrice, sans réelle compréhension de contraintes comme la concurrence asiatique féroce, les marges très faibles imposées par les grandes marques, la pression permanente sur les coûts de production, et la fragilité des économies locales.

Condamner sans proposer de trajectoire réaliste de transformation industrielle revient à jouer avec l’avenir de milliers de familles.

–          Vigilance oui, diabolisation non

Oui, des abus existent. Oui, l’environnement doit être mieux protégé. Oui, les contrôles doivent être renforcés. Mais transformer un secteur entier en bouc émissaire international est irresponsable. Le développement durable se construit pourtant avec l’industrie, pas contre elle.

–          En réalité, des questions politique se posent

Ce rapport vise-t-il à améliorer progressivement le textile tunisien ?
Ou à imposer des standards irréalistes qui pousseront les donneurs d’ordre à partir ailleurs ?

Car l’histoire est connue : quand un pays devient « trop problématique », les marques ne réforment pas — elles délocalisent.

En conclusion, force est de constater à la lecture de ce pamphlet onusien, qu’en prétendant défendre les droits humains, ce rapport risque d’aboutir à l’effet inverse. C’est-à-dire moins d’emplois, plus de pauvreté, et une industrie nationale affaiblie.

La Tunisie a besoin de réformes, pas d’une mise au pilori internationale. Car on ne construit pas la justice sociale sur les ruines d’un secteur économique stratégique.

- Publicité-

2 Commentaires

  1. l’ONU, existe-t-elle encore ? elle a perdu son rôle, et même si elle existe, les experts tunisiens et surtout le ministère des affaires étrangères en collaboration avec celui de l’industrie doit formuler une réponse valable appuyée sur des cas pratiques mettant en évidence les avantages économiques et les gains des entreprises européennes de ce secteur.

  2. Charles – 13 Février 2026
    L’ONU est totalement irresponsable.
    Français d’origine, tunisien de cœur, j’ai vécu toute la construction du Textile en Tunisie depuis les années 70 avec la SOGITEX, et les premières Entreprises totalement exportatrices, jusqu’à aujourd’hui.
    J’ai participé à son développement dans le cadre du rapport GHERZI à l’origine, et de la Mise à Niveau des Entreprises, plus récemment.
    La Tunisie Textile est un modèle de Développement, aussi bien environnemental que social. Elle est dotée d’un outil très performant grâce à ses équipements, à une organisation de production totalement maîtrisée, et une Formation Professionnelle présente dans toutes les Régions.
    Le comble de la mauvaise foi, est d’avoir choisi la Région Monastir, berceau du Textile Tunisien, et où se trouve justement le Pôle de Compétitivité Monastir-El Fejja.
    C’est un coup de poignard dans le dos, au mépris de la population ouvrière qui fait ce pays.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -