L’ancien sélectionneur national Youssef Zouaoui a affirmé que la qualification de la Tunisie au deuxième tour du Mondial-2026, co-organisé par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, du 11 juin au 19 juillet, « semble à la portée des Aigles de Carthage » et que le match d’ouverture face à la Suède sera « la clé pour accéder au tour suivant ».
Dans une déclaration à l’agence TAP, Zouaoui a estimé que le groupe actuel de la Tunisie parait plus accessible que celui du Mondial-2022 au Qatar composé du Danemark, de l’Australie et de la France, tenante du titre et finaliste de cette édition.
Selon le technicien tunisien, « si jamais on ne gagne pas face à la Suède, il faudra au moins éviter la défaite ».
Concernant les confrontations contre le Japon puis les Pays-Bas, lors des journées suivantes, Zouaoui préconise une approche tactique pragmatique et disciplinée compte tenu de la qualité technique des joueurs ainsi que leur style de jeu offensif, rapide et efficace.
« La sélection tunisienne possède les atouts nécessaires pour obtenir des résultats positifs face au Japon et aux Pays-Bas, à condition de s’appuyer sur une défense bien organisée, de réduire les espaces et d’exploiter efficacement les contre-attaques », a-t-il souligné.
Zouaoui a recommandé de préserver l’identité de jeu qui a longtemps caractérisé la Tunisie, souvent surnommée « l’Italie de l’Afrique » pour sa rigueur défensive. Il a appelé toutefois à corriger les défaillances constatées lors des récents matches amicaux, notamment dans le choix des joueurs et l’organisation tactique.
« Déroger de ce style tactique réaliste et adopter un jeu trop offensif dans une phase aussi délicate comporterait de grands risques face à des équipes dont les joueurs évoluent dans les meilleurs championnats européens. Cela exige une étude minutieuse des forces et faiblesses de chaque adversaire ainsi qu’une gestion optimale des phases défensives et offensives », a-t-il ajouté.
Il a indiqué en conclusion que les derniers matches amicaux ont révélé beaucoup de faiblesses parmi lesquelles les difficultés de certains joueurs à assimiler les consignes du sélectionneur qui ne possède que trois mois de travail à la tête du onze national, ainsi que des problèmes de gestion du rythme de jeu et des situations de supériorité ou d’infériorité numérique.
De son côté, Nizar Khanfir, ex-entraîneur intérimaire des Aigles de Carthage en 2014 avant la nomination du Belge Georges Leekens, a estimé que « le groupe dont lequel a été versée la Tunisie est loin d’être facile comme le pensent certains », eu égard à l’inégalité au niveau des conditions physiques par rapport aux équipes suédoise, néerlandaise et japonaise qui comptent plusieurs joueurs évoluant au plus haut niveau international.
« Malgré cela, les chances tunisiennes d’atteindre le deuxième tour restent intactes, à condition de réaliser une bonne entrée en matière face à la Suède, l’équipe la plus abordable par rapport aux Pays-Bas et au Japon, et qui a validé sa qualification au mondial à travers les barrages », a estimé le technicien tunisien.
D’après Khanfir, le nouveau format de la Coupe du Monde qui offre aux huit meilleures troisièmes de poursuivre l’aventure, augmente les chances tunisiennes de passer le premier tour. Il a ajouté que l’ossature de l’équipe titulaire semble désormais presque définie après le dernier match amical contre la Belgique.
Il a, en outre, insisté sur la nécessité de tirer les enseignements des deux dernières défaites face à l’Autriche et la Belgique qui ont servi à identifier les faiblesses qu’il faudrait corriger en prévision du Mondial. Pour lui, la meilleure stratégie consiste à privilégier une organisation défensive compacte et à miser sur les transitions rapides plutôt que sur un jeu offensif trop ambitieux.
« C’est le bon coaching de Sabri Lamouchi qui fera la différence et déterminera les chances de qualification au second tour », a-t-il souligné, appelant à « préserver cette génération de joueurs et à profiter de ce Mondial pour bâtir une bonne équipe compétitive en prévision des éditions 2023 et 2034 ».
L’entraîneur et ancien joueur international Mourad Okbi a quant à lui estimé que la sélection tunisienne est appelée à revoir son dispositif défensif avant le coup d’envoi de l’aventure mondialiste. Il a indiqué qu' »encaisser six buts lors des deux derniers matches amicaux a mis en évidence l’ampleur des erreurs individuelles commises en défense », ce qu’il juge inacceptable à ce niveau de compétition.
« Les changements de la formation titulaire révèlent une absence d’une vision claire et une incertitude chez le sélectionneur national de fixer ses choix en prévision du match d’ouverture », a-t-il expliqué, ajoutant que l’absence de solidité défensive et d’efficacité offensive ainsi que le changement des postes des joueurs sont autant de facteurs qui laissent beaucoup d’interrogations.
« Il faut corriger rapidement ces dysfonctionnements et renforcer l’accompagnement psychologique des joueurs afin qu’ils abordent la compétition dans les meilleures conditions », a-t-il préconisé.
L’ancien adjoint des sélectionneurs Nabil Maaloul et Faouzi Benzarti a, par ailleurs, estimé que « malgré les difficultés annoncées face à des adversaires réputés supérieurs sur le plan physique et individuel, la qualification reste possible à condition d’aborder chaque rencontre avec une préparation spécifique, une grande concentration et un fort esprit de compétition ».
Enfin, il prévoit que plusieurs joueurs tunisiens pourraient se distinguer durant la compétition, notamment Hannibal Mejbri, Ismaël Gharbi, Elias Achouri et Sebastian Tounekti, soulignant en conclusion la nécessité d’investir davantage dans la formation des jeunes talents afin de permettre à un plus grand nombre de joueurs tunisiens d’évoluer au sein des grands championnats européens.
La Tunisie entamera sa 7e campagne mondiale le 15 juin avec un premier match face à la Suède (3h00 heure tunisienne).
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