AccueilLa UNEA louer des têtes bien faites et bien pleines

A louer des têtes bien faites et bien pleines

S’agit-il d’une compensation ? Elle serait dérisoire devant l’ampleur du service!

Au moment où les ingénieurs tunisiens, les informaticiens, les médecins et les techniciens supérieurs fuient le pays, en masse, pour louer, en Europe, et en Occident, en général, leur tête bien faite et bien pleine, le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Energie vient de lancer, il y a quelques jours, en partenariat avec l’Union européenne et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement, via l’Agence allemande de coopération internationale GIZ, un  fonds de cinq millions de dinars dédié au financement de projets de  Recherche et d’Innovation industrielle (RDI), au profit des PME tunisiennes.

Selon les données officielles, ce fonds est destiné à financer 40 projets innovants, conçus en collaboration avec des entreprises et des centres de recherche, notamment des centres techniques, des bureaux d’études spécialisés  ou des startups.

L’entreprise est cependant libre de choisir la problématique qu’elle cherche  à résoudre ainsi que les partenaires devant l’assister dans la réalisation de ses objectifs.

Un analyste a indiqué à African Manager que l’opération ressemble au système d’appels d’offres appliqués par les Etats dans la réalisation des projets publics qui a été, a-t-il souligné,  à l’origine du développement scientifique, industriel et technologique des pays européens et occidentaux , durant les derniers siècles et il continue de l’être encore, comme aux Etats Unis d’Amérique où l’industrie militaire, la plus pointue en matière de progrès industriel, repose sur les commandes du gouvernement américain.

Or, a-t-il ajouté, les corps concernés par la recherche et l’innovation industrielle en Tunisie ont, longtemps, aimé voir l’Etat tunisien et les entreprises tunisiennes publiques et privées recourir à ce modèle pour promouvoir, de la sorte,  autant la recherche  et l’innovation que la mise en application des inventions et des découvertes dans l’industrie.

Il y a eu, a-t-il noté, la création de l’Agence de promotion et de valorisation des résultats de la recherche, mais sans grand résultat dans ce domaine, s’agissant d’une  structure purement administrative.

Mais, bien avant cette Agence, une prime d’investissement en recherche et développement à l’intention du monde industriel  (PIRD) avait été instituée, sans grand résultat, non plus, étant encadrée par l’administration. Elle est toujours en vigueur, d’ailleurs.

Le site WEB de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation, APII , signale à ce propos que « la PIRD est une subvention qui offre aux entreprises publiques et privées ainsi qu’aux associations scientifiques l’accès à la veille technologique et à l’innovation. Elle appuie les projets de recherche dans toutes leurs phases de l’étude jusqu’à la réalisation. Ce mécanisme couvre toutes les activités économiques à savoir le secteur industriel, l’agriculture et les services.

La PIRD s’inscrit dans le cadre de la stratégie de l’Etat visant à hisser le niveau technologique du tissu économique et renforce la panoplie des moyens et incitations dédiés à cet effet ».

Taxe de compensation

Comme  on le sait, les dépenses consenties par l’Etat tunisien, pour la formation des 45 mille ingénieurs et 4500 médecins partis tenter en Europe et en Occident  leur chance, est colossale, et dépasse 50 milliards de dinars, au point que l’analyste cité a dit être favorable à l’instauration d’une taxe de compensation  propre à permettre à l’Etat tunisien de rentrer dans ses frais.

Justement, ce manque à gagner a été alourdi, ces dernières années, par l’émigration de nombreuses startups tunisiennes des plus performantes en la matière vers les pays européens et occidentaux.

En janvier 2023, tous les Tunisiens ont applaudi à l’opération de rachat de la startup tunisienne InstaDeep, spécialisée en Intelligence artificielle ou science des données, par le laboratoire allemand BioNTech, au prix d’environ 500 millions euros, soit plus d’un milliard et demi de dinars.

Pour beaucoup d’entre eux, c’est une reconnaissance mondiale de la supériorité  des cerveaux tunisiens et des têtes tunisiennes.

C’était,  à vrai dire, un bel accomplissement pour les cofondateurs de cette startup, partis de rien, l’ingénieur polytechnicien Karim Beguir, 45 ans, et sa partenaire Zohra Slim, 38 ans, autodidacte en informatique et design.

La start-up possédait des bureaux à Paris, à Londres, à Lagos, au Cap et à Dubaï, tandis que ses investisseurs avaient été de premier plan, parmi lesquels BioNTech mais aussi Google et le groupe ferroviaire allemand Deutsche Bahn. Elle alignait une équipe  formée de 45 chercheurs basés notamment en France avec déploiement aux Etats-Unis.

S.B.H

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