La société «AeTech» a été créée à la suite de l’achat partiel de l’actif de l’activité EDD d’Alcatel Tunisie, par Zoubeir Chaïeb. La société est également un distributeur des produits Ooredoo et elle est cotée sur le marché alternatif de la Bourse de Tunis.
Elle a pour objet la fourniture, l’installation, la maintenance, le développement et l’intégration des produits logiciels dans le monde des technologies de la communication de l’Internet, de l’informatique et de bureautique. Et d’une façon générale, toutes les opérations commerciales, financières, mobilières et immobilières, se rattachant directement ou indirectement à l’objet social et à tous les objets annexes et susceptibles d’en faciliter l’extension et le développement.
En 2019, ses états financiers semestriels font ressortir un total bilan de 4,689.405 MDT et des capitaux propres négatifs de 5,227.443 MDT, y compris le résultat déficitaire de l’exercice s’élevant à 0,367.917 MDT. Il faut dire à cet égard que les produits d’exploitation de l’entreprise ont été divisés par deux (3,112 MDT contre 6,351 MDT).
Mais les charges d’exploitation, aussi, sont passées de 7,358 MDT à fin juin 2018, à 3,362 MDT à la fin du 1er semestre de l’exercice en cours. Malgré cette baisse des charges, elles restent supérieures au total des produits d’exploitation. Le résultat d’exploitation suit donc vers le bas et sort déjà négatif d’un peu plus de 0,250 MDT et s’alourdit ensuite jusqu’à constituer un déficit de presque 0,368 MDT. Un résultat qui représente, tout de même, une amélioration par rapport à la perte de 1,320 MDT à la même période de 2018. A fin juin 2019, la trésorerie de l’entreprise était négative de 1,8 MDT.
Tout cela amènera les commissaires aux comptes de cette entreprise cotée en bourse à faire remarquer à ses actionnaires, que «les états financiers font ainsi apparaître des fonds propres, inférieurs à la moitié du capital social». Pis, «cette situation persiste depuis l’approbation des états financiers de l’exercice 2017», font remarquer les commissaires aux comptes (CC) de l’entreprise de la famille Chaïbi. Et les CC de tirer déjà la sonnette d’alarme sur une «situation [qui] indique l’existence d’une incertitude significative susceptible de jeter un doute important sur la capacité de la société à poursuivre son exploitation».
La mauvaise situation d’AeTech ne date cependant pas de 2019. En 2018 déjà, les produits d’exploitation étaient en baisse de presque 5,5 MDT par rapport à 2017. Les revenus de l’exercice clos le 31 décembre 2018 s’élevaient à 9,980 MDT, contre un montant de 15,526 MDT à la même période de 2017. «La diminution de 5,545 MDT vient suite à l’abandon de l’activité de commerce de gros de matériel informatique et de téléphonie mobile courant 2018».
Les charges d’exploitation que la direction divisera par trois, ne changeront pas le résultat d’exploitation qui terminait négatif 2,264 MDT, presqu’autant que le résultat net qui terminait aussi en zone négative. Les créances sur les clients présentent un solde net de 4,967 MDT, ce qui pourrait dénoter un problème à ce niveau.
In fine, les commissaires aux comptes se seraient retrouvés dans l’obligation de faire part de cette même «incertitude significative liée à la continuité de l’exploitation», qu’ils ont confirmée en juin 2019. Et déjà en 2018, les CC attiraient «l’attention sur le tableau de variation des capitaux propres qui indique que la société a subi une perte nette de 2 287 178 DT au cours de l’exercice clos le 31 décembre 2018 et que, à cette date, les passifs de la société excédent de 4 859 526 DT le total de ses actifs. Une situation qui indique l’existence d’une incertitude significative susceptible de jeter un doute important sur la capacité de la société à poursuivre son exploitation».
Impossible aussi, au vu de la situation financière de l’entreprise qui est cotée en bourse, surtout sur un marché alternatif théoriquement «destiné aux petites et moyennes entreprises ayant des perspectives prometteuses», de ne pas faire part de l’état de la rémunération du PDG. Selon les documents de l’entreprise, publiés sur le site du CMF, «la rémunération annuelle du Président Directeur Général a été fixée par décision du conseil d’administration du 26 juin 2002. Elle s’élève à la somme annuelle brute de 144 000 DT. La rémunération annuelle du Président Directeur Général a droit à une prime d’intéressement annuelle variable calculée à raison de 0,25% du chiffre d’affaires et 10% du résultat brut d’exploitation». Cette rémunération n’a pas changé, depuis 2012. Mais cette année-là, AeTech était bénéficiaire de 109.454 DT, un peu moins que le bénéfice de 2011. Ce n’est qu’à partir de l’exercice de 2013 que l’entreprise de la famille Chaieb entrera dans un cycle déficitaire qui dure ainsi au moins six ans.








