Cadres étrangers, ingénieurs, ils sont des dizaines de milliers à attendre parfois depuis plus d’un an leur visa de travail pour l’Afrique du Sud, une administration au ralenti obligeant certaines entreprises à renoncer à leurs projets dans la première puissance industrielle du continent.
Le gouvernement reconnaît que le pays, rongé par un chômage endémique et une grave crise de l’électricité, connaît une pénurie de travailleurs qualifiés. Et si le problème des délais administratifs à rallonge existe dans d’autres pays, l’Afrique du Sud a cruellement besoin de main d’œuvre et de compétences pour relancer une économie morose, selon les experts.
« Nous avons plusieurs cas de personnes qui attendent depuis plus d’un an », souligneà la Chambre de commerce italo-sud-africaine. « Le retard accumulé est stupéfiant », fulmine le directeur de Business Leadership South Africa qui regroupe des dizaines d’entreprises internationales, dont BP, Nestlé et Unilever.
« Le fait que les entreprises ne puissent pas pourvoir les postes signifie qu’elles ne peuvent pas investir et se développer », poursuit-il dans une note publiée le mois dernier.
Certaines en viennent à suspendre ou même abandonner leurs projets dans le pays.
Le ministre de l’Intérieur, Aaron Motsoaledi, a expliqué en septembre devant une commission parlementaire qu’en raison d’un manque criant de personnel administratif, 74.000 demandes de visas sont en attente de traitement. Joint par l’AFP, le ministère n’a pas répondu à une demande de commentaire.
Environ deux tiers des demandes ont été rejetées. Radio des poumons, casiers judiciaires de tous les pays où l’on a résidé ou encore relevés de compte bancaire sur plusieurs mois, la liste des pièces à fournir est inutilement longue.
Afrique du Sud : Le bourbier des visas grève l’économie
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