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mardi 7 juillet 2020
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Agricultrices Tunisiennes … figures de l’ombre à l’heure du confinement

La misère qui frappe cette catégorie de femmes démunies est sans égale… Des femmes combattantes et militantes mais, hélas, oubliées vivant dans l’ombre.
Intellectuelles, blouses blanches, romancières, journalistes, et militaires … sont en première ligne dans cette guerre sanitaire. Mobilisées, elles travaillent jour et nuit pour appuyer l’effort national de l’État dans sa lutte contre la pandémie du siècle : COVID-19 le maudit. Un hommage leur est rendu quotidiennement …

Détenus, femmes victimes de violences conjugales, personnes sans abri, familles à faible revenu ou limité, ou encore les subsahariens… ils  ont eu la chance d’exprimer leur colère dans les médias et ont fait couler beaucoup d’encre … sur les réseaux sociaux, un élan de solidarité s’est tissé, massivement, pour venir en aide à cette ‘’minorité’’ qu’abrite la Tunisie.
Ces femmes, issues des régions rurales et qu’on appelle agricultrices ou ouvrières agricoles… Celles qui sont transportées à l’arrière d’une camionnette pour aller travailler dans les champs… Ou encore celle qui met en danger sa vie pour nourrir ses enfants presqu’affamés pour 10 dinars la journée… Et enfin, une pensée à celles entassées à l’arrière de camionnettes,  mortes dans un accident de la route… Et ce fut leur dernier adieu lors de leur dernier voyage meurtrier.

Qui rendra hommage à ces figures de l’ombre ?

On se rend compte de l’importance d’une personne dans notre vie, seulement lorsqu’on la perd… Faut-il attendre une autre tragédie pour penser à elles ?
Faut-il attendre pour les voir succomber au Coronavirus, car la santé n’est qu’un privilège réservé aux nantis ? Quand viendrait l’heure pour les voir épanouies dans cette période si délicate et exceptionnelle.
Sous le regard de l’État, ces femmes ne cessent de travailler dans les champs, dans les pires conditions, pour subvenir à leurs besoins et ceux de l’Etat ainsi que du consommateur.
Ce confinement lève, en effet, le voile sur les profondes inégalités qui minent ce ‘’secteur’’.
Elles n’ont pas le luxe de choisir… soit mourir dans un accident ou mourir du Coronavirus ou alors de faim.
Malgré le confinement et les mesures de prévention imposées par l’État, certaines ont osé braver ces interdits pour rejoindre leur lieu de travail.

Pauvreté et inégalité… les ouvrières agricoles premières victimes

Dans des conditions scandaleuses, ces ouvrières agricoles sont recrutées au jour le jour.
Enpilées à l’arrière d’une camionnette, le conducteur verse de l’eau pour les empêcher de s’asseoir afin de gagner de la place.
Dans ce sens, le Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux (FTDES) a mené un reportage relatant cette misère humaine. Un témoignage qui raconte le calvaire que subissent ces femmes.

Dorsaf, une trentenaire originaire d’un village isolé de Kairouan  et mère de 3 enfants ne pouvait se cloîtrer chez elle pendant plus de 15 jours, faute de moyens. Ses provisions de victuailles  épuisées et ne trouve plus quoi nourrir ses enfants.
‘’Avec le confinement sanitaire obligatoire, mon mari s’est retrouvé obligé de fermer son petit commerce et rester à la maison’’. Quant à moi, j’ai dû sortir pour travailler car on  n’est pas concerné par les aides sociales annoncées par le gouvernement’’, raconte-elle.

‘’Dans une situation fragile, on a déposé un dossier auprès du Omda pour bénéficier d’une pension mais il a été blacklisté comme de nombreuses autres demandes d’ailleurs’’, a-t-elle regretté.
Travailler dur pour le moindre sou …Souad, une victime de ce secteur fragilisé et marginalisé, déplore le ‘’salaire’’ misérable qu’elle gagne pour l’effort qu’elle fournit, en dépit de sa santé.
‘’On souffre de la précarité et de l’inégalité. 13 dinars la journée n’est rien par rapport à ce que gagne l’homme, mais nous commes  contraintes d’accepter, en raison de la crise sanitaire et des circonstances exceptionnelles que traverse notre pays’’, a-t-elle dénoncé.

En ce qui concerne la couverture sociale, nous avons remarqué qu’un grand nombre d’entre elles sont encore en dehors du système qui a été lancé avec l’initiative ‘’Ahmini’’.
Les bas salaires et l’instabilité dans ce secteur ainsi que toutes les autres violations sont une réponse à l’échec de l’économie formelle, qui a du mal  à saisir l’ampleur des dégâts qu’il pourrait y avoir, ainsi, une preuve de la faiblesse du rôle de la législation pour les protéger.

Organisations, association et société civile appellent le gouvernement à adopter une politique féministe dans le combat actuel contre le Covid-19.
Le FTDS parle du danger quotidien auquel font face ces femmes au bout de ces terres isolées… ces zones oubliées et marginalisées, où elles sont exposées au risque du virus quand elles vont chercher l’eau ou quand elles exercent un métier agricole.

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