AccueilActualitésATPR : La Sécurité routière une pandémie oubliée ou négligée

ATPR : La Sécurité routière une pandémie oubliée ou négligée

2020 a bien marqué son début par des turbulences politiques à l’échelle mondiale mais aussi par la propagation du virus du Covid-19 marquant le premier confinement contemporain par un arrêt total de la vie économique et une distanciation sociale dure. L’ampleur des cas enregistrés ainsi que la vitesse de contamination laissent présager que les horizons de sortie de la crise ne sont pas pour demain, a écrit Amira KADDOUR, enseignante universitaire et présidente du comité des relations internationales de l’Association Tunisienne de la Prévention Routière (ATPR).

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Le problème est très grave, pire encore avec la « fièvre » boursière qui a fait plonger les marchés financiers à l’un de leurs plus bas niveaux depuis la crise financière de 2008, le ralentissement des échanges internationaux, la chute historique des prix de l’or noir ainsi que l’augmentation des risques de faille de plusieurs entreprises, annoncent la couleur d’une perspective de récession de l’économie mondiale qui ne fait plus de doute.

Toutefois il existait bel et bien un virus mortel ravageant chaque jour 3700 vies soit 24 personnes chaque seconde et qui suscite le même niveau de conscience collective.

Alors que notre pays s’apprête à se féliciter des résultats de la stratégie suivie, qui a permis de juguler et de limiter la contagion, la bataille vers un droit de vie soutenable pour le citoyen tunisien, semble loin d’être vaincue. Nos routes sont des plus meurtrières à l’échelle mondiale et les accidents de la route en Tunisie sont désormais une réalité à continuel retournement.

A peine quelques jours après la première étape de déconfinement, les statistiques se sont remontées en flèche pour nous rappeler qu’en dehors d’une volonté réelle et d’un cadre réglementaire plus sévère, nos indicateurs sombreront encore dans le rouge.

Alors que le bilan de notre pays est très négatif, vu le nombre élevé des victimes d’une part, le classement de nos routes parmi les plus meurtrières dans le monde, le citoyen tunisien des différentes tranches d’âge et catégories, endure une peine journalière d’absence d’éthique et de non-respect du code de la route, chose qui pèse largement sur notre quotidien au début comme à la fin de notre journée.

Selon l’OMS le coût de la sécurité routière en Tunisie représente 0.8% du PIB, une perte qui pourrait être mieux épargnée à travers l’assainissement de plusieurs problèmes liés à l’infrastructure, aux textes de lois, aux données utilisées et à la nécessité d’un registre national des décès dus aux accidents de la route, sur ce point par exemple, le taux d’accident est estimé à 9,58 alors que l’OMS le ramène à 22 pour 100000 habitants, les sociétés d’assurances subissent des pertes alarmantes ; le ratio sinistre/prime dépasse les 100% . L’accident de Amdoune en début d’année, a rappelé encore le grand problème de non-conformité des pneus importés hors circuit légal, mais aussi les deux accidents graves enregistrés ces derniers jours subis par une jeune conduisant son vélo et l’acteur pratiquant son jogging habituel, ne rassurent pas l’existence d’une route où chaque tunisien pourra trouver sa voie dans un cadre légal respecté, surveillé et soutenu.

Du 17 au 21 Février 2020 une grande conférence ministérielle de la sécurité routière s’est tenue à Stockholm au Suède avec la participation de 140 pays et 1700 participants dans l’objectif de travailler sur la concrétisation de 12 objectifs 2020-2030 et de réduire de 50% le taux des accidents de la route à travers le monde, un objectif qui suscite le passage vers des villes prudentes, durables et intelligentes, autour d’un consensus de bons réflexes humains à adopter et un cadre de gouvernance multidimensionnelle.

La vision 0 Suédoise s’est portée comme le benchmark à suivre à travers une stratégie jouant sur l’assainissement de l’environnement de l’être humain afin de délimiter l’impact de la limite de sa rationalité ; une optique qui a donné de forts résultats positifs.

La Tunisie était bien présente à travers une délégation du Comite de la Sécurité Routière, constituée de représentants de ministères et de la société civile, afin de présenter le bilan tunisien et de partager les expériences avec la communauté internationale.

La Sécurité Routière est un problème pluridisciplinaire, l’ATPR a dressé sa vision d’une stratégie nationale gouvernée par une Instance Nationale de la Sécurité Routière, une vision de long terme tissée à l’égard des perspectives présentée lors de la conférence du Stockholm et qui sera présentée bientôt.

Outre sa contribution à l’échelle nationale l’ATPR a lancé deux initiatives ; une première initiative africaine, largement saluée par nos confrères africains, pour la mise en place d’une vision participative de la sécurité routière en Afrique, le continent le moins équipé par des véhicules (moins de 3%) et le plus touché par les accidents (650 victimes chaque jour). « Stop Road Terror » est la pétition lancée sur internet pour attirer l’attention à ce constat négatif et à continuel retournement. Cette initiative viendra soutenir les efforts de l’Observatoire de la sécurité routière créé en 2018 par nos confrères marocains pour une vision sur l’Afrique ; la qualité des données utilisées est d’une grande importance pour pouvoir tisser des stratégies et des mesures efficaces, ceci en collaboration avec les efforts louables de l’Union Africaine.

Une deuxième initiative vers des perspectives internationales plus larges à savoir le « Programme des Chercheurs pour la Sécurité Routière », une initiative qui portera pour objectif d’encourager les efforts de la recherche scientifique à multiples problématiques couvrant l’ensemble des objectifs de la Global Performance for Road Safety, que l’ensemble des pays doivent satisfaire à l’horizon de 2030, vers la création d’une coalition scientifique internationale.

Il est un fait indéniable aujourd’hui que le bilan actuel tunisien est la responsabilité de tous, l’amélioration ne peut être effectuée qu’à travers la création de facteurs de synergie horizontale entre l’ensemble des ministères et la société civile et que les efforts louables de chacun ne peuvent être fructueux qu’à travers la valeur du groupe mais aussi à travers une conscience nationale, à l’image de la communauté internationale, que les accidents de la route ne sont pas des faits divers, il s’agit bien d’un virus à défaire au plutôt.

L’ATPR plaide à la mise en place d’une Instance Nationale de la Sécurité Routière un objectif pour 2020 dont les autres pays ont en grande majorité satisfait et que notre pays tarde à le concrétiser.

Les enseignements tirés aujourd’hui de l’instauration de la discipline et de la création des efforts harmonieux vers l’objectif commun de délimiter le Covid-19, rendent le difficilement possible, possible pour stopper ce fléau mortel qui détruit les espoirs et ruine notre économie.

2 Commentaires

  1. merci à tous les membres de la famille ATPR qui persévèrent en dépit de ces difficultés inédites et qui continuent d’obtenir des résultats en faveur des sécurité routière

  2. Merci à tous les membres de la famille ATPR qui persévèrent en dépit de ces difficultés inédites et qui continuent d’obtenir des résultats en faveur de la sécurité routière

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