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samedi 26 septembre 2020
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BCT : Détente politique, mais retour des tensions inflationnistes et une croissance entre 2,6 et 3%

Le Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie a été prompt à se féliciter de « la détente observée sur le plan politique en relation avec le progrès notable du processus transitionnel illustré, surtout, par l’adoption de la nouvelle Constitution et le vote de confiance accordé par l’Assemblée Nationale Constituante au nouveau Gouvernement ». Lors de sa réunion mensuelle, le 29 janvier, il a estimé que « ces développements positifs sont de nature à envoyer des messages rassurants aux opérateurs économiques tant à l’intérieur qu’à l’extérieur et à contribuer à un regain de confiance, ainsi qu’à préparer le terrain favorable à l’amélioration du climat des affaires et à la reprise du rythme de l’activité économique et de la croissance ».

S’agissant des derniers indicateurs économiques, monétaires et financiers, il a constaté qu’ils ont été globalement en deçà des objectifs souhaités. Ainsi, il est prévu de réaliser un taux de croissance entre 2 ,6% et 3% pour l’année écoulée avec une persistance des pressions sur les équilibres financiers, sachant que les estimations actualisées du Budget économique pour l’année 2014 font état d’un taux de croissance attendu de l’ordre de 3,8%, sur fond d’une amélioration anticipée de la demande intérieure, surtout en matière d’investissement, outre l’évolution positive de la demande extérieure. Cette amélioration de l’activité économique devrait concerner surtout le secteur agricole qui a été affecté par les facteurs climatiques défavorables qui ont prévalu en 2013, et le secteur des services, notamment le tourisme qui a affiché de faibles résultats au cours de la même année (-0,2% pour les nuitées, 5,3% pour les entrées et 1,7% pour les recettes). En outre, une hausse du rythme de la production dans le secteur industriel est prévue surtout dans les industries exportatrices et dans les secteurs qui ont été affectés par l’arrêt de l’activité de production et du transport à l’instar des industries non manufacturières (-0,8% au terme du mois de septembre 2013 contre 4,6% une année auparavant), en particulier dans le secteur des mines. A ce titre, le Conseil a remarqué que la réalisation de ces objectifs nécessite une persévérance accrue de la part de toutes les parties prenantes afin d’instaurer un climat social, politique et sécuritaire sain et stable permettant aux entreprises économiques de rétablir les pré-requis en matière de productivité et de compétitivité.

Pour ce qui est de l’évolution des prix, le Conseil a observé un retour des tensions inflationnistes après une certaine détente enregistrée au cours des derniers mois, ce qui a porté le taux d’inflation à 6,1% en moyenne en 2013 contre 5,6% un an plus tôt, sous l’effet, surtout, de la hausse des prix des produits alimentaires (8% contre 7,5%). L’inflation de base (hors produits encadrés et frais) a également connu une tendance similaire pour se situer au niveau de 6,4% contre 5,4% en 2012. Ces évolutions constituent un grand défi pour l’économie nationale durant l’année en cours, qui requiert la conjugaison de tous les efforts afin de rationnaliser les coûts de production et maîtriser les circuits de distribution, outre les mesures adéquates au niveau de la politique monétaire.

Con cernant le secteur extérieur, a été relevée la poursuite des pressions sur la balance des payements, avec un déficit courant se situant à 8,3% du PIB au terme de l’année 2013 (contre 8,2% un an plus tôt), sachant que le déficit commercial a enregistré une hausse de 1,5% d’une année à l’autre et ce, malgré le ralentissement du rythme des échanges commerciaux avec l’extérieur. En conséquence, les avoirs nets en devises ont clôturé l’année 2013 au niveau de 11.602 MDT ou l’équivalent de 106 jours d’importation, contre 12.576 MDT et 119 jours à fin 2012. Ces avoirs ont atteint 11.230 MDT ou 102 jours d’importation à la date du 28 janvier 2014, niveau qui demeure acceptable compte tenu des difficultés relatives au secteur exportateur, d’une part, et à la mobilisation des ressources extérieures, d’autre part.

Pour ce qui est de l’évolution du taux de change, le Conseil a noté l’amélioration qu’a connue la valeur du dinar avec une hausse de 3,3% et 2,5%, enregistrée respectivement, contre l’euro et le dollar américain depuis le début de l’année en cours, atteignant 2,1947 dinars et 1,6059 à la date du 29 janvier et ce, après avoir accusé, au terme de l’année 2013, un repli de 9,7% vis-à-vis de l’euro et 5,8% contre le dollar par rapport à la fin de l’année dernière. Aussi, la valeur du dinar a-t-elle atteint, au cours des deux derniers mois de l’année écoulée, des niveaux minimum de 1,6830 dinar contre le dollar et 2,3024 dinars vis-à-vis de l’euro sur le marché des changes interbancaire.

A la lumière de ces évolutions, le Conseil a exprimé de nouveau son optimisme concernant la progression du processus politique et ses retombées positives sur l’amélioration de la visibilité pour les investisseurs et les institutions de financement, ainsi que sur le renforcement de la coopération avec les institutions financières internationales surtout après l’annonce du Conseil d’Administration du Fonds Monétaire International, réuni aujourd’hui, de la conclusion de la dernière revue, dans le cadre de l’accord de confirmation conclu en juin 2013, et de sa décision, consécutivement, du déblocage d’un montant de 506 ,7 millions de dollars en faveur de la Tunisie.

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