Les constructions anarchiques représentent un problème qui n’a de cesse d’avoir des allures de fléau auquel les municipalités essayent de faire face depuis de longues décennies. La Révolution a fait le reste.
En fait, cet état des choses n ‘est pas récent, il remonte même à l’aube de l’indépendance et demeure plus qu’entier jusqu’à nos jours. Il nuit aussi bien à l’aspect esthétique des villes qu’à l’application du schéma directeur d’aménagement urbain.
Cependant, ce phénomène a pris des dimensions exponentielles depuis janvier 2011portant le nombre des constructions anarchiques à 450 mille logements et celui des bidonvilles à environ 1 350 sur l’ensemble du territoire de la République selon le président de la fédération nationale tunisienne des communes, Adnen Bouassida.
Il en a fait part dans une déclaration à African Manager , jeudi 3 mars 2022, regrettant que les municipalités n’aient pas pu arrêter « l’hémorragie de la construction anarchique» en raison du manque de ressources humaines et financières, car elles « manquent de compétences à cause des bas salaires par rapport aux autres établissements publics». Il évoquait ainsi la dégringolade des fonds qui leur sont alloués au titre du budget de l’Etat et qui sont de l’ordre de 2,75%, et ne dépassant toujours pas les 4% des crédits du budget de l’Etat.
Un phénomène en continuelle aggravation
La même source a déclaré que l’aggravation du phénomène créera plusieurs problèmes pour l’État qui se trouvera, ce faisant, contraint de trouver des sommes colossales pour réhabiliter les quartiers anarchiques et les inclure dans le système de logement organisé.
Concernant la situation dans la délégation de Raouad du gouvernorat de l’Ariana, Bouassida a révélé que le phénomène est encore largement répandu dans cette région en raison de sa proximité de la capitale.
C’est pourquoi il a lancé un appel au gouvernement pour élaborer une stratégie claire afin de freiner la construction anarchique.
C’est que la zone de Raouad représente près de 80% du total des constructions de la région, et elle se classe au premier rang au niveau national en termes d’aggravation du phénomène.
Selon les données officielles publiées par le ministère de l’Equipement, le taux de constructions non règlementés en Tunisie s’élève à 37% et le nombre de quartiers anarchiques est d’environ 1 250 sur l’ensemble du territoire de la République tunisienne.
Des décisions et des directives visant à couper définitivement ce phénomène, vont être adoptées selon le ministère.
L’effet du croît démographique
Concernant la propagation de l’habitat anarchique, elle est expliquée par le déséquilibre entre le schéma du croît démographique et celui de la croissance économique, la pression démographique croissante et la détérioration de la situation économique et sociale étant exacerbées par le mouvement d’exode de la population depuis les campagnes vers les villes en quête d’opportunités de travail.
L’inadéquation de la politique démographique adoptée avec les besoins des différentes catégories sociales a aussi contribué à l’aggravation du phénomène.
Certaines des raisons de l’extension des bidonvilles en Tunisie sont également imputées à l’implantation de certains équipements publics et projets économiques sur des terres agricoles dont la vocation est modifiée individuellement à raison de 400 hectares par an, ce qui a entraîné une augmentation des constructions anarchiques autour de ces équipements et projets.








