AccueilLa UNECoronavirus : La Tunisie, les Seychelles et le Kenya demandent un «...

Coronavirus : La Tunisie, les Seychelles et le Kenya demandent un « allègement intelligent de la dette »

Le chef du gouvernement, Elyès Fakhfakh, de concert avec le président de la République des Seychelles , Danny Faure, et celui du Kenya, Uhuru Kenyatta, a lancé un appel pour un « allégement intelligent de la dette des pays africains à revenu intermédiaire en cette période sans précédent ». Un appel qui intervient dans la foulée de la décision des ministres des Finances des pays du G20 de geler le remboursement de la dette des pays les plus pauvres du monde.

Les trois chefs d’Etat et de gouvernement soulignent que « eu égard l’interdépendance des économies africaines, leur exclusion de ce programme ajoutera à l’instabilité de la région face à cette crise ». Et « compte tenu de la toile serrée du commerce, des voyages, des transferts de fonds et de la sécurité sanitaire régionale qui lie naturellement les pays africains les uns aux autres, le continent est lié dans son ensemble, et ne doit pas être écarté du programme mondial de relance ».

Et de poursuivre : “ Le continent a réalisé des progrès qui valent la peine que l’on y investisse. Une classe moyenne montante et instruite est en partie animée par les diplômés des meilleures universités du continent, qui sont de plus en plus reconnues dans le monde entier. En 2019, l’université kenyane Strathmore a battu l’université Harvard dans un concours fondé sur le droit commercial international de l’Organisation mondiale du commerce. En 2017, le concours mondial de codage de Google a vu son premier lauréat africain, originaire du Cameroun. L’Égypte construit un musée pour rivaliser avec le Louvre. Les Seychelles sont à la pointe du financement climatique, ayant lancé en 2018 les premières « obligations bleues » souveraines du monde. La Tunisie a non seulement vu le début du Printemps arabe et ses jeunes gens travailler dur pour la démocratie, mais elle encourage maintenant les start-ups grâce à des réductions d’impôts et des congés pour les entrepreneurs afin qu’ils puissent lancer leurs projets ».

L’état des lieux en Tunisie, aux Seychelles et au Kenya

Dressant l’état des lieux sous l’effet de la propagation de la pandémie du covid-9, les auteurs de l’appel soulignent que « la crise du Covid-19 fait des ravages, et pas seulement dans les pays confrontés aux défis financiers les plus importants. Le tourisme est gelé et les investissements étrangers directs se sont effondrés. Dans des pays comme la Tunisie, un effondrement économique prolongé pourrait menacer de réduire à néant certains acquis démocratiques durement acquis. La région et le monde dans son ensemble ne peuvent pas se permettre une autre période de troubles prolongés en raison de la hausse de l’inflation et de l’absence d’emplois ».

De même « les Seychelles, autre économie émergente d’Afrique, luttent contre les pressions du changement climatique tout en s’efforçant de protéger ses plages vierges pour le tourisme haut de gamme. Au milieu de la crise, la plupart des activités économiques sont gelées. Le tourisme, qui représente près d’un quart de son PIB, est au point mort. La perte des voyages et du tourisme pourrait être dévastatrice pour le continent. Au niveau mondial, l’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies prévoit une baisse du tourisme de 20 à 30 % en 2020, soit une perte globale de 300 à 450 milliards de dollars. Selon le Conseil mondial du voyage et du tourisme, l’industrie du tourisme en Afrique est la deuxième plus forte croissance au monde, représentant 8,5 % du PIB en 2018 ».

« Ces pays à revenu intermédiaire abritent également des travailleurs migrants originaires du continent. (« En 2017, » selon un rapport des Nations unies, « il y avait environ 41 millions de migrants internationaux en provenance, à destination ou à l’intérieur de l’Afrique »). Des pays comme le Kenya et l’Afrique du Sud accueillent un nombre important de travailleurs venus d’ailleurs sur le continent, et les transferts de fonds – l’argent envoyé par les travailleurs à leur domicile – qui circulent de ces pays à revenu intermédiaire vers les voisins africains à faible revenu peuvent être importants pour les économies de ces derniers et constituent un autre moyen de relier les économies du continent. L’Afrique ne dépend pas beaucoup du commerce à l’intérieur du continent, mais cela est sur le point de changer. Le commerce entre les pays africains représentait 17 % du total des exportations africaines en 2017, un chiffre inférieur aux 68 % observés en Europe ou aux 60 % en Asie, mais l’Afrique est en tête du mouvement international pour la réduction des barrières commerciales et le développement des connexions économiques, travaillant à un accord de zone de libre-échange continental africain qui ferait de l’Afrique la plus grande zone de libre-échange au monde ».

Impact sur la balance commerciale

Les trois chef d’Etat et de gouvernement relèvent que « la contraction des pays africains à revenu intermédiaire a également un impact sur la balance commerciale collective du continent avec le reste du monde, puisque 88,5 % de toutes les exportations africaines vers l’Europe proviennent de pays ne faisant pas partie des emprunteurs de l’Association internationale de développement de la Banque mondiale, selon les données commerciales des Nations unies. Ces exportations profitent à l’ensemble du continent ».

« Dans une récession mondiale telle que celle-ci, il convient de lancer un appel pour soutenir les pays emprunteurs à faible revenu. Mais étant donné les liens entre les économies émergentes du continent, si le reste de l’Afrique était laissé en dehors du programme d’aide, celui-ci ne serait pas efficace. C’est pourquoi tout le monde, y compris les pays à revenu intermédiaire, a besoin d’aide. Et c’est pourquoi l’interdépendance des économies africaines doit rester une priorité, alors que les dirigeants internationaux aborderont, au cours des prochains mois et au-delà, des questions clés sur la manière de sauver l’économie mondiale et de faire face au problème du remboursement de la dette internationale ». C’est à cet égard que nous nous joignons à l’appel des ministres africains des Finances en faveur d’un gel de la dette pour toute l’Afrique. L’espace fiscal créé en Tunisie permettra de créer des emplois et de protéger le mouvement démocratique enfin engagé. Les liquidités accordées au Kenya, au Maroc ou au Nigeria permettront aux petites et moyennes entreprises du Bénin, de la Mauritanie et du Togo de mieux se reconstruire.

Le Covid-19 ne fait pas de distinction entre les catégories de revenu national, et l’aide pour combattre cette menace mondiale doit donc être proportionnelle à l’ampleur du problème. Partout, les pays seront sous pression pour innover en matière de solutions fiscales, éviter le pire de la crise et faire en sorte que l’aide gouvernementale se répercute sur leur économie, de toutes les manières possibles. En donnant aux pays à revenu intermédiaire la possibilité de le faire, on aidera tout le monde, en fin de compte.

Plus important encore, une aide humanitaire est nécessaire, et alors que les dirigeants du monde débattent des réponses à apporter à Covid-19, nous devons garder à l’esprit que tant que le virus vit en l’un de nous, il vit en chacun de nous », conclut l’appel.

- Publicité-

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -