AccueilLa UNECovid-19 : En attendant un hypothétique sursaut !

Covid-19 : En attendant un hypothétique sursaut !

La Tunisie  connaît sa quatrième et pire vague de pandémie de Covid-19. Les patients , s’il leur arrive de pouvoir être admis dans un établissement hospitalier, peinent à trouver une place, ce qui signifie que les morts sont souvent laissés dans des chambres d’hôpital bondées aux côtés de patients encore souffrants pendant 24 heures, affirme le site de renom international « Daily Beast » dans un article sur les ravages du coronavirus en Afrique.

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« Nous sommes dans une situation catastrophique… le bateau coule », a déclaré cette semaine à la presse Nisaf Ben Alaya, porte-parole du ministère tunisien de la Santé. « Le système de santé s’est effondré, nous ne pouvons trouver un lit dans les hôpitaux qu’avec beaucoup de difficultés. Nous avons du mal à fournir de l’oxygène… Les médecins sont sous le coup d’une exténuation sans précédent. » Le ministère au  nom duquel elle s’exprimait a démenti, mais la sincérité dont ses propos ont toujours été  crédités  empêche qu’on les mette en doute.

L’ex ministre de la Santé, Abdellatif Mekki, dans une interview à Al-Jazeera, semble être de cet avis sans le dire explicitement en estimant que la porte-parole entendait tirer la sonnette d’alarme et  dire combien la situation est grave. Il n’en pas moins trouvé que « nos hôpitaux fonctionnement encore, mais dans des conditions extrêmement difficiles ».

Surtout, il a soutenu que la situation présente est le résultat d’erreurs commises depuis la fin de la première vague avec le limogeage des ministres, la chute du gouvernement et son remplacement par un autre aux missions contestées, la désinvolture vis-à-vis du virus , basée sur la fausse conviction que la pandémie n’allait pas récidiver , ce qui a entraîné la perte de la guerre préventive, car il est connu que la guerre que l’on gagne est celle que l’on s’abstient de livrer, selon ses dires.

 « Nous sommes en face de deux éventualités, la première est celle d’affronter une situation plus grave que  celle que nous vivons aujourd’hui, la seconde   est celle de nous rattraper car nous avons encore en main la décision et la volonté de la voie où nous voudrons nous engager», a dit Mekki qui a expliqué l’explosion du nombre des décès par le retard mis dans la prise en charge des patients et par la lenteur  du processus d’hospitalisation et de la mise sens route du protocole des soins . Une responsabilité partagée entre les   citoyens et le gouvernement

Appel urgent à un « confinement total »

L’ancien ministre de la Santé a appelé à décréter  le confinement  total et général dans le pays urgemment et point progressivement, mettant en garde contre de « mauvaises surprises qui seraient charriées par le virus si les politiques menées pour l’éradiquer ne changeaient pas », suppliant les trois  présidences de « serrer les rangs pour faire face à la crise »

Il y a de toute évidence l’extrême urgence d’accélérer la vaccination, la Tunisie comptant 4 % de citoyens entièrement vaccinés, soit plus du double de la moyenne sur le continent africain  où le variant Delta a décimé des villes entières. Les vaccins fournis par le COVAX, offerts par les nations les plus riches du monde, sont arrivés en petites doses, laissant une partie du monde déjà vulnérable sans défense. Selon l’OMS, à peine plus de 1 % des 1,3 milliard d’Africains sont entièrement vaccinés et les vaccins qui devraient enfin arriver le mois prochain ne feront qu’effleurer la surface lorsqu’il s’agira de les distribuer.

Le « nationalisme vaccinal »

« Les sonnettes d’alarme devraient être tirées », a déclaré à CNBC Tom Kenyon, responsable de la santé chez Project HOPE et ancien directeur du Centre pour la santé mondiale aux Centres américains de contrôle et de prévention des maladies. « Compte tenu des horreurs que nous venons de voir en Inde, cela devrait être une cause d’alarme et stimuler l’action ». Kenyon prédit que le pire scénario de l’Afrique sera bientôt plus grave que celui de l’Asie.

« Il y a quelques semaines, nous avions prévu que cette étape serait atteinte sous peu, et je ne me réjouis pas d’avoir raison », a déclaré  Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS. « Pour l’Afrique, le pire est encore à venir. Il faudra encore des semaines pour mettre fin à cette hausse précipitée. Les cas doublent maintenant tous les 18 jours, alors qu’ils doublaient tous les 21 jours il y a seulement une semaine. »

Les pays riches craignent que le variant indien  mute en un variant africaine plus puissant alors même que seulement 66 millions de doses de vaccins ont été livrées à toute l’Afrique, qui compte 1,3 milliard d’habitants. À titre de comparaison, plus de 332 millions de doses ont été administrées aux États-Unis, dont la population est de 372 millions d’habitants. Si un quart seulement de la population du continent avait été vacciné, les choses auraient pu être différentes, a déclaré Moeti. Mais il n’est plus possible de revenir en arrière.

« Le nationalisme en matière de vaccins, où une poignée de nations se sont taillés la part du lion, est moralement indéfendable et constitue une stratégie de santé publique inefficace », a déclaré cette semaine  le directeur général de l’OMS, en imputant aux nations égoïstes la responsabilité de la « vague de mort » qui déferle actuellement sur l’Afrique.

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