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jeudi 6 août 2020
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Covid-19 : La résolution tuniso-française finalement votée par le Conseil de sécurité

Au terme de plus de trois mois de négociations laborieuses, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté mercredi à l’unanimité la résolution tuniso-française appelant à un cessez-le-feu mondial lié à tous les conflits en cours afin de faciliter la lutte contre la pandémie de COVID-19.

L’ampleur sans précédent de la nouvelle pandémie de coronavirus « est susceptible de mettre en danger le maintien de la paix et de la sécurité internationales », a expliqué l’instance internationale ajoutant qu’elle pourrait également freiner les progrès en matière de consolidation de la paix et de développement dans les pays sortant d’un conflit.
La résolution, élaborée donc par la Tunisie et la France, appelle à « une cessation immédiate des hostilités dans toutes les situations » à l’ordre du jour du Conseil de sécurité. Il s’agit de la première déclaration du Conseil de sécurité sur la pandémie et de sa première action réelle depuis le début du fléau.

Le représentant de la Tunisie à l’ONU, Kais Kabtani, l’a saluée comme une  » réalisation historique » mais des experts, cités par des médias internationaux se sont demandé si le texte aurait un quelconque impact et ont déclaré que la paralysie a sapé la crédibilité du Conseil.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, avait évoqué l’idée d’un cessez-le-feu mondial en mars dernier afin d’aider à unir les efforts contre l’apparition du virus dans les pays les plus vulnérables. Mais il a fallu plus de trois mois pour que le Conseil adopte la résolution, en partie à cause des désaccords entre les États-Unis et la Chine.

Dans la résolution, le Conseil de sécurité a demandé « à toutes les parties belligérantes impliquées dans des conflits armés de s’engager immédiatement dans une pause humanitaire durable d’au moins 90 jours consécutifs », car de nombreux pays luttent pour contenir le nouveau coronavirus. Le cessez-le-feu proposé « permettra l’acheminement sûr, sans entrave et durable de l’aide humanitaire », a déclaré le Conseil, étant précisé que la lutte contre les groupes d’insurgés terroristes est exclue de la résolution.

Aucune référence à l’OMS

Le nouveau texte ne fait aucune référence à l’OMS, que les États-Unis ont critiquée pour sa gestion de la crise. Washington s’est opposé à toute mention de l’OMS en mai dernier. La paralysie de l’organisme depuis plus de trois mois a été largement critiquée, y compris par certains membres qui ont crié leur « honte » face à son inaction.

Au cours des négociations, les États-Unis et la Chine, les deux plus gros contributeurs financiers de l’ONU, avaient tous deux menacé d’opposer leur veto aux résolutions. Selon les diplomates, l’Indonésie, membre non permanent du Conseil de sécurité, a contribué à la négociation d’un compromis qui a vu l’ajout au préambule d’une référence à un engagement de l’Assemblée générale à soutenir l’Organisation mondiale de la santé.
Cette vague référence a été jugée satisfaisante par la Chine, qui entendait souligner l’importance de l’OMS, et par les États-Unis, qui se sont détachés de l’organe des Nations unies pour sa gestion de la pandémie.

L’ONU sceptique quant à l’efficacité du cessez-le-feu

Jeudi, António Guterres a salué le fait que sa demande de cessez-le-feu était soutenue par près de 180 pays et plus de 20 groupes armés, mais il a reconnu qu’elle n’avait pas été suivie d’actions concrètes.

« Il semble peu probable que l’appel au cessez-le-feu ait réellement un grand impact dans de nombreuses zones de guerre », a déclaré Richard Gowan du groupe de réflexion International Crisis Group.

« Le Conseil a manqué l’occasion de relancer le cessez-le-feu global du Secrétaire général en avril ou mai, alors qu’une résolution aurait pu faire une différence significative. « Cela ressemble à un dispositif tardif pour sauver la face après des mois de diplomatie difficile », a-t-il ajouté.

La Tunisie, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Noureddine Erray, a déclaré que « le symbolisme de l’adoption de cette résolution réside dans l’extension du concept de la paix et de la sécurité à d’autres aspects, notamment celui de la santé, qui ne figuraient pas parmi les dossiers relevant de la compétence de ce conseil ».

Dans une déclaration à la TAP, il a indiqué que l’adoption de ce projet « fournira à tous les pays du monde un soutien dans la lutte contre les crises non conventionnelles », soulignant que la diplomatie tunisienne a « réussi à mener les négociations et à surmonter les différends et conflits entre un certain nombre d’Etats membres sur la forme et le contenu, avant qu’elle ne réussisse à fédérer tous les membres autour du projet ».

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