Tags Posts tagged with "conseil de sécurité"

conseil de sécurité

par -

La situation au Sahara occidental s’est une nouvelle fois imposée pendant les délibérations de la Quatrième Commission (questions de politiques spéciales et décolonisation), qui poursuivait, ce matin, son débat général au cours duquel une majorité de délégations africaines à prendre la parole se sont prononcées en faveur de l’initiative marocaine d’autonomie.

Alors que la représentante du Lesotho et celui de l’Éthiopie ont déploré que le Sahara occidental soit la dernière colonie en Afrique, le Botswana s’est dit préoccupé par le manque de progrès pour trouver une issue à cette question, ainsi que par les violations des droits de l’homme et l’exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara occidental.

Si les délégations se sont, dans une large mesure, toutes accordées sur les mérites des efforts de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, M. Hörst Köhler, pour relancer les pourparlers entre le Font Polisario et le Maroc à Genève, les 5 et 6 décembre prochains, elles ont été tout aussi nombreuses à appuyer l’initiative marocaine d’autonomie qui « répondrait aux normes internationales en matière de délégation d’autorité aux populations locales ».

Pour le Gabon, cette initiative présenterait en outre « des perspectives crédibles et rassurantes » permettant de mettre fin à l’impasse actuelle.  La délégation a également estimé qu’un règlement politique de ce différend passe par la coopération entre les États de la région, notamment les États membres de l’Union du Maghreb arabe.

De son côté, le Kenya a rappelé la décision prise par l’Union africaine, lors du Sommet de Nouakchott en juillet dernier, de mettre en place une « Troïka de l’UA » pour appuyer les efforts des Nations Unies au Sahara occidental.  Il a appelé toutes les parties concernées par ce différend à soutenir ce mécanisme, et a été rejoint dans ce sens par la Namibie, ainsi que par l’Ouganda qui a aussi cité le rôle de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO).

Les efforts des autorités marocaines en faveur du développement du Sahara occidental, les projets socioéconomiques et d’infrastructures, ainsi que les progrès accomplis en matière de droits de l’homme ont été soulignés par de nombreuses délégations africaines, notamment le Sénégal.

De plus, dans le contexte général de la lutte contre le terrorisme, le Burkina Faso s’est déclaré convaincu que la résolution de la question du Sahara occidental permettra aux États de la région d’unir leurs efforts et de lutter efficacement contre le fléau de l’insécurité.

par -

Certaines délégations ont profité, le 15 octobre 2018, de l’examen par la Sixième Commission (questions juridiques) du rapport* du Comité spécial de la Charte des Nations Unies et du raffermissement du rôle de l’Organisation pour demander une démocratisation du Conseil de sécurité, jugé peu représentatif, et un encadrement des sanctions qu’il prend, afin d’en atténuer notamment ses effets sur les populations civiles.

Premier orateur avant le débat, le Président du Comité spécial, M. Omar Hilale, du Maroc, a présenté ledit rapport, dont le chapitre II est largement consacré à l’adoption et à l’application des sanctions imposées par l’ONU et aux dispositions de la Charte sur l’assistance aux États tiers touchés par lesdites sanctions.

« L’objectif de ces sanctions est-il de punir les populations ou de constituer une forme de représailles? » a demandé le délégué du Soudan, tandis que son homologue de l’Iran, au nom du Mouvement des pays non alignés, les a qualifiées « d’instruments violents ».

« Leur recours pose des questions éthiques fondamentales, notamment celles de savoir si les souffrances qu’elles infligent aux groupes vulnérables du pays visé sont un moyen légitime d’exercer une pression politique », a déclaré le délégué iranien.

Les deux délégations ont demandé que les objectifs des sanctions soient clairement définis, sur des fondements juridiques viables, leur imposition devant être limitée dans le temps. « Les sanctions doivent être levées lorsque l’objectif est atteint », a déclaré le délégué soudanais.

Pour les représentants d’El Salvador, au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes(CELAC), et de l’Inde, les sanctions, qui constituent un « dernier recours », doivent être mises en œuvre dans le respect du droit international, tandis que leur homologue chinois a invité le Conseil de sécurité à la « prudence » en matière de sanctions.

De son côté, le délégué de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), pays qui est l’objet du régime de sanctions le plus sévère au monde, a déploré que ce régime n’ait pas encore été assoupli, alors que cela fait un an que la RPDC « a cessé ses essais nucléaires et tirs balistiques ».

Le Conseil ignore les demandes de certains de ses membres allant en ce sens, a-t-il regretté, en rappelant que les sanctions doivent être périodiquement réexaminées, selon la situation humanitaire et les efforts consentis pour satisfaire les exigences du Conseil.

Pointant une absence de représentativité dans la composition du Conseil, ainsi que son empiètement sur les prérogatives de l’Assemblée générale, plusieurs délégations, dont celles de la Libye et de la Gambie, au nom du Groupe des États d’Afrique, ont appelé à la « démocratisation » du Conseil et au renforcement de l’Assemblée générale, organe jugé le plus représentatif.

D’autres délégations, l’Union européenne en tête, ont par ailleurs émis des doutes sur la compétence du Comité spécial de se saisir de la question des différents aspects du recours à l’Article 51 de la Charte, relatif au droit de légitime défense, comme proposé. Il faut éviter toute interprétation arbitraire et abus de la notion du « droit naturel de légitime défense », a renchéri le délégué de la Chine.

Le représentant de l’Union européenne a par ailleurs fait part de son scepticisme devant l’idée portée par la Fédération de Russie et le Bélarus de mettre à jour le manuel sur le règlement pacifique des différends entre États et de créer un site Internet sur le sujet. Cela ne serait pourtant pas coûteux, a argumenté le délégué du Bélarus, qui n’a pu s’empêcher de noter « une diminution graduelle de l’utilité de ce Comité spécial et, il faut bien le dire, de la Sixième Commission ».

En début de séance, le Directeur de la Division de la codification, M. Huw Liewellyn, a insisté sur les « maigres ressources » à disposition du Répertoire de la pratique suivie par les organes des Nations Unies. Il a rappelé que l’Assemblée générale avait l’an dernier réitéré son appel aux États Membres pour qu’ils versent des contributions volontaires au Fonds d’affectation spéciale, afin d’éliminer l’arriéré relatif au Répertoire. « Aucune contribution n’a été reçue depuis la publication du rapport 2017 », a-t-il regretté, ajoutant que le budget du Fonds était à la mi-septembre de 47 517 dollars.

Mme Yvette Blanco, Chef du Service de la recherche sur les pratiques du Conseil de sécurité et sur la Charte au Département des Affaires politiques, a également présenté l’état du Répertoire de la pratique du Conseil de sécurité.

par -

Par la résolution 2437 (2018), adoptée ce matin à l’unanimité, le Conseil de sécurité a prorogé pour une nouvelle période de 12 mois les dispositions qu’il a prises dès 2015 contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains « ayant le territoire libyen et le large des côtes libyennes comme destination, zone de transit ou point de départ ».

Les États Membres sont donc autorisés pour une période supplémentaire d’un an à inspecter les bateaux naviguant en haute mer au large des côtes libyennes s’ils ont des motifs raisonnables de soupçonner qu’ils sont utilisés pour le trafic de migrants ou la traite d’êtres humains en provenance de la Libye.  Les États Membres peuvent saisir des navires inspectés dont ils ont la confirmation qu’ils sont utilisés à des fins de trafic ou de traite et tous les États du pavillon sont tenus de coopérer et de répondre rapidement aux demandes qui leur seraient faites. «

La France s’est félicitée du renouvellement des autorisations sur lesquelles s’appuie l’opération « EUNAVFOR MEED Sophia ».  Ce soutien unanime du Conseil à l’engagement de l’Union européenne en faveur de la paix et de la stabilité en Libye est une reconnaissance, s’est réjouie la France, du rôle important de l’opération pour désorganiser les réseaux de passeurs et sauver des dizaines de milliers de vies chaque année.  L’autorisation donnée par le Conseil est une condition essentielle qui permet à l’opération de disposer des moyens adaptés pour lutter efficacement contre le trafic de migrants en lien avec le Gouvernement d’entente nationale mené par le Premier Ministre Sarraj.

Ce texte va à l’essentiel, s’est félicité la France, tout en regrettant qu’il ne soit pas plus explicite dans le rappel des positions du Conseil sur le grave sujet des migrants, s’agissant notamment du cadre juridique international applicable en particulier les conventions internationales sur le droit de la mer, le crime international organisé et les réfugiés.

Un trop grand nombre de migrants, s’est expliquée la France, continuent de risquer leur vie pour tenter de traverser la Méditerranée, entre les mains de passeurs qui exploitent leur détresse.  Les violations des droits de l’homme auxquelles ces personnes sont exposées heurtent la conscience mondiale et ne sont pas acceptables.  Le trafic de migrants et la traite des êtres humains, a poursuivi la France, exacerbent l’instabilité en Libye, alimentent les ressorts de la prédation économique et mettent en péril les fragiles équilibres politiques.  C’est d’ailleurs pourquoi à l’initiative de la France et des partenaires européen et américain, le Conseil a adopté en juin dernier, ses premières sanctions à l’encontre de six passeurs de migrants.  Les migrants doivent être traités avec humanité et dignité et dans le plein respect de leurs droits.  Tous les États doivent s’acquitter des obligations que leur impose le droit international, notamment le droit international des droits de l’homme et celui des réfugiés.  La résolution adoptée aujourd’hui, a dit retenir le Royaume-Uni, n’ajoute aucune autre obligation juridique aux trois que le Conseil de sécurité a adoptées depuis 2015.

par -
La Tunisie brigue un siège au Conseil de sécurité de l'ONU

Le ministre des Affaires étrangères, Khemaïes Jhinaoui, s’est entretenu vendredi à New-York avec la présidente de la 37e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, Maria Fernanda Espinosa Garcés.
Au cours de cette rencontre, le chef de la diplomatie tunisienne a affirmé le soutien de la Tunisie au plan d’action proposé par la présidente de la 37e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, surtout que les sept objectifs qu’elle s’est fixé vont de pair avec les objectifs nationaux de l’Agenda de développement.
A cette occasion, Jhinaoui a invité Espinosa Garcés à visiter la Tunisie au cours du premier semestre de l’année 2019.
Au cours de cette rencontre, le ministre des Affaires étrangères a évoqué la candidature de la Tunisie pour un siège non-permanent du Conseil de sécurité pour la période 2020-2021.

Tout en soulignant le soutien dont bénéficie la candidature tunisienne, le ministre a mis l’accent sur tout l’intérêt que porte la Tunisie au renforcement des mécanismes de concertation multilatérale.
De son côté, la présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies s’est déclarée satisfaite de l’engagement de la Tunisie à renforcer les mécanismes de concertation multilatérale et a salué le rôle qu’elle a joué dans le processus de réforme du Conseil de sécurité.
Elle a également souligné que le développement en Afrique figure au cœur de ses priorités dans le cadre de l’application de l’agenda de développement à l’horizon 2030 et de l’agenda de l’Union africaine 2063.

par -

Lors d’une réunion consacrée mercredi à la non-prolifération des armes de destruction massive, les membres du Conseil de sécurité ont affiché leurs divisions sur le nucléaire iranien et l’usage d’armes chimiques en Syrie.

La réunion était présidée par le Président des Etats-Unis, Donald Trump, dont le pays occupe la présidence tournante du Conseil de sécurité pour le mois de septembre.

Dans son intervention, le Président américain a rappelé qu’il avait condamné récemment l’utilisation par le régime syrien d’armes chimiques contre son propre peuple, des attaques rendues possibles, selon lui, grâce aux alliés du Président syrien Bachar el-Assad, à savoir la Russie et l’Iran.

C’est aussi, a ajouté le Président américain, l’une des raisons pour lesquelles Washington s’est retiré de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, appelé Plan d’action global commun. Selon M. Trump, il s’agit d’un « accord horrible et déséquilibré », qui permet à l’Iran de continuer sur la voie de la conception d’une bombe atomique.

Suite à leur retrait, les États-Unis ont continué d’imposer des sanctions à titre national à ce pays, qui prendront toute leur force à partir de novembre, et ils en imposeront de nouvelles, « plus sévères que jamais », a déclaré M. Trump, en avertissant que « tout pays qui contournera ces sanctions sera confronté à des conséquences regrettables ».

Le Président américain s’est ensuite félicité que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) n’ait pas procédé à des essais nucléaires depuis septembre 2017 ou à des tirs de missiles balistiques depuis novembre de la même année. Tout en saluant les progrès accomplis par Pyongyang, il a souligné l’importance de les consolider, en « mettant en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité jusqu’à une dénucléarisation complète de la péninsule ».

M. Trump a annoncé « d’excellentes nouvelles en provenance de la RPDC » dans les mois à venir, à la suite de « nombreuses choses » qui se passent « derrière la scène, inconnues des médias », mais « très positives ».

La Russie regrette le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien

Pour sa part, le Président français, Emmanuel Macron, a constaté les divisions du Conseil sur les dossiers du nucléaire iranien et de l’usage d’armes chimiques par le régime syrien.

Le régime de non-prolifération repose sur des concessions mutuelles, des interdépendances et une confiance réciproque, a-t-il dit. « Notre responsabilité, c’est de préserver et de renforcer ce régime. »

Le Président français a apporté son soutien à l’initiative prise par le Président des États-Unis de dialoguer avec le Président nord-coréen, tout en invitant le Conseil à ne perdre de vue que la RPDC continue de représenter une menace nucléaire et balistique pour le monde. « La France attend du régime de Pyongyang des gestes concrets, démontrant sa volonté réelle de s’engager dans un processus de démantèlement de son programme nucléaire et balistique de façon complète, vérifiable et irréversible », a-t-il dit.

S’agissant du nucléaire iranien, M. Macron a noté les trajectoires divergentes des États signataires du Plan d’action global commun. Selon lui, le Plan d’action, même imparfait, reste déterminant. « Alors qu’une grave crise de confiance a été ouverte par la réimposition des sanctions extraterritoriales américaines, Téhéran continue de respecter ses obligations nucléaires », a-t-il dit. Il a appelé à une stratégie de long terme pour la gestion de cette crise, « qui ne peut se réduire à une politique de sanctions et containment ».

Le Président de la France a par ailleurs déploré le manque d’unité sur l’élimination des armes chimiques syriennes et rappelé l’utilisation d’un agent neurotoxique sur le territoire du Royaume-Uni.

La Russie regrette le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien

Le Ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a aussi regretté le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Ce retrait constitue une « menace pour le régime de non-prolifération », a-t-il dit.

M. Lavrov a par ailleurs mis en garde contre toute frappe illégitime contre le régime syrien, affirmant que Damas avait détruit l’ensemble de son arsenal chimique. En revanche, des groupes terroristes ont en leur possession des substances toxiques, a-t-il soutenu.

Selon lui, certains pays occidentaux cherchent à instrumentaliser l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) en refusant de coopérer avec la Russie pour mener des enquêtes. Il en a voulu pour exemple le cas de Salisbury, au Royaume-Uni, en posant la question suivante : « Si l’on ne veut pas coopérer avec nous, c’est peut-être que l’on a quelque chose à cacher ? »

Le Royaume-Uni dénonce l’utilisation d’armes chimiques en Syrie

La Première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, a en revanche estimé que l’érosion des normes en vigueur en matière de non-prolifération a été constatée à Salisbury, où une attaque à l’arme chimique a été commise, selon elle, par des éléments russes.

« Moscou cherche à dissimuler ces méfaits », mais un membre permanent du Conseil de sécurité ne peut pas se dissocier du consensus existant autour des armes chimiques, a-t-elle ajouté.

La Première ministre britannique a également déclaré que les progrès accomplis dans l’élimination des armes de destruction massive au cours des décennies passées avaient été remis en cause au cours des 17 derniers mois, notamment en pointant du doigt l’utilisation d’armes chimiques en Syrie

Elle a regretté que la Russie ait exercé son droit de veto à plusieurs reprises pour empêcher l’établissement des responsabilités dans les attaques à l’arme chimique commises dans ce pays.

S’agissant de l’Iran, Mme May a rappelé son soutien au Plan d’action global commun, tout en dénonçant le comportement de l’Iran, ses tirs de missiles balistiques et le transfert d’armes et de technologies militaires sophistiquées au Hezbollah au Liban et aux forces houthistes au Yémen, en violation des résolutions du Conseil de sécurité.

Lors de la réunion du Conseil de sécurité, le Ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, a, pour sa part, proposé de renforcer le régime de non-prolifération, en plaidant notamment pour son universalisation.

S’agissant du nucléaire iranien, le ministre chinois a estimé que « le Plan d’action global commun est une victoire du multilatéralisme ». Même imparfait, il demeure un accord viable, a-t-il dit, en appelant les pays à penser à l’intérêt de long terme sur ce dossier.

Il a ensuite rappelé que la Chine appuyait les efforts diplomatiques s’agissant de la péninsule coréenne, notamment ceux entrepris lors du Sommet de Singapour, en vue de parvenir à une paix durable.

par -
Les Palestiniens ne sont pas près d'avoir leur Etat

Les tendances actuelles sapent la solution des deux États, a prévenu cet après-midi le Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, M. Nickolay Mladenov, lors du débat trimestriel du Conseil de sécurité sur la question de Palestine.

Entre le 13 juin et le 12 septembre, la situation entre Israël et la Palestine a été marquée par la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le Territoire palestinien, les incertitudes entourant l’avenir du processus de paix et la solution des deux États, le contrôle du Hamas sur Gaza, les actions unilatérales compromettant les efforts de paix, l’affaiblissement de l’appui à l’Autorité palestinienne et les troubles dans la région en général. Le Coordonnateur spécial n’a pas manqué de s’attarder sur la situation financière « grave » de l’Office de secours et de travaux pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

Durant cette période, a-t-il poursuivi, aucune mesure n’a été prise pour stopper les activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est. Quant à la violence, le Coordonnateur spécial a prévenu qu’après le retour au calme dû à l’intervention de l’Égypte et des Nations Unies, les lancements de cerfs-volants et ballons enflammés, les affrontements, les tirs à balles réelles de l’armée israélienne ou les attaques à l’arme blanche par des Palestiniens n’ont pas cessé. Malgré la résolution 2234 du Conseil de sécurité, les provocations, les incitations et les discours incendiaires sont toujours d’actualité, qu’il s’agisse du Hamas ou des autorités israéliennes.

Si la signature des Accords d’Oslo, il y a 25 ans, a été un moment historique qui a rempli d’espoir Israéliens et Palestiniens, cette vision « courageuse » s’est malheureusement effacée, s’est désolé le Coordonnateur spécial, alors que pour la France « la vision d’une paix durable a volé en éclats ». Les deux tiers de l’opinion publique palestinienne estime désormais que la situation a empiré depuis la signature de ces Accords et, ont ajouté les Pays-Bas, plus de 50% des Israéliens et des Palestiniens ne croient plus en la solution des deux États.

Le Coordonnateur spécial a appelé à restaurer l’espoir parce que l’alternative, a-t-il prévenu, ce sont des cycles perpétuels de violence. Il a été appuyé en ce sens par la plupart des délégations pour lesquelles il faut consacrer des efforts à la reprise de négociations israélo-palestiniennes « dignes de ce nom » et qui exige, ont souligné plusieurs délégations, la fin des colonies de peuplement.

D’ailleurs, a rappelé le Coordonnateur spécial, en septembre dernier, la Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a demandé aux autorités israéliennes de revenir sur leur décision de démolir le village bédouin de Khan al-Ahmar, prévenant qu’elle « aurait des conséquences humanitaires graves ». Cet appel avait été relayé en son temps par l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni, a souligné le Coordonnateur spécial.

La reprise des négociations exige aussi, ont argué plusieurs délégations, de régler les causes sous-jacentes des tensions à Gaza, « une poudrière qui risque d’exploser à tout moment » comme l’a dit la France, et « qui n’en a plus pour longtemps », selon le Koweït, compte tenu de sa situation humanitaire et économique d’une gravité sans précédent. Le processus politique ne pourra pas non plus avancer sans une réconciliation intrapalestinienne et le retour à Gaza de l’Autorité palestinienne, a souligné le Royaume-Uni.

La situation financière « grave » de l’UNRWA a également suscité de vives inquiétudes dans la mesure où elle affecte directement des services « vitaux » à plus de cinq millions de réfugiés palestiniens. À cet égard, la Suède a dit organiser, avec la Jordanie, une réunion ministérielle, le 27 septembre, en marge du débat de l’Assemblée générale pour souligner l’importance de l’UNRWA pour la stabilité régionale.

Si, comme l’a rappelé le Coordonnateur spécial, la communauté humanitaire a demandé la somme de 540 millions de dollars pour cette année dont 75% pour Gaza, à ce jour, cet appel n’a été financé qu’à hauteur de 29%. Il a aussi parlé de la décision des États-Unis de geler un appui économique de plus de 200 millions de dollars à la Cisjordanie et à Gaza et de 25 millions de dollars au réseau des hôpitaux à Jérusalem-Est. Le 10 septembre, les États-Unis ont fermé le bureau de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Washington arguant du manque de volonté de l’OLP de reprendre les négociations avec Israël et de son intention de saisir la Cour pénale internationale (CPI). Cette fermeture est « un coup dur pour notre travail collectif », a commenté la Fédération de Russie.

Les États-Unis ont préféré axer leur intervention sur « le seul pays qui est à la base de l’instabilité au Moyen-Orient »: l’Iran. Après avoir dénoncé les manœuvres iraniennes en Iraq, les États-Unis ont estimé que tous les pays « soucieux du principe de souveraineté nationale » devraient se montrer inquiets. Tous ceux qui respectent le droit à l’autodétermination du peuple iraquien doivent le défendre, ont-ils martelé.

Les neufs membres du Conseil qui avaient demandé dans une lettre au Secrétariat du Conseil de sécurité que les rapports trimestriels sur l’application de la résolution 2334 soient désormais soumis par écrit, ont réitéré leur demande aujourd’hui. Il s’agit de la Bolivie, la Chine, la Côte d’Ivoire, la Guinée équatoriale, la France, le Kazakhstan, le Koweït, les Pays-Bas, le Pérou et la Suède.

par -

Le Conseil de sécurité a décidé, ce matin, de proroger jusqu’au 15 septembre 2019 le mandat de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), qui demeure chargée d’une mission de médiation et de bons offices en vue d’appuyer la mise en œuvre de l’Accord politique libyen du 17 décembre 2015 et les étapes ultérieures de la transition dans ce pays.

En adoptant à l’unanimité de ses 15 membres la résolution 2436 (2018), le Conseil demande par ailleurs à la Mission d’apporter une assistance aux principales institutions libyennes, de surveiller la situation des droits de l’homme, d’appuyer la sécurisation des armes incontrôlées et de coordonner l’assistance internationale.

La MANUL est par ailleurs invitée à adopter une démarche soucieuse d’équité entre les sexes dans l’exécution de son mandat et à aider le Gouvernement d’entente nationale à assurer la pleine participation des femmes à la transition démocratique.

Enfin, par cette résolution, le Conseil se félicite des progrès de la Mission pour le rétablissement d’une présence à Tripoli et de son projet d’un retour échelonné dans la région de Benghazi et les autres parties du pays, « au fur et à mesure que les conditions de sécurité le permettront ».

LA SITUATION EN LIBYE (S/2018/780)

Texte du projet de résolution (S/2018/836)

Le Conseil de sécurité,

Rappelant sa résolution 1970 (2011) et toutes ses résolutions ultérieures sur la Libye,

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale de la Libye,

Prenant note des rapports du Secrétaire général sur la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) (S/2018/140) et (S/2018/780),

Exprimant son appui sans réserve aux efforts que continuent de faire la MANUL et le Représentant spécial du Secrétaire général, Ghassan Salamé, réaffirmant son adhésion et son soutien total au Plan d’action des Nations Unies pour la Libye, engageant de nouveau tous les Libyens à travailler ensemble, dans un esprit de compromis, dans le cadre du processus politique ouvert à tous dirigé par le Représentant spécial du Secrétaire général, et soulignant le rôle central joué par l’Organisation des Nations Unies pour faciliter, sous l’égide des Libyens eux-mêmes, un règlement politique assurant la sécurité, la viabilité politique et économique et l’unité nationale de la Libye,

Se félicitant du cessez-le-feu conclu grâce aux bons offices de l’ONU à Tripoli, rappelant sa déclaration à la presse du 6 septembre, dans laquelle il a condamné les actes de violence survenus à Tripoli, et exhortant toutes les parties à faire preuve de retenue, à protéger les civils et à s’engager sérieusement sur la voie de la réconciliation nationale,

Rappelant sa résolution 2259 (2015), dans laquelle il avait fait sien le communiqué de Rome du 13 décembre 2015 par lequel le Gouvernement d’entente nationale est reconnu comme seul gouvernement légitime de Libye, avec le Premier Ministre, M. Fayez Serraj, comme Président du Conseil de la présidence,

Réaffirmant son appui à la mise en œuvre intégrale de l’Accord politique libyen de Skhirat (Maroc), signé le 17 décembre 2015, qui prévoit la formation d’un gouvernement d’entente nationale composé du Conseil de la présidence et du Cabinet, appuyés par les autres institutions de l’État, dont la Chambre des représentants et le Conseil d’État,

Se félicitant que la Chambre des représentants ait approuvé en principe l’Accord politique le 25 janvier 2016 et que les participants aux réunions ultérieures du dialogue politique libyen aient réaffirmé l’engagement pris de respecter l’Accord, et réaffirmant que l’Accord demeure le seul cadre viable pour mettre un terme à la crise politique libyenne,

Soulignant qu’il importe que le processus demeure ouvert à tous, encourageant vivement le Gouvernement d’entente nationale à œuvrer avec toutes les parties à la réconciliation et à renforcer les activités de communication politique dans toute la Libye, et exhortant toutes les parties et institutions en présence en Libye à œuvrer de façon constructive, en toute bonne foi et avec une volonté politique soutenue, à l’application de l’Accord,

Se félicitant des efforts déployés récemment pour renforcer un dialogue politique ouvert à tous les Libyens, notamment de l’action importante que mènent les voisins de la Libye, les partenaires internationaux et les organisations régionales, ainsi que de la réunion qui s’est tenue à Paris le 25 juillet 2017 et de la Déclaration commune publiée à l’issue de cette réunion, comme il l’a indiqué dans la déclaration faite à la presse le 27 juillet 2017, dans le cadre de l’Accord politique libyen approuvé par la résolution 2259 (2015), et appuyant l’appel lancé par le Secrétaire général pour que toutes les initiatives soient regroupées sous la houlette de l’Organisation des Nations Unies,

Accueillant avec satisfaction la Conférence nationale lancée par le Représentant spécial du Secrétaire général, qui a abouti à l’organisation de 76 séances de consultation entre les communautés libyennes, dans 43 endroits différents,

Rappelant la déclaration de son Président en date du 6 juin 2018, prenant note de l’appel du Représentant spécial du Secrétaire général du 21 mai 2018 en faveur de la tenue d’élections législatives et présidentielles en Libye dès que la situation politique et législative, les conditions de sécurité et les conditions techniques le permettront, et se félicitant de la dynamique créée par la Conférence internationale sur la Libye, qui s’est tenue le 29 mai 2018 à Paris, et rappelant l’appel urgent que le Représentant spécial du Secrétaire général a lancé aux dirigeants libyens pour qu’ils honorent les engagements pris à Paris, ainsi que l’engagement pris par l’ensemble des parties libyennes de coopérer de manière constructive avec l’Organisation des Nations Unies pour organiser des élections législatives et présidentielles crédibles et pacifiques et d’en respecter les résultats,

Notant avec satisfaction les activités de préparation menées par la Haute Commission électorale nationale en vue des élections et les efforts déployés par le Comité central des élections municipales pour l’organisation des élections municipales et félicitant la MANUL du soutien qu’elle apporte à ces travaux,

Conscient du rôle essentiel joué par le Représentant spécial du Secrétaire général, qui a travaillé en consultation avec les parties libyennes afin d’établir la base constitutionnelle des élections et d’adopter les lois électorales nécessaires,

Demandant à nouveau à tous les Libyens d’améliorer par tous les moyens possibles le climat dans lequel se dérouleront les élections nationales, notamment en contribuant dans un esprit constructif à l’unification des institutions militaires et économiques libyennes, à la présence de forces nationales de sécurité unifiées et renforcées, placées sous l’autorité du Gouvernement, et à l’unification de la Banque centrale de Libye,

Soulignant qu’il faut confier la protection et la défense de la Libye contre le terrorisme à des forces nationales de sécurité unifiées et renforcées, placées sous la seule autorité du Gouvernement d’entente nationale, comme le prévoit l’Accord politique libyen,

Rappelant les événements survenus dans la zone du croissant pétrolier et sa déclaration à la presse du 19 juillet 2018, dans laquelle il se félicitait de la déclaration annonçant que la National Oil Corporation reprendrait ses activités au nom de l’ensemble du peuple libyen et dans son intérêt, à qui les ressources pétrolières du pays appartiennent, et soulignait que les ressources pétrolières libyennes devaient rester sous le contrôle exclusif de la National Oil Corporation et que le Gouvernement d’entente nationale devait exercer un contrôle exclusif sur les institutions économiques et financières du pays,

Rappelant qu’il est nécessaire que les États Membres cessent de soutenir les institutions parallèles qui prétendent représenter l’autorité légitime mais ne sont pas parties à l’Accord, comme il est précisé dans celui-ci, et cessent tout contact officiel avec elles,

Demandant instamment que les femmes participent pleinement et effectivement, sur un pied d’égalité, à toutes les activités ayant trait à la transition démocratique, au règlement des conflits et à la consolidation de la paix, et appuyant les efforts déployés par le Représentant spécial du Secrétaire général pour favoriser le renforcement du rôle et de la participation des femmes venant de tous les horizons de la société libyenne dans le processus politique et les institutions publiques,

Exhortant les autorités libyennes à prévenir et à combattre la violence sexuelle et sexiste en période de conflit, et notamment à lutter contre l’impunité des auteurs de crimes de violence sexuelle conformément à ses résolutions pertinentes, en particulier les résolutions 1325 (2000), 2106 (2013), 2122 (2013), 2242 (2015) et 2331 (2016),

Réaffirmant qu’il faut que toutes les parties en Libye dialoguent de manière constructive avec l’Organisation des Nations Unies et s’abstiennent de toute action qui pourrait saper le dialogue politique mené sous l’égide de l’ONU, et qu’il ne saurait y avoir de solution militaire en Libye,

Réaffirmant également que toutes les parties doivent se conformer aux obligations que leur imposent le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, selon qu’il convient, et soulignant que quiconque est responsable de violations du droit international humanitaire, de violations des droits de l’homme ou d’atteintes à ces droits doit répondre de ses actes,

Engageant le Gouvernement d’entente nationale à achever d’élaborer les dispositions de sécurité transitoires requises pour stabiliser la situation en Libye, étape essentielle qui permettra de s’attaquer aux défis politiques, humanitaires, économiques et institutionnels et de lutter contre l’insécurité qui règne dans le pays, considérant qu’il faut que le Gouvernement d’entente nationale planifie le désarmement, la démobilisation et la réintégration des groupes armés et l’invitant à poursuivre les efforts de stabilisation dans les villes touchées pour consolider les résultats obtenus en matière de lutte contre le terrorisme,

Se déclarant gravement préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire en Libye, notamment par le fait que les conditions de vie se sont détériorées et par l’insuffisance de services de base, ainsi que par la situation dans laquelle se trouvent les migrants, les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur du territoire, engageant toutes les parties à respecter le droit international, y compris, selon les cas, le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, et engageant également les autorités libyennes à prendre toutes les mesures nécessaires pour enquêter sur les violations et atteintes, notamment les cas de torture, de violence sexuelle et sexiste et de maltraitance dans les prisons et les centres de détention et pour poursuivre les responsables en justice,

Se déclarant de nouveau préoccupé par le trafic de migrants et de réfugiés et la traite d’êtres humains par le territoire libyen, soulignant la décision de prendre des sanctions à l’encontre de six trafiquants d’êtres humains et passeurs en Libye le 8 juin 2018, et se félicitant des activités de la MANUL tendant à coordonner et soutenir la fourniture d’une aide humanitaire pour les réfugiés et les migrants par l’intermédiaire de l’équipe de pays des Nations Unies, en particulier du Haut‑Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et de l’Organisation internationale des migrations, et à faire appliquer la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme,

Prenant note du dialogue économique qui se tient en Libye et dans la région, notant avec satisfaction le rôle joué par la MANUL à l’appui du dialogue en vue d’une réforme économique, se félicitant de la détermination des représentants du Conseil de la présidence, du Gouvernement d’entente nationale, de la Banque centrale de Libye, du Bureau de l’audit et de la National Oil Corporation à atténuer d’urgence les souffrances du peuple libyen en accélérant la prestation des services publics, en améliorant la situation de trésorerie, en luttant contre l’économie de prédation, notamment les taux de change sur le marché noir, et accueillant favorablement l’augmentation de la production de pétrole,

Invitant le Gouvernement d’entente nationale et la Banque centrale de Libye à mettre en œuvre sans plus tarder les mesures économiques prévues et nécessaires, rappelant la demande faite à la MANUL et au Représentant spécial du Secrétaire général, conformément au souhait du Premier ministre, M. Serraj, de faciliter l’examen financier des institutions économiques et financières et d’accompagner les efforts visant à réunifier ces institutions, et soulignant l’importance de collaborer avec les institutions financières internationales,

Demandant de nouveau à tous les États Membres d’appuyer sans réserve les efforts déployés par le Représentant spécial du Secrétaire général et de collaborer avec les autorités libyennes et la MANUL afin d’élaborer un plan coordonné d’aide destiné à renforcer les capacités du Gouvernement d’entente nationale, conformément aux priorités libyennes et en réponse aux demandes d’aide, et demandant de nouveau également à toutes les parties de coopérer pleinement aux opérations de la MANUL, notamment en prenant les mesures voulues pour garantir la sécurité et une totale liberté de circulation au personnel des Nations Unies et au personnel associé,

Encourageant la MANUL à continuer d’établir des priorités pour ses activités et ses efforts de médiation en étroite consultation avec le Conseil de la présidence et d’autres institutions libyennes et en fonction de ses besoins et de l’évolution de la situation dans le pays,

Soulignant qu’il importe de veiller à ce que les mesures de sanction soient pleinement appliquées et à ce que la coopération se poursuive avec les autorités libyennes de manière à ce que les violations soient signalées au Comité des sanctions de l’ONU, et rappelant à cet égard que les personnes et entités se livrant ou apportant un appui à des actes qui mettent en danger la paix, la stabilité ou la sécurité en Libye pourront faire l’objet de sanctions ciblées conformément à la résolution 2213 (2015),

Rappelant qu’il a établi, dans sa résolution 2213 (2015), que la situation en Libye continuait de menacer la paix et la sécurité internationales,

1.    Décide de proroger jusqu’au 15 septembre 2019 le mandat de la MANUL qui, en tant que mission politique spéciale intégrée, restera placée sous la direction du Représentant spécial du Secrétaire général et sera chargée de mener des activités de médiation et des missions de bons offices, dans le strict respect du principe d’appropriation nationale, en vue d’appuyer:

i)    Un processus politique et un dialogue économique en matière de sécurité ouverts à tous dans le cadre de l’Accord politique libyen et du Plan d’action de l’Organisation des Nations Unies;

ii)   La poursuite de la mise en œuvre de l’Accord politique libyen;

iii)  Le renforcement des dispositions du Gouvernement d’entente nationale en matière de gouvernance, de sécurité et d’économie, et notamment la réforme économique en collaboration avec des institutions financières internationales;

iv)   Les étapes ultérieures de la transition libyenne, y compris le processus constitutionnel et l’organisation des élections;

2.    Décide par ailleurs que, sous réserve des contraintes opérationnelles et des conditions de sécurité, la MANUL doit s’acquitter des tâches suivantes:

i)    Apporter une assistance aux principales institutions libyennes;

ii)   Appuyer, sur demande, la fourniture de services essentiels et l’acheminement de l’aide humanitaire, dans le respect des principes humanitaires;

iii)  Surveiller la situation des droits de l’homme et en rendre compte;

iv)   Appuyer la sécurisation des armes incontrôlées et du matériel connexe et lutter contre leur prolifération;

v)    Coordonner l’assistance internationale et appuyer, en lui fournissant conseils et assistance, le Gouvernement d’entente nationale dans son action visant à stabiliser les zones sortant de conflits, y compris celles qui ont été libérées du contrôle de Daech;

3.    Prie le Secrétaire général de réévaluer une série d’objectifs détaillés pour la mise en œuvre des tâches dont la MANUL doit s’acquitter, de réfléchir en particulier aux mesures à prendre pour mettre en place la base constitutionnelle des élections et pour infléchir le processus politique actuel, et de rendre compte dans ses rapports périodiques des progrès accomplis dans la réalisation de ces objectifs;

4.    Prie la MANUL d’adopter systématiquement une démarche soucieuse d’équité entre les sexes dans l’exécution de son mandat et d’aider le Gouvernement d’entente nationale à assurer la participation pleine et effective des femmes à la transition démocratique, aux efforts de réconciliation, au secteur de la sécurité et aux institutions nationales, ainsi que la protection des femmes et des filles contre les violences sexuelles et sexistes, en conformité avec la résolution 1325 (2000);

5.    Constate que, depuis le 30 mars 2016, la MANUL assure une présence constante en Libye pour appuyer le Conseil de la présidence et le Comité de sécurité temporaire, et se félicite des progrès de la Mission sur la voie du rétablissement d’une présence à Tripoli et de ses projets en ce sens pour la région de Benghazi et les autres parties du pays par un retour échelonné, au fur et à mesure que les conditions de sécurité le permettront, et à prendre les dispositions en matière de sécurité requises à cette fin;

6.    Accueille avec satisfaction les progrès de la MANUL dans la mise en œuvre d’une stratégie politique globale et d’une plus grande intégration et coordination stratégique de la Mission et des organismes, fonds et programmes des Nations Unies en Libye pour soutenir l’action menée sous la conduite du Gouvernement d’entente nationale en vue de la stabilisation du pays et invite la Mission à poursuivre ses efforts en ce sens;

7.    Prie le Secrétaire général de continuer de lui faire rapport tous les 60 jours au moins sur la mise en œuvre de la présente résolution;

8.    Prie également le Secrétaire général de lui faire rapport, selon qu’il conviendra, après la tenue de consultations avec les autorités libyennes, sur les recommandations concernant l’appui que doit apporter la MANUL aux étapes ultérieures de la transition libyenne et les dispositions visant à assurer la sécurité de la Mission;

9.    Décide de rester activement saisi de la question.

par -

La Fédération de Russie a demandé, aujourd’hui, la convocation d’une réunion du Conseil de sécurité pour faire part des résultats du sommet qui s’est tenu le 7 septembre à Téhéran entre les garants du processus d’Astana – la Russie, l’Iran et la Turquie. Le sommet, qui a réfléchi aux moyens de réduire la violence en Syrie, notamment à Edleb, a été « constructif », a affirmé la Fédération de Russie. Une position aux antipodes de celles des pays occidentaux, les États-Unis estimant que ce processus est un « échec » et promettant des « conséquences sérieuses » pour toute offensive militaire à Edleb.

La Fédération de Russie a indiqué d’emblée que le sommet de Téhéran a été un « jalon important dans le relèvement de la Syrie ». Lancé en janvier 2017, le processus d’Astana a donné lieu à l’Accord du même nom, signé le 4 mai 2017, entre les trois garants sur la création de quatre zones de désescalade, à savoir la Ghouta orientale, Deraa, Homs et à Edleb. Les trois premières zones ont été reprises par l’armée syrienne cette année.

Signalant la présence massive de combattants terroristes à Edleb, la Fédération de Russie a indiqué que les trois garants du processus d’Astana sont prêts à poursuivre des efforts énergiques pour éradiquer le terrorisme en Syrie, mettre fin aux souffrances des civils et initier un processus politique. La Fédération de Russie a fait la distinction entre les terroristes et les groupes armés disposés à s’engager dans un processus politique.

Le signal envoyé par le sommet de Téhéran doit être entendu, « maintenant que nous voyons des menaces de frappes contre des installations gouvernementales à cause de l’emploi supposé d’armes chimiques », a ajouté la Fédération de Russie qui a argué que la Syrie n’aurait aucune raison de les utiliser, car cela ouvrirait la voie aux frappes de représailles de la « troïka occidentale ». L’Iran a fustigé « ces inventions » pour justifier le recours à la force contre la Syrie.

La Turquie, un des trois garants, s’est quelque peu démarquée et a mis en garde contre une opération militaire d’envergure à Edleb, craignant une catastrophe humanitaire.  « Une opération militaire ferait le jeu des terroristes », a-t-elle prévenu.  Seul un cessez-le-feu viable permettra la création d’un environnement propice à la lutte contre le terrorisme, a asséné la Turquie.

Ces propos ont été salués par le Royaume-Uni qui a invité le Conseil à se rallier autour du plan de la Turquie, tandis que les États-Unis ont prévenu: « Nous ne laisserons pas l’Iran, derrière la façade du processus d’Astana, saboter l’avenir du peuple syrien ». La France a fustigé l’absence d’engagement ferme de la Fédération de Russie et de l’Iran à préserver la désescalade « dont ils se sont portés garants ». Elle a aussi prévenu qu’elle ne tolèrera aucun nouvel usage d’armes chimiques, et est prête, avec ses proches partenaires, « à réagir en cas d’attaque chimique », a-t-il dit, appuyée par son homologue des États-Unis. La Chine a émis le vœu que les discussions sur la création d’un comité constitutionnel, lancées par l’Envoyé spécial, M. Staffan de Mistura, constituera une première étape du processus politique.

Le Conseil de sécurité a commencé la séance en observant une minute de silence à la mémoire des victimes des attaques terroristes perpétrés le 11 septembre 2001 à New York, à Washington et à Philadelphie.

par -

A la veille de consultations de paix à Genève entre Yéménites, le Conseil de sécurité a exprimé mercredi son plein appui aux efforts déployés par l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour parvenir à un règlement politique au Yémen ravagé par la guerre.

Dans une déclaration à la presse, les membres du Conseil de sécurité ont réaffirmé qu’il ne pouvait y avoir qu’une solution politique au conflit au Yémen. Ils ont réitéré leur appel à la pleine application des résolutions et déclarations du Conseil de sécurité, y compris la résolution 2216 (2015).

À cet égard, ils se sont félicités des consultations menées par l’ONU à Genève à partir de jeudi 6 septembre avec des représentants des parties yéménites au conflit, le gouvernement et l’opposition houthie. « Ces consultations initiales constitueront une étape nécessaire et importante vers la mise en œuvre d’accords politique et de sécurité complets et inclusifs, nécessaires pour résoudre le conflit, améliorer la situation humanitaire et apporter la paix, la prospérité et la sécurité à tous les Yéménites », ont dit les membres du Conseil.

Ils ont exhorté les parties yéménites à saisir cette occasion pour désamorcer les tensions et participer pleinement, de manière constructive et de bonne foi, à ces consultations « afin de renforcer la confiance entre elles et de faire un premier pas vers la fin d’un conflit qui a causé de graves souffrances au peuple yéménite ». Ils ont appelé la communauté internationale, y compris les pays voisins, à soutenir activement ces consultations.

La Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Henrietta Fore, a exhorté de son côté les parties au conflit « à mettre la protection des enfants au centre des discussions ».
Première rencontre entre belligérants depuis deux ans

Pour sa part, l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, Martin Griffiths, a noté mercredi lors d’un point de presse à Genève que c’était la première fois en deux ans que les belligérants se rencontraient pour discuter d’une issue pacifique au conflit.

Les combats au Yémen se sont intensifiés en mars 2015, quand une coalition dirigée par l’Arabie saoudite est intervenue militairement à la demande du Président du Yémen contre les forces de l’opposition. Depuis lors, des milliers de civils sont morts et environ huit millions sont au bord de la famine, selon les agences humanitaires des Nations Unies.

Bien que réticent à partager les détails de l’ordre du jour des consultations de Genève sur le Yémen, l’Envoyé spécial a expliqué que le but de ces réunions était de « préparer le terrain » pour que des négociations formelles puissent avoir lieu à une date ultérieure. Il a ajouté que l’accent initial devrait être mis sur le renforcement de la confiance entre les parties.

par -

Menace posée par Daech
Intervention de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies, Chargée d’affaires a.i.
Conseil de sécurité – 23 août 2018

Monsieur le président,

Permettez-moi à mon tour de remercier M. Voronkov pour sa présentation éclairante du 7ème rapport du Secrétaire général sur la menace posée par Daech, ainsi que Mme Coninsx et Mme Cook pour leurs interventions particulièrement instructives. Je tiens en particulier à saluer le travail effectué par le Centre international d’études sur la radicalisation à travers son rapport sur le retour des femmes et des mineurs affiliés à Daech.

Monsieur le Président,

Le rapport du Secrétaire général le souligne : malgré la perte de son ancrage territorial, Daech continue d’être une menace sérieuse, à la fois locale et globale. Sa mutation en un réseau sous-terrain mondial, le réseau diffus des combattants terroristes étrangers et l’attrait de la propagande terroriste sont autant de facteurs de résilience de la menace. Face à un ennemi qui ne cesse de s’adapter, nos réponses doivent elles aussi évoluer.

Je souhaiterais donc insister sur les quatre domaines dans lesquels la France estime que nos efforts peuvent et doivent s’intensifier.

1/- Premier domaine, l’action de la Coalition internationale contre Daech : elle doit se poursuivre pour mener à son terme la lutte contre l’organisation terroriste en Irak et en Syrie, à la suite des victoires décisives contre ce groupe qui a perdu la quasi-totalité de ses territoires. Pour prévenir une résurgence de Daech, notre action militaire se double d’un volet civil pour stabiliser durablement les zones libérées de Daech et reconstruire, là où cela est possible, comme en Irak, dans la continuité des engagements pris à la conférence de Koweït au mois de février. Il est important que la mobilisation de tous, ainsi que du système onusien, se poursuivent et se traduisent en progrès concrets et tangibles pour les populations.

Ce sont aussi les causes profondes du terrorisme que nous devons éliminer par la mise en œuvre de solutions politiques pluralistes et inclusives en Syrie et en Irak, à même de répondre aux aspirations profondes et légitimes de l’ensemble des citoyens. Mettre fin à l’impunité des crimes commis par Daech au Levant est un des éléments essentiels de la reconstruction de sociétés inclusives et pacifiques. Je pense notamment aux violations graves commises contre les enfants par Daech, aux violences sexuelles et à la mise en esclavage de plus de 6 000 Yézidis. Dans cette perspective, la France réitère son plein soutien aux mécanismes internationaux indépendants d’enquête créés par les Nations unies pour faire la lumière sur les crimes graves commis en Syrie et en Irak et appelle l’ensemble des Etats et du système onusien à œuvrer ensemble en ce sens.

Monsieur le président,

2/- Le deuxième domaine dans lequel nous devons redoubler d’efforts est la lutte contre le financement du terrorisme, une priorité de premier plan pour la France. Si la perte de territoires a considérablement réduit les revenus de Daech, le groupe fait preuve d’une stratégie d’adaptation de plus en plus sophistiquée. Face à cela, nos cadres juridiques et opérationnels doivent être sans cesse adaptés et renforcés afin d’améliorer la transparence des flux financiers, de renforcer le partage d’informations et la coopération avec le secteur privé. C’est dans cet esprit que la France a organisé en avril une conférence internationale sur la lutte contre le financement de Daech et d’Al-Qaïda, qui a rassemblé plus de 70 Etats et une vingtaine d’organisations internationales, et qui s’est conclue par l’adoption de « l’Agenda de Paris », qui constitue une feuille de route utile pour renforcer notre engagement. Nous appelons à une mise en œuvre des engagements pris dans ce cadre.

3/ Troisièmement, nous devons poursuivre notre action contre l’utilisation d’internet par les groupes terroristes. Beaucoup de progrès ont été faits et les entreprises du net se mobilisent. Mais beaucoup reste à faire, comme le montre la diffusion d’une intervention de près d’une heure d’Omar Al Baghdadi sur Telegram le 22 août. Nous poursuivons nos efforts, notamment dans le cadre européen, pour entraver plus efficacement la diffusion de la propagande terroriste qui alimente la radicalisation et l’utilisation d’internet pour le financement du terrorisme.

4/- Enfin, le retour ou la relocalisation des combattants terroristes étrangers représente une menace plus diffuse à laquelle un grand nombre de nos pays doivent faire face. Face à ce défi, dont Mme Coninsx a éloquemment mis en lumière la complexité, nous devons continuer à renforcer les mesures de détection, de prise en charge et de suivi des personnes à risque, et ce via un partage d’informations constant. Compte tenu de la diversité des profils concernés, une coordination étroite entre les services et agences de renseignement civil, militaire et financier mais aussi entre les autorités judiciaires est essentielle pour renforcer l’interaction entre l’action de renseignement et la réponse pénale. L’éducation, les services sociaux et la justice sont indispensables pour aider les familles. Dans son dispositif national, la France met en particulier l’accent sur la prise en charge spécifique des enfants, notamment au niveau socio-psychologique et au niveau éducatif, pour favoriser leur réintégration. Nous accueillerons ainsi à Paris, en septembre prochain, une réunion régionale organisée par le Bureau de la lutte contre le terrorisme sur le traitement, dans le respect des droits de l’Homme, des enfants accompagnant des combattants terroristes étrangers.

Monsieur le Président,

Je conclurai mon propos en insistant sur le rôle fédérateur que les Nations unies doivent continuer à jouer dans le combat contre le terrorisme, en particulier là où Daech est implanté ou infiltré. La France continuera d’apporter son soutien aux entités onusiennes dans leurs efforts d’identification des besoins et celles des réponses à apporter ainsi que dans la promotion de la coordination entre l’ensemble des acteurs concernés, et ceci dans le sillage de la conférence de haut niveau des chefs d’agences de lutte contre le terrorisme qui s’est tenue ici fin juin.

Je vous remercie.

par -

Le Président du Comité créé en vertu des résolutions 751 (1992) et 1907 (2009) concernant la Somalie et l’Érythrée a fait le point aujourd’hui au Conseil de sécurité sur les travaux de ces quatre derniers mois et, notamment, sur la visite qu’il a effectuée en mai dernier, dans la Corne de l’Afrique où souffle un vent favorable depuis le rapprochement entre l’Érythrée et l’Éthiopie.  M. Kairat Umarov, qui n’a pu rencontrer les autorités érythréennes, a par ailleurs appuyé le maintien des sanctions en Somalie.

Le Président du Comité s’est d’emblée félicité de la Déclaration conjointe de paix et d’amitié, du 9 juillet dernier, signée par les Présidents de l’Érythrée et de l’Éthiopie, ainsi que de la visite, le 28 juillet, du Président somalien dans la capitale érythréenne.  Il a salué l’engagement de toutes les parties à « ouvrir un nouveau chapitre de la coopération et du partenariat ».

M. Umarov, qui est revenu sur les visites qu’il a effectuées au mois de mai à Djibouti, en Éthiopie et en Somalie, soit la première de ce type depuis 2010, a regretté que l’Érythrée n’ait pas invité sa délégation, ratant ainsi l’occasion de défendre son point de vue, y compris sur l’application des sanctions.  Le représentant érythréen a été clair aujourd’hui au Conseil de sécurité.  Après avoir décrit une situation de « proportion historique » avec la mesure « audacieuse » que son pays a prise avec l’Éthiopie et attiré l’attention sur la Déclaration conjointe signée avec la Somalie, le représentant a dit: « tout le monde sait que le souci de la paix et de la sécurité internationales ne peut justifier les sanctions », à savoir l’embargo sur les armes, l’interdiction de voyager et le gel des avoirs.

La mesure la plus appropriée serait de les lever et, ce faisant, d’exprimer sans équivoque l’appui à l’évolution positive de la situation, a insisté le représentant qui a jugé tout à fait « inacceptable » que quelques membres du Conseil continuent de poser des conditions préalables et de changer les critères pour des raisons « étrangères » à la paix internationale.  Le rapprochement « historique » entre Addis-Abeba et Asmara ne peut qu’avoir un impact sur le régime de sanctions, a aussi estimé le représentant de l’Éthiopie.

Mais, a contré celui de Djibouti, l’Érythrée occupe toujours le territoire djiboutien, les prisonniers de guerre sont toujours portés disparus, la menace de recourir à la force, toujours proférée et les risques de confrontation violente, toujours élevés.  L’Érythrée, a-t-il affirmé, continue de recruter, de former et d’équiper les rebelles djiboutiens dans le camp d’entrainement d’Anda’ali à partir duquel des raids violents ont été menés contre les villages et les forces de sécurité djiboutiens.  Le Conseil de sécurité doit maintenir ses sanctions contre l’Érythrée, a martelé le représentant qui a dessiné la voie à suivre et fixé un calendrier « raisonnable », maintenant que le Secrétaire général de l’ONU est en train de lancer des consultations.

Il a d’ailleurs appelé ce dernier à convoquer une réunion d’urgence des principales parties afin de faciliter un accord sur des moyens « mutuellement acceptables » de résoudre le différend.  Le Secrétaire général pourrait ainsi faire des recommandations dans les 120 jours et demander l’accord de l’Érythrée et de Djibouti et, au cas où l’un des deux refuserait, renvoyer le différend à la Cour internationale de Justice (CIJ) pour « un jugement final et contraignant ».

Tout est désormais mis en œuvre pour faciliter le règlement du différend entre l’Érythrée et Djibouti, a assuré le représentant de l’Éthiopie, qui a ajouté que son gouvernement est prêt à apporter son concours à la normalisation des relations entre ces deux pays.

Le Président du Comité des sanctions s’est aussi attardé sur la Somalie.  M. Umarov a dit avoir bien compris que le Gouvernement somalien s’efforce de peindre la nouvelle administration sous la lumière des réformes et de la volonté d’assumer la responsabilité de sa propre sécurité et de son avenir.  Mais il a jugé qu’il serait prématuré de lever l’embargo sur les armes tant que le pays n’aura pas entrepris les réformes politiques et de la sécurité et créé des institutions fortes capables de sécuriser la gestion des armes et des munitions.  La Somalie d’aujourd’hui n’est pas la Somalie de l’époque où les sanctions ont été imposées, a argué le représentant somalien.

Les Chabab sont toujours une menace mais la Somalie a fait des progrès énormes et ces progrès doivent se refléter dans le mandat du Groupe de contrôle.  Le Gouvernement travaille d’ailleurs à des procédures pour parvenir à un système global de gestion des armes et des munitions et à une commission qui serait chargée de lutter contre la prolifération des armes légères et de petit calibre et de sécuriser les stocks avec un personnel bien formé.  Pour bloquer l’accès des Chabab aux ressources naturelles, le Conseil de sécurité national a, le 5 juin dernier, conclu un accord sur la propriété, la gestion et le partage de ces ressources, a encore indiqué le représentant qui a demandé l’amendement des dispositions de la résolution pertinente du Conseil de sécurité qui autorise les flux d’armes vers les forces de sécurité somaliennes et à des partenaires stratégiques de l’AMISOM « non définis », sans en notifier son gouvernement.

par -

Le Conseil de sécurité a adopté le jeudi 14 juin 2018 à l’unanimité une résolution par laquelle il décide de proroger le mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI) jusqu’au 31 mai 2019, soit pour 10 mois supplémentaires à compter du 31 juillet 2018, au lieu du renouvellement habituel pour 12 mois.

La délégation porte-plume pour ce texte, les États-Unis, ont justifié ce choix par le besoin de mieux aligner ce mandat sur le cycle budgétaire de l’ONU pour le financement du maintien de la paix, ce qui permettra une planification budgétaire plus souple pour la Mission.

En vertu de la précédente résolution relative au mandat de la MANUI, le mandat de la Mission se terminait le 31 juillet 2018.

Aux termes du texte adopté ce jeudi, le Conseil décide également que, comme le gouvernement iraquien l’a demandé, le Représentant spécial du Secrétaire général et la MANUI s’attacheront à « accorder la priorité à la fourniture de conseils, d’un appui et d’une assistance au gouvernement et au peuple iraquiens sur la manière de favoriser un dialogue politique ouvert à tous et la réconciliation aux niveaux national et local ».

La résolution précise que la MANUI devra « continuer de conseiller, d’appuyer et d’aider le gouvernement iraquien » sur plusieurs fronts, en particulier dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme du secteur de la sécurité et de la planification, du financement et de l’exécution de programmes de réintégration destinés aux anciens membres de groupes armés, selon qu’il convient, en coordination avec d’autres entités multinationales.

La Mission aura aussi pour fonction de « promouvoir, appuyer et faciliter, en coordination avec le gouvernement iraquien », plusieurs actions, à commencer par la coordination et l’acheminement de l’aide humanitaire et, le cas échéant, le retour en toute sécurité, en bon ordre et librement consenti des réfugiés et des personnes déplacées.

Par ailleurs, le texte souligne que la MANUI se doit de promouvoir l’application du principe de responsabilité, la protection des droits de l’homme, et la réforme judiciaire et juridique, afin de renforcer l’état de droit en Iraq, tout en appuyant les activités de l’Équipe d’enquêteurs créée par la résolution 2379 (2017).
La Mission doit aussi tenir compte, dans tous les aspects de son mandat, de la question transversale que constitue la problématique hommes-femmes, et conseiller et aider le gouvernement iraquien en vue de garantir la contribution, la participation et la représentation des femmes à tous les niveaux.

par -

Dans une déclaration présidentielle adoptée le vendredi 08 juin 2018, le Conseil de sécurité salue les progrès accomplis dans ses réformes par le Gouvernement fédéral somalien, dans le secteur de la sécurité comme sur les plans économiques et politiques.

Le Conseil de sécurité se félicite de l’élection pacifique d’un nouveau président de la Chambre du peuple et de la reprise des travaux du Parlement fédéral.  Il salue également la reprise du dialogue de haut niveau entre le Gouvernement fédéral somalien et les États membres de la fédération « visant à permettre la réalisation de nouveaux progrès sur les grands axes prioritaires ».

Toutefois, préoccupé de constater que les combats survenus récemment dans la région de Sool, dans le nord de la Somalie, ont aggravé la situation humanitaire, le Conseil demande à toutes les parties de permettre et de faciliter le libre passage de l’aide humanitaire.

De plus, le Conseil note avec préoccupation que « des pressions internes et externes risquent de porter atteinte à l’unité politique de la Somalie ».  Il importe, souligne-t-il, de faire le nécessaire pour empêcher que les crises et différends régionaux n’en viennent à déstabiliser ce pays.

Le Conseil se déclare gravement préoccupé par la menace constante que représentent les Chabab, et réaffirme qu’il appuie une approche globale de la sécurité en Somalie qui soit conforme au droit international humanitaire et au droit international des droits de l’homme.

Sur une note positive, le Conseil se félicite des progrès récemment accomplis quant à l’élaboration d’un plan de transition assorti de conditions et d’un calendrier précis prévoyant que les responsabilités en matière de sécurité de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) seront progressivement transférées aux institutions somaliennes chargées de la sécurité, tel qu’approuvé par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine le 30 avril 2018 et par les partenaires internationaux à la Réunion de haut niveau sur la Somalie, le 2 mai 2018 à Bruxelles.

Notant qu’il est essentiel, pour consolider la paix et la stabilité et pour favoriser le développement durable, d’accélérer la reprise économique de la Somalie, le Conseil salue l’engagement pris par le Gouvernement fédéral somalien en ce qui concerne l’actuel Programme de référence du Fonds monétaire international, et se félicite des résultats obtenus, le 19 avril, lors de la table ronde sur la Somalie.  Il exhorte la Somalie à continuer d’accomplir des progrès en matières fiscale et monétaire en vue d’avancer sur la voie de la normalisation avec les institutions financières internationales et de l’allégement de la dette.

Enfin, il note que le Forum de partenariat pour la Somalie aura lieu à Bruxelles, les 25 et 26 juin 2018.

par -

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie a indiqué devant le Conseil de sécurité, cet après-midi, que face au terrorisme, les autorités somaliennes et l’Union africaine doivent affronter un défi de taille: combattre l’insurrection tout en réformant le secteur de la sécurité, insistant par ailleurs sur les défis liés au différend du Golfe et à l’irruption de violence à Tukaraq.

Intervenant par visioconférence depuis Mogadiscio, M. Michael Keating, qui est également à la tête de la Mission d’assistance des Nations Unies en Somalie (MANUSOM), s’est donc félicité de l’approbation par le Conseil des ministres, le 19 avril, du Plan de transition sécuritaire, tout en soulignant que sa mise en œuvre dépend de l’appropriation nationale et du leadership somalien.

Ce plan a été mis en avant par le représentant de la Somalie qui a précisé que celui-ci met notamment l’accent sur l’acquisition de capacités institutionnelles et le soutien à la stabilisation.

Le Représentant spécial était accompagné du Chef de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), M. Francisco Caetano José Madeira, qui a, de son côté insisté sur l’importance de bâtir des institutions dans les zones libérées, exhortant par ailleurs le Conseil de sécurité à rester saisi de la question des financements prévisibles et durables pour l’AMISOM.

Conscients des facteurs qui alimentent les attaques meurtrières des Chabab, comme le chômage des jeunes, la corruption et les conflits sous-jacents, plusieurs interventions ont également porté sur l’importance de mener des efforts de stabilisation pour combattre les causes profondes de la fragilité et des conflits dans le pays.

Outre le terrorisme, le Représentant spécial a averti du grave risque que le conflit qui oppose les forces du Somaliland et de Puntland dans la région de Tukarag, à Sool, ne dégénère.  Il a donc appelé à l’instauration immédiate d’un cessez-le-feu et à la reprise du dialogue politique.   « En plus de déplacements de masse, l’émergence d’un conflit anéantirait plus de 20 ans de coexistence relativement pacifique entre le Somaliland et le Putland », s’est-il notamment inquiété.

Les deux chefs de missions se sont aussi préoccupés des répercussions du différend du Golfe qui met à rude épreuve les relations entre les principaux acteurs somaliens, chacun prenant position en fonction de ses intérêts économiques et objectifs politiques et sécuritaires.

Aussi, le Chef de l’AMISOM a prié le Conseil de sécurité de demander aux pays du Golfe de s’abstenir de toute action qui pourrait nuire à la stabilité de la Somalie, tandis que M. Keating a insisté sur la prérogative du Gouvernement fédéral en matière de politique étrangère, soulignant aussi que les États fédérés doivent être consultés pour qu’ils accordent leur appui aux politiques qui les concernent directement.

« Le meilleur moyen de minimiser l’impact du différend du Golfe, a-t-il ajouté, est de promouvoir une plus grande unité somalienne », a notamment souligné le Représentant spécial du Secrétaire général.

Ce dernier a d’ailleurs vu dans l’élection d’un nouveau Président du Parlement, début avril, l’occasion de faire avancer le programme législatif du Gouvernement somalien en profitant d’une conjoncture rare: l’unité entre le Président, le Président du Parlement et le Premier Ministre.  Il a toutefois averti que la persistance de tensions entre les gouvernements fédéral et fédérés, ainsi que les déficits structurels risquent de contribuer à l’émergence de crises.  Pour y remédier, il a appelé à progresser dans l’établissement d’un forum constitutionnel qui réunirait les dirigeants des gouvernements fédéral et fédérés afin de réglementer les motions de censure, les procédures de destitution, ainsi que combattre la corruption.

« La récente crise au Parlement a montré l’importance pour toutes les parties de s’approprier les facteurs qui unissent tous les Somaliens et de rejeter ce qui continue à semer les graines de la division et de la tension », a indiqué de son côté M. Madeira.

Ce dernier a aussi indiqué que le Parlement fédéral allait recentrer ses efforts pour que l’examen constitutionnel soit mené à bien et ouvre la voie à des élections multipartites d’ici à 2022.  « La tenue, cette semaine, d’une réunion à ce sujet à Mogadiscio montre l’engagement de transformer les paroles en actes », a-t-il assuré.

La Côte d’Ivoire a néanmoins relevé que les tensions incessantes au sein du Parlement fédéral avaient eu des répercussions sur l’adoption de plusieurs projets de lois essentielles à l’édification de l’État somalien.

Au cours de son intervention, le délégué somalien a tenu à souligner que le Gouvernement somalien était sur le point de normaliser ses relations avec les institutions financières internationales.  Le Gouvernement est également sur la bonne voie vers un effacement de la dette, un point sur lequel a notamment insisté la Bolivie.

par -

L’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley, a posé mardi 15 mai 2018 un acte qui en dit long sur la distance qui nous sépare d’un vrai accord de paix en Palestine. En quittant la réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies juste avant que son homologue palestinien s’exprime, Haley a surtout confirmé que l’administration américaine a définitivement choisi Israël dans ce face à face sanglant qui dure depuis des décennies.

Avant de faire ce geste incroyable et insensé au regard des gros enjeux au Moyen-Orient, Nikki Haley a tout de même pris soin de défendre le carnage perpétré par l’armée israélienne à Gaza, pour stopper la vague de manifestations contre l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem, un projet que le président Donald Trump a tenu à finaliser en dépit de l’indignation de la communauté internationale.

Les États-Unis déplorent les morts mais il y a beaucoup de violence dans la région“, a déclaré Haley devant le Conseil de sécurité, rapporte l’AFP. Pourtant l’assistance avait fait ce qu’il fallait en observant une minute de silence au début de la réunion, à la mémoire des victimes. “Israël a fait preuve de retenue” lors des incidents de lundi, a osé affirmer l’ambassadrice américaine, ajoutant qu'”aucun pays dans cette salle n’aurait agi avec autant de retenue que ne l’a fait Israël“.

Avec Trump à la Maison Blanche, la paix dans le chaudron du Moyen-Orient n’a jamais paru aussi illusoire…

par -

Se disant profondément préoccupé par la lenteur du dialogue inter-burundais et « l’immobilisme » du gouvernement, le Conseil de sécurité a exhorté les autorités du Burundi à s’engager en faveur de ce dialogue afin d’aboutir à un accord avant les élections de 2020.

Le dialogue est le seul processus viable en vue d’un règlement politique durable au Burundi, a insisté le Conseil dans une déclaration de sa Présidence adoptée jeudi après-midi. Il a exprimé par ailleurs l’espoir que les élections de 2020 soient « libres, régulières, transparentes, pacifiques et pleinement ouvertes à tous ».

Dans cette déclaration, les membres du Conseil de sécurité condamnent « fermement » les violations des droits de l’homme commises dans le pays, y compris les exécutions extrajudiciaires, les actes de torture et les « actes de harcèlement et d’intimidation » visant la société civile et les journalistes.

Ils exhortent le gouvernement burundais à protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales, « conformément à la Constitution du pays et à ses obligations internationales ». Tous les responsables de violations, « y compris les membres des forces de sécurité et de partis politiques », doivent être traduits en justice, demande le Conseil de sécurité.

Par ailleurs, il exhorte le gouvernement à renouer les liens avec les partenaires internationaux, en particulier l’ONU, « d’une manière constructive et dans un esprit de confiance mutuelle ». Le Conseil regrette en particulier que le gouvernement ait suspendu toute coopération avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).

Le gouvernement burundais s’était pourtant engagé devant le Conseil des droits de l’homme à rétablir la pleine coopération mutuelle avec le HCDH et à accepter la visite d’une équipe de trois experts en vue de collecter des informations sur la situation des droits de l’homme.

Le Haut-Commissariat et le gouvernement doivent dialoguer afin de trouver « rapidement » une solution permettant au premier de reprendre pleinement ses activités, insiste le Conseil dans sa déclaration.

Enfin, constatant la suspension de l’aide par un certain nombre de partenaires, le Conseil appelle le gouvernement à créer des « conditions propices à la reprise de l’assistance » afin de faire face à la dégradation « persistante » de la situation humanitaire. Le Burundi compte près de 180.000 personnes déplacées et 3,6 millions de personnes dans le besoin.

Les autorités marocaines avaient fait de la prétendue incursion du Front Polisario dans la zone tampon du Sahara occidental le combat du moment ; Rabat avait même saisi l’ONU dimanche 1er avril 2018 et menacé de ses foudres la rébellion sahraouie. Et bien l’ONU a arbitré lundi 02 avril en déclarant formellement qu’aucun mouvement de ce type n’a été observé par les troupes chargées de veiller sur le respect du cessez-le-feu. C’est donc un combat diplomatique que Rabat a perdu.

«Plusieurs éléments armés du ‘Polisario’ se sont introduits dans cette zone, à bord de véhicules militaires, et y ont dressé des tentes, creusé un fossé et érigé des constructions à l’aide de sacs de sables», avait écrit l’ambassadeur du royaume auprès des Nations unies, Omar Hilale. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait même accusé l’Algérie d’être derrière cette “violation“, “pour modifier le statut de cette zone»  étroitement surveillée depuis le début des années 1990 par les Nations unies.
Réponse hier du porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric : la mission au Sahara occidental (Minurso) «n’avait observé aucun mouvement d’éléments militaires dans le territoire nord-est». «La Minurso continue de surveiller la situation de près», a-t-il indiqué, rapporte Jeune Afrique.

La nervosité de Rabat en ce moment est peut-être provoquée par les discussions au Conseil de sécurité sur le nouveau mandat de la Minurso. Une résolution dans ce sens sera soumise par la France, pour un vote aux environs du 25 avril 2018. D’ici là la tension diplomatique va monter crescendo, car il n’est un secret pour personne que la présence de l’ONU dans la zone irrite au plus haut point les autorités marocaines…

par -

Les opérations militaires, notamment les frappes aériennes, dans l’enclave rebelle de la Ghouta orientale, en Syrie, ont tué plus de 1.700 personnes depuis l’adoption de la résolution 2401 du Conseil de sécurité, le 24 février, qui réclamait un cessez-le-feu immédiat de 30 jours, a déclaré mardi 27 mars 2018 un haut-responsable onusien.

Selon le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Mark Lowcock, qui intervenait par vidéoconférence depuis Genève, ces derniers mois ont compté parmi les pires pour de nombreux civils en Syrie.

Des attaques contre des infrastructures civiles continuent d’être signalées, dont au moins 28 installations médicales qui ont été touchées depuis la mi-février.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la fréquence des attaques contre les centres et les personnels médicaux durant les deux premiers mois de l’année a triplé comparé à 2017.

M. Lowcock a aussi signalé que ces dernières semaines, au moins 78 personnes avaient été tuées à Damas et 230 autres blessées par des tirs provenant de la Ghouta orientale.

En outre, des dizaines de milliers de civils ont été déplacés et les informations indiquent que 80.000 d’entre eux ont été transportés vers la ville de Damas et le Damas rural, et 20.000 combattants et civils ont été transportés vers le nord-ouest du pays.

L’ONU réclame un accès humanitaire sans entraves

L’ONU s’est mobilisée en coordination avec le Croissant-rouge arabe syrien pour fournir un appui à ces populations évacuées. En outre, l’ONU se tient prête à acheminer de quoi nourrir 16.500 personnes à Douma, dans la Ghouta orientale, mais les lettres de facilitation doivent toujours être signées par le gouvernement syrien, a précisé M. Lowcock. L’ONU et ses partenaires doivent bénéficier d’un accès sans entraves à toutes les personnes affectées dans la Ghouta orientale, a-t-il ajouté.

Outre la Ghouta orientale, environ 183.500 personnes ont été déplacées par les hostilités dans le district d’Afrin et les villages qui les hébergent, notamment à Tal Refaat, Nubul et Zahraa, sont surpeuplés. Il y a deux jours, le 25 mars, un convoi interagence a livré une aide pour 50.000 personnes à Tal Refaat, mais d’une manière générale, les partenaires humanitaires peinent à atteindre cette région.

S’agissant du gouvernorat d’Idlib, « où la situation demeure catastrophique », le Secrétaire général adjoint a indiqué qu’aux 400.000 personnes déplacées depuis la mi-décembre, s’ajoutent des milliers de personnes venant de la Ghouta orientale dont la majorité ne parvient pas à trouver un abri.

M. Lowcock a par ailleurs fait savoir que 19 mars, l’ONU avait reçu, après une longue attente, l’autorisation des autorités syriennes pour le déploiement, à Raqqa, d’une mission d’évaluation du Service de la lutte antimines de l’ONU, du Département de la sûreté et de la sécurité des Nations Unies, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et de l’OMS.
Selon l’équipe du Département de la sûreté et de la sécurité, qui a pu s’y rendre le 22 mars, même si la ville est considérée « calme et stable », des risques considérables persistent en raison de la présence de mines et d’engins explosifs. Mark Lowcock a indiqué qu’une mission d’évaluation humanitaire était en cours de préparation et que les autorisations avaient été reçues pour organiser des convois humanitaires depuis Damas vers la frontière jordano-syrienne.

par -

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation au Moyen-Orient, l’envoyé de l’ONU dans cette région, Nickolay Mladenov, a invité Israéliens, Palestiniens et communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour avancer sur la voie d’une solution juste à deux Etats, Israël et Palestine.

M. Mladenov, Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, s’exprimait par vidéoconférence depuis Jérusalem, devant les membres du Conseil de sécurité.

Il a concentré son intervention sur les changements sur le terrain, tout en rappelant que ces derniers ne pouvaient pas être séparés du contexte plus large de l’occupation militaire israélienne du territoire palestinien, des incertitudes concernant la poursuite du processus de paix, et des mesures unilatérales qui sapent ce processus.

La résolution 2334 du Conseil de sécurité appelle Israël à cesser immédiatement toutes ses activités de colonisation dans le territoire palestinien occupé y compris Jérusalem-Est, a rappelé le Coordonnateur spécial, qui a répété que, pour les Nations Unies, toute activité de colonisation de ce type est considérée comme une violation du droit international et un obstacle majeur à la paix.

M. Mladenov a estimé que la poursuite de la colonisation illégale par Israël continue de menacer la viabilité d’une solution à deux États et d’éroder les perspectives de paix. La violence et l’incitation à la violence continue de part et d’autre et Israël doit calibrer son recours à la force, a-t-il estimé.

Malgré l’appel de la résolution 2334 aux différents parties, les déclarations provocantes de la part des différentes parties se sont poursuivies, que ce soit la glorification par le Fatah des auteurs d’attaques contre des civils israéliens ou le déni des liens religieux et historiques des juifs avec Jérusalem, ou encore les déclarations de dirigeants israéliens en faveur d’annexions de toute ou partie du territoire palestinien occupé, niant l’existence d’un « peuple palestinien » ou encore regrettant que les frappes militaires de représailles ne fassent pas assez de victimes parmi les militants.

La résolution 2334 appelle aussi à la prise de mesures pour inverser la tendance négative menaçant sur le terrain la solution à deux Etats. M. Mladenov a cité une série de « mesure positives et négatives » en ce sens.

L’économie de Gaza reste au bord de l’effondrement

Il a aussi fait observer que l’économie de la bande de Gaza restait au bord de l’effondrement, citant en particulier des coupures d’électricité supérieures à 20 heures par jour. Les services de base ne fonctionnent que grâce au carburant fourni par les Nations Unies et plus de 40% des médicaments essentiels manquent du fait de problèmes de financement.

Le Coordonnateur spécial s’est dit gravement préoccupé par l’état des efforts collectifs en vue de la paix. Le consensus de longue date de la communauté internationale sur le statut final, y compris en ce qui concerne le statut de Jérusalem et la question des réfugiés, doit rester le cadre directeur du processus de paix vers une solution finale à deux Etats, a-t-il plaidé. Toute déviation de ces principes serait dangereuse, a-t-il ajouté.
M. Mladenov a également rappelé sa préoccupation concernant le déficit de quelque 446 millions de dollars dans le financement de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), tout en saluant les annonces de contributions pour environ 100 millions de dollars faites lors de la conférence ministérielle extraordinaire de Rome.

par -

Dans sa course avec les Etats-Unis pour rentrer dans les bonnes grâces des Africains, ou plutôt de leurs marchés, la Russie a frappé un grand coup. En effet le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, actuellement en tournée en Afrique, en même temps que son homologue américain, a appelé, vendredi 09 mars 2018 en Ethiopie, la communauté internationale à accorder à l’Afrique la place qu’elle mérité au Conseil de sécurité de l’ONU, lequel pilote les affaires du monde. Les dirigeants africains qui courent derrière ça depuis un moment ne pouvaient pas rêver d’un meilleur parrainage. Rappelons que la Russie fait partie des 5 membres permanents du Conseil de sécurité (avec les USA, la France, le Royaume-Uni et la Chine).

Lavrov a tenu ces propos au cours d’une conférence de presse conjointe avec le chef de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, à Addis-Abeba. “La Russie a soutenu de manière persistante l’avis qu’une réforme du Conseil de sécurité est nécessaire”, mais cette démarche n’a de sens que “si le projet d’ensemble prend également en compte la question de la représentativité de l’Afrique”, le ministre russe des Affaires étrangères, rapporte Africanews.

A noter que cette question agite toutes les rencontres internationales sur le continent africain ces dernières années. Par exemple au sommet Afrique – France de 2017 à Bamako, au Mali, les chefs d’Etat africains avaient mis sur la table la nécessité de refonder la Charte des Nations Unies pour donner à l’Afrique deux sièges de membres permanents, avec droit de veto et deux autres de membres non-permanent. Mais cette requête a été accueillie par un silence assourdissant, les membres du club préférant rester entre eux, garder leurs bonnes vieilles habitudes au lieu de prendre le risque d’intégrer une Afrique qui va sans doute venir avec ses doléances, ses projets et forcément changer les équilibres géostratégiques. Une chose est sûre : Moscou, par cette sortie, met les autres membres du Conseil dans l’embarras. Si la Russie persiste dans cette voie, l’ONU ne pourra plus mettre sous le tapis les demandes d’un continent qui abrite un milliard de personnes, et beaucoup plus dans les décennies à venir…

FOCUS 🔍

Comme chaque année et pour la 8ème fois consécutive, Orange Tunisie a organisé son Orange Summer Challenge (OSC), le rendez-vous incontournable des jeunes technophiles,...

Le meilleur des RS

La loi antiraciste vient d'être votée par le Parlement, avec son lot de sanctions qui en refroidit plus d'un (fortes amendes et même peine...

INTERVIEW

Slim Feriani, le ministre de l'Industrie et des PME et de l'Energie par intérim, a récemment accordé à Africanmanager une interview exclusive où il...

AFRIQUE

Le compte satellite du tourisme en 2017 publié par le Haut Commissariat au Plan (HCP) et rapporté par Telquel.ma, fait « ressortir une nette amélioration...

Reseaux Sociaux

SPORT

La joueuse de tennis tunisienne Ons Jabeur (101e mondiale) a poursuivi son aventure réussie au tournoi "Kremlin cup" de Moscou, doté de 767.000 dollars,...