AccueilLa UNEDécarbonation : Construire moins et mieux

Décarbonation : Construire moins et mieux

La décarbonation , voilà l’un des défis majeurs auquel le monde est en train de s’atteler pour s’offrir une vie indemne des effets nocifs du dérèglement climatique. En Tunisie, c’est sous l’angle des matériaux de construction, singulièrement le ciment que cette approches est développée

Un rapport publié par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et le Centre Yale pour les écosystèmes et l’architecture (Yale CEA) appelle à fédérer la communauté internationale pour améliorer la décarbonisation des matériaux de construction conventionnels et transformer le béton, l’acier et l’aluminium, responsables de 23 % des émissions mondiales aujourd’hui, ainsi que le verre et les briques, pourrait aider à décarboniser ce secteur, perçu comme l’un des plus polluants et à réduire les déchets qu’il génère.

Intitulé « Building materials and the climate » Constructing a new future », il propose aux décideurs politiques, aux fabricants, aux architectes, aux promoteurs, aux ingénieurs, aux constructeurs et aux recycleurs une solution en trois volets pour réduire les émissions de « carbone incorporé » et les effets négatifs sur les écosystèmes naturels de la production et de la mise en œuvre des matériaux de construction (par exemple, le ciment, l’acier, l’aluminium, le bois d’œuvre, la biomasse).

Il plaide ainsi, en faveur d’une approche circulaire pour éviter les déchets. Cette approche consiste à construire moins en réutilisant les bâtiments existants, ce qui génèrerait 50 à 75 % d’émissions en moins que les nouvelles constructions et à promouvoir la construction avec moins de matériaux et avec des matériaux, dont l’empreinte carbone est plus faible et qui facilitent la réutilisation ou le recyclage.

Privilégier les biosourcés

Il faut également, d’après ce rapport, privilégier les matériaux de construction biosourcés, renouvelables et d’origine éthique et durable, notamment le bois d’œuvre, le bambou et la biomasse.

Le passage à des matériaux biosourcés correctement gérés pourrait entraîner, dans de nombreuses régions, des réductions d’émissions cumulées allant jusqu’à 40 % dans le secteur d’ici à 2050, constate le rapport du PNUE. « Toutefois, un soutien politique et financier plus important est nécessaire pour garantir l’adoption généralisée des matériaux de construction renouvelables d’origine biologique ».

« La priorité devrait être accordée à l’électrification de la production à l’aide de sources d’énergie renouvelables, à l’augmentation de l’utilisation de matériaux réutilisés et recyclés, et à l’extension des technologies innovantes. La transformation des marchés régionaux et des cultures de construction est essentielle grâce aux codes de construction, à la certification, à l’étiquetage et à la formation des architectes, des ingénieurs et des constructeurs aux pratiques circulaires ».

La solution à trois volets « Avoid-Shift-Improve » (Eviter-Changer-Améliorer), doit être adoptée tout au long du processus de construction pour garantir la réduction des émissions et la protection de la santé humaine et des écosystèmes de biodiversité.

« Jusqu’à récemment, la plupart des bâtiments étaient construits avec de la terre, de la pierre, du bois et du bambou d’origine locale. Pourtant, les matériaux modernes tels que le béton et l’acier ne donnent souvent que l’illusion de la durabilité, finissant généralement dans les décharges et contribuant à la crise climatique croissante », « Il est possible d’atteindre le niveau zéro dans le secteur du bâtiment et de la construction d’ici 2050, à condition que les gouvernements mettent en place les politiques, les incitations et les réglementations adéquates pour faire évoluer l’action de l’industrie », a déclaré Sheila Aggarwal-Khan, directrice de la division Industrie et économie du PNUE et citée par le programme.

A l’horizon 2050

En Tunisie, plusieurs initiatives ont été lancées, et notamment le processus de tarification carbone dans le secteur cimentier, ainsi que l’inclusion de ce secteur dans le portefeuille de projets se prêtant à des applications de marché du carbone.

Il  a été considéré une baisse du ratio clinker/ciment. La tendance baissière s’accélèrerait jusqu’en 2050, en misant sur le renforcement des pressions sur le secteur cimentier au niveau international (notamment taxes carbone) qui susciteraient des programmes ambitieux d’innovations technologiques ; donnant de plus en plus de place à des ciments composés peu intensifs en carbone, voire à de nouveaux liants.

Bien que le ratio clinker/ciment considéré pour la Tunisie resterait plus élevé que celui attendu à l’échelle internationale, cet objectif moins ambitieux serait relayé et donc compensé, dans le scénario BaC, par l’entrée en lice progressive de systèmes de captation et de stockage du carbone, à partir de 2040.

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