AccueilLa UNEDepolmed, allié de la lutte contre la pollution côtière

Depolmed, allié de la lutte contre la pollution côtière

Alors que les températures se signalent par des niveaux inhabituels en cette période de l’année, les plages accueillent de plus denses flux de baigneurs avec leur corollaire, qui est de mettre à mal la qualité de l’eau et l’encombrement des espaces balnéaires de toutes sortes de matières et substances polluantes.

L’une des régions les plus polluées au monde est la Mer Méditerranée. Importante plaque tournante du commerce, elle représente 0,8% de l’océan mondial et est massivement polluée. Sacs et bouteilles plastiques, canettes en métal, emballages alimentaires, cordes synthétiques, filets de pêche, cotons et vêtements… sont rejetés à la mer. Chaque année dans le monde, 8 millions de tonnes de plastiques sont déversées dans les océans, dont 200 000 tonnes en Méditerranée. L’ONG WWF estime qu’elle est « quatre fois plus polluée que le 7e continent de plastique ».

La Tunisie prend rang de pays qui se prête à ce phénomène qui a souvent les allures d’un fléau, mais apparemment sans baisser les bras. C’est ainsi que l’Office National de l’Assainissement (ONAS) organise, les 23, 24 et 25 juin 2025, des ateliers techniques dans l’objectif d’évaluer l’état d’avancement du programme DEPOLMED et d’aborder les aspects techniques de sa mise en œuvre, afin de renforcer et d’accélérer sa réalisation dans les meilleures conditions.

D’après l’ONAS, ces ateliers réuniront l’ensemble des parties prenantes du programme, issues du secteur public, de la société civile, ainsi que des experts en environnement et en communication.

DEPOLMED est un programme stratégique destiné à contribuer à la protection des côtes tunisiennes, dans le cadre d’un engagement collectif en faveur de la sauvegarde de la Méditerranée. Ce programme vise à renforcer les infrastructures d’assainissement dans les zones côtières et à réduire la pollution hydrique, qui a un impact négatif sur l’écosystème marin ainsi que sur l’économie locale.
Le programme adopte une approche participative et intégrée, impliquant les institutions publiques, les organisations de la société civile et les citoyens. Il bénéficie d’un financement global de 140 millions d’euros, assuré par trois partenaires stratégiques à savoir l’Agence Française de Développement (60 millions d’euros), la Banque Européenne d’Investissement (69,6 millions d’euros) et l’Union Européenne (10,4 millions d’euros sous forme de don).

Ces ressources sont mobilisées pour des composantes clés telles que la réhabilitation et l’extension de stations d’épuration côtières afin d’augmenter leur capacité et d’améliorer la qualité des eaux traitées, la réhabilitation des réseaux et stations de pompage pour une collecte sécurisée des eaux usées, le renforcement des capacités techniques et managériales de l’ONAS et la mise en œuvre d’un plan de communication national et régional, visant à sensibiliser le public à la citoyenneté environnementale.

Jusqu’à 2028, peut-être au-delà

La phase 1 de ce programme (DEPOLMED-I) qui a démarré en 2018, se poursuivra jusqu’à 2028. À ce jour, des interventions ont été réalisées dans 13 gouvernorats côtiers, avec un taux d’avancement actuel estimé à 60%. D’après l’ONAS, cette première phase marquera une étape décisive dans l’amélioration des services d’assainissement en Tunisie et confirmera l’engagement du pays dans le cadre des conventions régionales pour la protection de la Méditerranée.

La mer Méditerranée est l’un des écosystèmes les plus riches au monde, avec plus de 10 000 espèces marines, dont 30 % endémiques. Le littoral tunisien s’étend sur 1300 kilomètres, abrite près de 70% de la population du pays et concentre également, l’essentiel de l’activité touristique et industrielle. Mais cette densité humaine et économique exerce une forte pression sur l’environnement.
La mer Méditerranée souffre, en effet, d’une dégradation accélérée due à la pollution industrielle, aux eaux usées et aux changements climatiques. D’où la nécessité d’actions concrètes pour limiter cette pollution, protéger la santé publique, sauvegarder les ressources marines et soutenir les efforts de développement durable.

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