AccueilLa UNEEau: Une année encore plus difficile que la précédente

Eau: Une année encore plus difficile que la précédente

Pour un pays semi-aride comme la Tunisie, l’été est naturellement synonyme de tourment hydrique. Et lorsque le changement climatique s’en mêle, les choses se corsent à un point tel que se pose avec acuité la question des coupures tournantes d’eau. Selon toute vraisemblance, on n’en est pas encore là, l’heure étant aux appels presque pathétiques à la rationalisation de cette ressource vitale.   

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Ce qui est certain, c’est que l’année en cours s’annonce encore plus difficile que 2020. Le directeur général de la SONEDE, Mosbah Helali,  l’a certifié dans un entretien  à TAP, soulignant que, déjà, à la  date du 28 juin 2021, la capacité de stockage des barrages a régressé de 43,9% en 2021, contre 76,1% en 2019. Cette baisse est due à la sécheresse qui a frappé la Tunisie, durant deux années successives, outre la régression du niveau des ressources dans les puits profonds. Et puis, sur 1000 puits exploités par la Sonede, certains sont à sec, tandis que d’autres ont enregistré une baisse du niveau de l’eau. Ces puits se trouvent particulièrement, dans les régions de Zaghouan, du Kef et de Gafsa.

Il reste que les  difficultés liées à l’approvisionnement en eau différent d’une région à une autre. Certaines zones comme le Sahel, le Cap-Bon, Sfax, le sud-est et Gafsa connaîtront cet été des coupures, et ce, en raison de la densité de la population et de l’activité industrielle dans ces zones qui souffrent déjà d’un déficit structurel en eau. A titre d’exemple, la région de Sfax enregistre un déficit estimé à 15%. Les régions du Sud-est, de Tataouine et de Gabès présentent un déficit de 25%. Il est donc impératif de rationnaliser la consommation en eau afin de faire face à cette situation.

Le Tunisien, un « gaspilleur » d’eau !

Au sujet de la nature des mesures à prendre pour mettre à disposition les  quantités d’eau nécessaires, le DG de la SONEDE a d’abord constaté que le Tunisien est considéré généralement, comme un gaspilleur d’eau car c’est un produit qui n’est pas cher. La moyenne de consommation d’eau par habitant est très élevée en Tunisie par rapport aux ressources disponibles. Elle est estimée à 120 litres par jour, dont 100 litres destinés à usage domestique.

A court terme, la Sonede a lancé un programme qui comprend 157 interventions dans les différentes régions du pays, afin de creuser de nouveaux puits profonds, renforcer la capacité de pompage d’eau, et améliorer les conduites d’eau et les équipements dans plusieurs régions. Le taux de réalisation de ce programme s’élève à ce jour, 70%.

Sur le moyen et le long terme, la société prévoit la mise en œuvre de son plan quinquennal 2021-2025, lequel regroupe d’importants projets, moyennant 3,5 milliards de dinars. Parmi ces projets, figure la finalisation de la station de dessalement de l’eau de mer dans la région de Zarat à Gabès (sud de la Tunisie), qui sera dotée d’une capacité de production journalière estimée à 50 mille m3, laquelle pourrait être portée à 100 mille m3 par jour. Le taux d’avancement des travaux de ce projet (qui approvisionnera les gouvernorats de Gabès, Médenine et Tataouine en eau) est de l’ordre de 60%.

La société envisage, également, le lancement, durant ce mois de juillet 2021, du projet de station de dessalement de l’eau de mer de Sfax, dont la capacité de production est de 100 mille m3 par jour, extensible à 200 mille m3 par jour.

Elle prévoit, en outre, la réalisation de 6 autres petites stations de dessalement des eaux souterraines salines dans les gouvernorats de Tozeur, Gafsa, Sidi Bouzid, Kébili et Médenine.

Par ailleurs, elle lancera, en août 2021, les travaux de la station d’épuration des eaux de surface à El Kalâa El Kobra, d’une capacité de production de 350 mille m3 par jour. Cette station desservira les gouvernorats du Sahel, Sfax et Kairouan.

Pour ce qui est du renforcement du réseau d’approvisionnement d’eau dans le Grand Tunis, la Sonede a programmé la réalisation d’une station de traitement dans la région de Bejaoua, dont la capacité de production journalière sera de 350 mille m3.

Au vu de toutes les considérations liées à l’eau, la conviction s’est forgée que «  nous ne pouvons plus vivre selon le même modèle qu’il y a 10 ou 15 ans, en raison des changements climatiques, d’autant que nos besoins sont en hausse et les ressources sont en baisse », a dit Mosbah Helali. « Il faut donc, convaincre les citoyens de la nécessité de rationaliser leur consommation d’eau et de l’importance de prendre en considération la succession des années de sécheresse. J’appelle, par ailleurs,  à aider la société à réaliser ses projets et j’invite les citoyens à ne pas mettre des obstacles aux projets réalisés dans certaines régions », a-t-il conclu.

1 COMMENTAIRE

  1. déjà depuis début juin une coupure quotidienne d’eau de la Sonede de 9H du soir jusqu’à 5 H du matin . Ou sont les projets de dessalement d’eau de mer de Sousse et Sfax pour alimenter au moins l’agriculture , l’hôtellerie consommatrice et l’industrie consommatrice d’eau .

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