L’accord « historique » entre la Tunisie et l’Union européenne continue de susciter des remous, en Tunisie certes, mais davantage au sein de l’UE dont des pays membres s’agacent d’être traités par-dessus la jambe et de ne pas avoir droit au chapitre alors que, soutiennent-ils, c’est leur droit légitime d’y être pleinement associés. C’est notamment le cas de l »Allemagne et de certaines organisations de l’UE qui ont réagi négativement contre ce pacte avec la Tunisie signé, selon elles, « sans leur consultation et déplace la politique migratoire vers la droite ».
Des documents divulgués par le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères cette semaine ont révélé l’inquiétude allemande d’être exclue du récent accord de migration de la Commission européenne avec la Tunisie, qui a été en partie négocié par la Première ministre italienne Giorgia Meloni.
Le magazine « The European Conservative », qui a eu accès à ces documents, souligne que l’accord en question « s’appuie sur les précédentes relations diplomatiques menées par Meloni et son gouvernement pour renforcer les relations avec les gouvernements nord-africains alors que Rome cherche à projeter son influence régionale dans les domaines du contrôle des migrations et de la sécurité énergétique ».
Selon un briefing interne du ministère fédéral des Affaires étrangères, confirme-t-il, l’Allemagne et 12 autres États membres n’ont pas été correctement consultés sur l’accord rapide avec la Tunisie. Le briefing a également affirmé que le Conseil européen, considéré comme le principal forum des gouvernements nationaux à Bruxelles, a également été ignoré dans le processus.
Le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères est dirigé par la ligne dure du Parti vert Annalena Baerbock, qui considère l’accord tunisien comme une violation de l’État de droit et ne va pas assez loin dans l’ouverture de routes migratoires pour les Tunisiens vers l’Europe.
Le briefing poursuit en disant qu’il était inapproprié que l’accord soit signé avec le gouvernement tunisien, sans l’approbation du Conseil ou des États membres, avec un préavis de moins de cinq semaines.
L’accord tunisien a également apparemment irrité le service diplomatique de l’UE, le Service européen pour l’action extérieure, les diplomates de France, d’Autriche, de Belgique et de Grèce se sentant irrespectueux par la décision de signer sur la ligne pointillée avant une consultation appropriée, affirme la même source.
Accord mis en doute par Saied
Malgré les critiques, fait remarquer The European Conservative, l’efficacité de l’accord est déjà mise en doute, le président tunisien Kais Saied déclarant que sa nation ne deviendrait pas le « garde-frontière » de l’Europe et que son pays ne rapatrierait que les Tunisiens entrés illégalement dans l’UE et non subsahariens Africains.
Le magazine qui indique que « la Tunisie connaît une vague de violence raciale contre les migrants subsahariens qui se sont installés dans le pays, et est un point de transit vers l’Europe par la route précaire de la mer Méditerranée ».
Les groupes occidentaux de défense des droits de l’homme dirigent de plus en plus leur colère contre la Tunisie, alors que des responsables de l’État ont confirmé des informations faisant état de migrants africains bloqués dans le désert libyen après leur expulsion par les services de sécurité tunisiens.
L’économie tunisienne est en grande partie stagnante depuis la révolution du printemps arabe en 2011, l’industrie touristique nationale étant durement touchée par les attentats terroristes contre les touristes européens en 2015, rappelle The European Conservative.








