AccueilLa UNEEnergies renouvelables: Le rendez-vous (presque) manqué avec le solaire!

Energies renouvelables: Le rendez-vous (presque) manqué avec le solaire!

Dans plus d’un lustre et moins d’une décennie, la Tunisie devra avoir réalisé l’un des objectifs de son plan solaire tunisien, à savoir  la production de 3815 mégawatts (MW) d’électricité, à partir des énergies renouvelles et partant augmenter la part de ces énergies dans la production globale à 30 % en 2030.

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Mais c’est comme si quelque part on tire des plans sur les comètes, car depuis  l’adoption de ce plan en 2015, la capacité d’énergie installée n’a pas dépassé jusqu’à 2019, les 3%, soit moins de 400 (MW), et partant, il n’ya pas de quoi pavoiser en dépit de toutes les mesures et programmes de soutien financés par les bailleurs de fonds internationaux et les agences de coopération technique.

La Tunisie, dont les jours d’ensoleillement sont de l’ordre de 75% par an, aspire toujours à exploiter ses capacités et ses potentialités en matière de rayonnement solaires, à travers la mise en œuvre de ce plan, dont la première version remonte à 2009, (actualisée depuis), ainsi qu’à travers l’établissement d’un cadre juridique et réglementaire adapté.

Cadre règlementaire lacunaire

La Tunisie a relativement, réussi la mise en place d’un cadre règlementaire favorable au développement des énergies renouvelables. Elle a également, établi les modes d’acquisition et de vente des énergies renouvelables en passant inéluctablement, par la STEG, qui organise et chapeaute d’une manière exclusive, le réseau de distribution d’électricité dans le pays .

A cet égard, les autorités en charge de l’énergie  en Tunisie ont fixé la capacité minimale de vente d’électricité produite à partir d »énergie renouvelable souscrite auprès de la STEG, à 2 MW, conformément à l’arrêté ministériel paru le 15 mai 2020 au JORT.

Cette décision permet aux entreprises et sociétés, définies par la loi, de produire l’électricité à partir des énergies renouvelables à des fins d’autoconsommation (2015) et de vendre une partie de leur production aux gros consommateurs.

A noter que le cadre juridique permet, en vertu d’un arrêté du gouvernement du 25 février 2020, de créer des sociétés d’autoproduction d’électricité à partir des énergies renouvelables et de vendre la production à de gros consommateurs. Ces sociétés bénéficient du droit de transport de l’électricité via le réseau national, en respectant les conditions d’octroi d’autorisations, y compris celles relatives au transport d’électricité et à la vente du surplus de production à la STEG.

Le travail de sape de l’administration

La reconnaissance internationale des efforts déployés par la Tunisie, pour développer le cadre juridique et les politiques de maîtrise de l’énergie et d’efficacité énergétique, ne cache pas les obstacles auxquels font face les propriétaires d’entreprises d’installation des équipements photovoltaïques et des autres entreprises opérant dans le domaine des énergies renouvelables en Tunisie.

Dans des déclarations à l’agence TAP, des représentants de ces sociétés, ayant requis l’anonymat de crainte  de voir leurs projets entravés par l’administration, ont déclaré que « la bureaucratie et le désengagement des structures chargées de faciliter la tâche aux entreprises opérant dans le domaine des énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire, sont devenus insupportables ».

La Chambre Syndicale du Photovoltaïque avait appelé l’ANME (Agence nationale de maîtrise de l’énergie), à intervenir pour supprimer les documents entravant le versement des primes aux entreprises, sachant que pour certaines entreprises, le versement de ces primes a accusé des mois de retard sous prétexte de dossiers incomplets.

Parmi ces documents, ceux relatifs à l’approbation technique et à la mise en marche des équipements que la Chambre juge contradictoires avec la demande de raccordement à la STEG. La communication défaillante de l’administration avec les acteurs du secteur dérange également, certains dirigeants d’entreprises que le journaliste de TAP a rencontrés.

L’ANME avait revu à la baisse la prime destinée aux équipements de capacité installée égale ou inférieure à 1,5 KW à 500 Dinars/kW installé, au lieu de 1200 dinars, expliquant cette réduction par sa volonté de rationaliser l’utilisation des primes octroyées par le Fonds de Transition Énergétique (FTE).

Cette mesure a suscité la colère des propriétaires des entreprises d’installation d’équipements photovoltaïques, pour qui la catégorie ciblée par cette réduction (capacité installée égale ou inférieure à 1,5 kW) n’est autre que la catégorie la plus concernée ; laquelle appartient à la classe à revenus moyens. La baisse de la subvention n’encouragera pas les citoyens à recourir à l’énergie photovoltaïque et impactera, à son tour, l’activité et les revenus des entreprises, d’après ces opérateurs.

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