Est-ce l’Acte Un de l’Etat digital ?

Est-ce l’Acte Un de l’Etat digital ?

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Innombrables sont les réflexions, le plus souvent annoncées en grande pompe, engagées pour la modernisation de l’administration tunisienne que tout le monde jugeait, pourtant, anachronique, tentaculaire et paralysante. Des travers qui déteignent sur les prestations destinées aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises avec les contrariétés, retards et blocages qui entachent la qualité d’un service public qui vit de l’argent de ses administrés.

Malgré toute la bonne volonté dont semblaient avoir fait preuve tous ceux qui se sont succédé à la tête de ce mammouth que l’on nomme l’administration, les faits ne plaident que peu pour des avancées qui auraient fait de la Tunisie un pays qui serait bien meilleur que ce qu’il est maintenant, surtout depuis 2011. Gangrenée, plus est, par une corruption à laquelle la guerre qui lui a été déclarée voici bientôt deux ans semble avoir expiré beaucoup plus tôt que la fin du mandat de celui qui l’avait lancée.

Regagner la confiance des usagers

Le salut viendrait-il par la digitalisation qui permettrait à l’administration au moins de rattraper son retard ? Un atelier de travail lui a été consacré, vendredi, plus précisément aux résultats du Baromètre mesurant la qualité des services de l’administration tunisienne en ligne. Il s’agit de conforter le rôle de l’administration publique et de consacrer le droit du citoyen à des prestations administratives de qualité conformément à l’article 15 de la constitution qui stipule que » L’administration publique est au service du citoyen et de l’intérêt général » comme l’a souligné le ministre de la Fonction publique, Kamel Morjane qui l’administration tunisienne a œuvré au développement d’un baromètre à même de cerner les manquements constatés dans l’ensemble des services fournis aux citoyens .

” La numérisation de l’administration est une occasion réelle pour le service public de rétablir la confiance des usagers à travers la diminution des délais d’attente et la réduction du nombre des plaintes déposées contre les manquements administratifs “, a indiqué encore le ministre, soulignant , dans ce sens, la mise en place prochainement d’une plateforme nationale d’échange digitale de donnés (Cloud National) regroupant tous les systèmes de donnés nationales (Data Center) et le lancement d’un site web unique pour les services administratifs en ligne avec le concours du ministère concerné. Une fois ouvert au public, ce site permettra de faciliter aux citoyens l’obtention, en toute sécurité, des documents administratifs de manière rapide et optimale. Cinq départements ministériels sont désormais reliés par le système national de gestion électronique des courriers (Plateforme d’interopérabilité), permettant ainsi de donner plus d’efficacité et de rapidité à l’administration. Ledit système sera généralisé à l’ensemble des ministères, fin 2019, a-t-il précisé.

Plateforme d’interopérabilité

Pour sa part le représentant résident de la Banque Mondiale (BM), Tony Verheijen, a souligné l’importance de l’appui du Fonds ” Moussanada ” (bailleur géré par la BM avec le soutien de l’Union Européenne, la Confédération Suisse et le Royaume Uni) au projet de digitalisation de l’administration tunisienne.

Il a relevé à ce propos qu’un prêt à hauteur de 100 millions de dollars a été consacré en juin 2018 pour faciliter la digitalisation des services notamment dans le domaine de l’éducation, de l’assistance sociale et du service social. Cependant, a-t-il précisé, le prêt en question n’a pas été approuvé par l’Assemblée des Représentants du Peuple, entravant ainsi la mise en œuvre de ce programme.

Tony Verheijen a estimé que cette initiative est très importante pour la Tunisie, qui demeure en retard par rapport aux autres pays dans le domaine de la digitalisation et de la modernisation de l’administration.

” Il faut que ce processus de digitalisation soit engagé pour permettre à la Tunisie de rattraper son retard d’autant que la Tunisie dispose d’un service public performant lancé au lendemain de l’indépendance. “, a-t-il plaidé.

De son côté le directeur général de l’Unité de l’Administration Electronique, Khaled Sellami, a mis l’accent sur les objectifs du baromètre des services administratifs en ligne. Il s’agit d’instaurer un processus d’amélioration continue de la qualité des services en ligne, de garantir la participation les usagers dans le développement des services administratifs en ligne, de créer une dynamique dans l’écosystème digital et d’accroître la confiance des usagers des services publics dans l’Etat.

Il a passé en revue quelques variables pris en compte par le baromètre pour mesurer l’impact des services administratifs à savoir la flexibilité des horaires des administrations, la proximité de l’administration, la complexité des démarches administratives, et enfin la satisfaction sur les démarches administratives.

AM avec TAP

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