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Flux financiers illicites : La Tunisie première dans le monde arabe. Des pertes colossales !

L’Observatoire Tunisien de l’Economie (OTE) et le réseau africain pour la justice fiscale, ont organisé ce jeudi 26 décembre 2019, une conférence panafricaine sur la justice fiscale et les flux financiers illicites. Le sujet, est d’une actualité brûlante en Tunisie, pour des gouvernements qui ont fait de la lutte contre la fraude fiscale et l’économie parallèle, une priorité qui n’est pas toujours mise au concret.

Kamel Amine, coordinateur de projets au sein de l’observatoire Tunisien de l’Economie, a annoncé dans une déclaration faite à Africanmanager, que le volume de flux financiers illicites en Afrique a atteint les 50 milliards de dollars, affirmant que ce phénomène a pris de l’ampleur et pèse lourdement sur l’économie des pays africains.

Il a, par ailleurs, assuré que la Tunisie est le premier pays arabe en termes de flux financiers illicites, et ce sous forme de fausses facturations. Et de préciser que les fausses déclarations douanières, l’évasion fiscale, la traite des êtres humains, la contrebande des armes, sont derrière l’augmentation vertigineuse de ce phénomène dans le continent africain.

Pour lutter contre ce fléau, le responsable a fait savoir que l’OTE a recommandé la mise en place d’une série de nouvelles lois et approches innovatrices, afin de détourner les fruits de cette activité, économique et financier, à caractère criminelle, dans de projets de développement en Tunisie.

« L’Observatoire Tunisien de l’Economie a présenté une batterie de projets de lois aux députés de l’assemblée des représentants du peuple. La lutte contre le flux financiers illicites, notamment les fausses facturations du commerce extérieur, permettrait à la Tunisie de réduire sa dépendance aux prêts extérieurs et leurs conditionnalités. Le classement de la Tunisie en tête des pays arabes en termes de flux financiers illicites, devrait porter la lutte contre ce fléau en priorité absolue du gouvernement… ».

Kamel Amine a, en outre, évoqué les efforts qui ont été menés par les pays africains afin de lutter contre cette « hémorragie » financière, signalant que la Tunisie a participé à cette campagne. « Depuis l’année 2015, une large campagne africaine composée de 42 pays a été lancée avec la participation de la Tunisie. Notre pays a, dans ce contexte, présenté des recherches, des études et de nouvelles visions, permettant ainsi de renforcer le rôle de notre pays dans leur lutte contre les flux financiers illicites. Tous ensemble, nous œuvrerons à éradiquer ce fléau qui menace non seulement l’économie du continent africain, mais aussi qui génère de grosses pertes financières pour la Tunisie» a-t-il affirmé.

On rappelle que les experts de l’OTE affirment que les flux financiers illicites correspondent à tous les fonds obtenus, transférés ou utilisés, de façon illicite au-delà des frontières d’un pays. C’est l’illégalité qui est ici la principale caractéristique de cette activité, et qui se retrouve dans la façon dont les fonds ont été acquis, par exemples, par des activités criminelles, dont ils sont transférés, par exemple la fraude fiscale, ou dont ils sont utilisés pour le financement du terrorisme. La fuite des capitaux, quant à elle, correspond aux fonds qui sortent d’un pays ou du continent, souvent en raison d’instabilités économiques, mais il n’y a pas nécessairement de caractère illicite !

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