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lundi 10 août 2020
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Guerre des chapelles pour déloger Fakhfakh, avec Saïed en arbitre

Nouvelle crise politique donc en Tunisie, à quelques jours des vacances parlementaires, qui assureront que ce funeste épisode s’enlisera au moins jusqu’à octobre prochain. Officiellement, la crise a été déclenchée par le parti islamiste tunisien Ennahdha, lorsque le président de la Choura Abdelkrim Harouni a annoncé le début des négociations pour la constitution d’un nouveau gouvernement avant de se faire rappeler à l’ordre par le chef de l’Etat. Le parti islamiste tunisien ouvre ainsi, officiellement, les hostilités contre le chef du gouvernement, après lui avoir vainement demandé d’inclure Qalb Tounes dans la coalition gouvernementale.

Devant le chef du gouvernement avec sa tête des mauvais jours, et en présence du secrétaire général de l’UGTT qui s’était de nouveau invité dans la crise politique en appelant carrément à des législatives anticipées, le chef du gouvernement Elyes Fakhfakh écoutait la leçon de droit constitutionnel de Kais Saïed. Ce dernier ne le soutenait pas. Il disait seulement qu’il n’y aura pas de pourparlers avant, soit la démission de Fakhfakh, soit le vote d’une motion de censure à son encontre et forcément son gouvernement. Le chef de l’Etat tunisien répondait ainsi à Ennahdha qui vendait la peau de l’ours avant de l’avoir abattu, et déclarait avoir mandaté Rached Ghannouchi pour conduire les négociations de constitution d’un nouveau gouvernement. Après ce cours de droit constitutionnel, il faudra donc attendre qu’Ennahdha réunisse les 72 signatures pour une possible motion contre Elyes Fakhfakh, et les 109 voix pour la voter en plénière.
En attendant, les partis qui soutiennent Elyes Fakhfakh en lead desquels Ettayar de Mohamed Abbou, préparent une motion de censure contre Rached Ghannouchi, pour le descendre du Perchoir. La manœuvre est claire et nette. Le Perchoir du Bardo contre La Kasbah.

Avec lui, le ministre d’Etat Mohamed Abbou pourrait mobiliser le MP (Mouvement Populaire) du ministre Ghazi Chaouachi (réunis dans le groupe démocratique), le groupe de Hassouna Nasfi, le groupe de Tahya Tounes de Youssef Chahed, les Indépendants (9 membres) même Abir Moussi qui s’allierait à n’importe qui pour tomber Ghannouchi.
Le groupe démocratique, de Abbou & Co, avait pourtant refusé de voter en faveur du même type de motion de censure anti-Ghannouchi, lorsque cette motion avait été une première fois présentée par les Destouriens d’Abir Moussi. S’agissant désormais de sauver « leur soldat » Fakhfakh, Abbou & Co reprennent l’initiative à leur compte, et espèrent monnayer le Perchoir contre La Kasbah, où Elyes Fakhfakh ne semble donner aucun signe de démission.
Et comme une nouvelle confirmation, ce lundi 13 juillet 2020 le groupement des entreprises où le chef du gouvernement tunisien pourrait être accusé de conflit d’intérêts, sort de son silence et menace même tous ceux qui lui porteraient préjudice par des déclarations ou des publications.
Avec sa dernière position de stricte application de la Constitution, le chef de l’Etat tunisien Kais Saïed qui refuserait ainsi de se mouiller dans la guéguerre que se livrent presque tous les partis politiques de l’ARP, se pose en « arbitre ». Cette dernière, pourrait se compliquer un peu plus, si Ennahdha décidait de ne pas déférer à la menace de descendre son leader du Perchoir et entamait l’introduction d’une motion de censure contre Fakhfakh.

On attendra donc pour voir si Elyes Fakhfakh connaîtra le même sort qu’Elyes Mnakbi qui n’avait pas voulu démissionner de Tunisair sous la pression du ministre Nahdhaoui du Transport, et que Fakhfakh avait fini par renvoyer de force.
On attendra aussi, peut-être jusqu’après les vacances parlementaires, pour savoir si Fakhfakh sera, après Habib Essid, le 2ème chef de gouvernement qui vivra le retrait de confiance comme une procédure de clabaudage, qui dépasse le simple renvoi pour incompétence de gestion, puisqu’il n’a que quelques mois à son actif, pour toucher la personne même du chef de gouvernement où l’accusation de conflit d’intérêts pourrait l’éclabousser pour faits de « Fassed », ou corruption, et sortirait l’ancien Ettakattol, une deuxième fois, par la petite porte après son cuisant échec aux présidentielles de 2019.

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