Haykel Jalel, expert et conseiller en matière douanière et de change, a affirmé que le Code des changes actuel remonte à 1976 et a été élaboré dans un contexte économique totalement différent de la réalité économique et financière actuelle. À l’époque, il visait à encourager les exportations et à encadrer les relations entre l’État et les acteurs économiques en matière de transfert de fonds.
il a expliqué, au micro d’Expresso, mardi 5 mai 2026, que ce code, malgré son rôle historique, n’est plus aujourd’hui en mesure de suivre les transformations profondes de l’économie mondiale, notamment avec l’émergence de l’économie numérique et du commerce électronique.
Il a indiqué que les débats en cours au sein de l’Assemblée des représentants du peuple, en coordination avec le ministère des Finances et les différentes parties concernées, reflètent l’existence de trois approches : la première plaide pour une réforme globale intégrant le Code des changes dans une vision économique cohérente, la deuxième soutient une révision progressive accompagnant les évolutions mondiales, tandis qu’une troisième approche met en avant la nécessité de confier à la Banque centrale un rôle central dans l’élaboration de la réforme, en tant qu’instance technique compétente.
L’expert a insisté sur le fait que la réforme n’est plus une option mais une nécessité, compte tenu des complications engendrées par le système actuel, qui entravent les investisseurs, aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger, en particulier les Tunisiens résidant à l’étranger.
Il a également évoqué la question de la dépénalisation des infractions de change, estimant que le maintien de peines de prison dans ce domaine envoie des signaux négatifs aux investisseurs et freine l’initiative.
Il a précisé que la nouvelle orientation visant à supprimer la dimension pénale au profit de sanctions administratives et financières contribuerait à instaurer un climat plus sûr et plus attractif, notamment pour les jeunes et les porteurs de start-up.








