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samedi 8 août 2020
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Hichem Mechichi, premier ministre davantage que chef de gouvernement !

Esotérique et un brin impénétrable, Kais Saied ne pouvait que déjouer les pronostics dès lors qu’il s’agit de désignation d’un chef de gouvernement. Il l’avait été avec Elyès Fakhfakh, pour ensuite s’en mordre les doigts. Selon toute vraisemblance, cela ne devrait pas être le cas, cette fois-ci, le président de la République,s’agissant de Hichem Mechichi,  connaît bien l’oiseau- pas si rare que cela-  puisqu’il a fait ses premières classes politiques sous sa férule au palais de Carthage en tant que conseiller pour les affaires juridiques.
C’est la garantie que le prochain locataire de la Kasbah sera davantage premier ministre que chef du gouvernement, avec des attributions exerçables moins importantes que celles de tous ses prédécesseurs depuis 2011, et tout naturellement ab initio. Sans doute une marque d’homogénéité et de cohérence qui pourrait rejaillir sur l’ordonnance de l’Exécutif  en son entier, mais qui, immanquablement, confortera le statut du chef de l’Etat en tant que dépositaire de la magistrature suprême, surtout vis-à-vis d’un pouvoir législatif, tenu de s’adapter à la nouvelle donne.

La désignation d’un énarque à la tête du gouvernement marque, incontestablement, le retour en force de l’administration  dans les plus hautes sphères de l’Etat, plus d’un lustre durant, délaissée et plutôt sacrifiée au profit d’une classe politique, néophyte, peu initiée à la chose publique, et dont les accointances et ressorts partisans sont le nantissement d’un échec annoncé. La Tunisie a eu en pâtir de longues années, sous la Troïka, principalement, et presqu’autant au-delà, à l’enseigne d’un régime politique et d’un système électoral, à ce point exécrables et obsolètes, qu’on n’en trouve plus de pareils nulle part dans le monde. Une survivance dévoyée voire burlesque de ce qui se passait sous la 4ème République en France.

Le binôme Saied-Mechichi arrivera-t-il à s’extraire de cette spirale parlementariste ? Les professions de foi qu’on a entendues, samedi soir, de la bouche du président de la République, indiquent et dessinent l’orientation que pourraient prendre le mandat du prochain gouvernement et l’action du pouvoir exécutif d’une façon moins particulière. En proclamant que « nous respectons la légalité mais il va falloir procéder à une révision pour qu’elle soit une expression sincère et entière de la volonté de la majorité », Kais Saied livre le fond de sa pensée et par la même se projette dans un colossal  programme politique.

Quels destinataires pour les missiles de Saied ?

On n’aurait pas peine à comprendre que le président de la République vise par là les partis politiques, mais plus encore le Parlement dont le tour serait ainsi venu pour s’exposer à la rampe de missiles dont Saied parlait la semaine dernière. Une Représentation nationale dont l’image est abîmée auprès des Tunisiennes  et Tunisiens qu’elle prétend représenter, et qui n’a de cesse d’officier, depuis la Constituante, selon des codes et des modi operandi qui on rarement prise  sur les aspirations et les attentes des électeurs. Sans parler bien sûr des sinistres arlequinades qui ponctuent les séances plénières à défaut de s’y substituer au travers de moult motions usinées on ne sait où, et qui renvoient la plus pathétique et piètre image du Parlement.

C’est  auprès de ce conclave législatif que le chef du gouvernement désigné, Hichem Mechichi, va devoir  solliciter la confiance pour son équipe ministérielle dans à peu près un mois. Et il y a fort à parier qu’il l’obtiendra sans trop se démener, les députés, dans leur écrasante majorité, fuyant comme la peste la perspective d’élections anticipées. Telle est l’épée de Damoclès   que le président de la République a choisi de suspendre au-dessus des têtes des parlementaires pour s’assurer un vote d’investiture au chef du gouvernement. Pourraient-ils agir autrement sachant le ressentiment qu’ils inspirent aux électeurs et les tendances et projections qui sont données des intentions de vote.

Pour autant, le gouvernement à venir ne s’offrira pas le luxe de marcher sur du velours, l’ARP puisera dans ses farces et attrapes  pour entraver et empêcher le vote des textes que le gouvernement et même la présidence de la République vont devoir présenter pour engager les réformes dont il a été longtemps et abondamment question,  redresser le pays et le délivrer des décombres de la pandémie du coronavirus, remettre d’aplomb les caisses de l’Etat, procurer à celui-ci les moyens l’habilitant à exercer ses missions de puissance publique, instaurer la sécurité, point de passage obligé pour toute œuvre de développement et de toute croissance.

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