AccueilLa UNEInnovation: Les entreprises tunisiennes sommées de revoir leur copie!

Innovation: Les entreprises tunisiennes sommées de revoir leur copie!

Pour tirer pleinement parti de l’économie de l’innovation, les entreprises tunisiennes doivent revoir leur manière d’innover, c’est ce qui ressort d’une étude intitulée « Investissement dans l’économie de la connaissance, innovation et productivité : cas des entreprises manufacturières tunisiennes », récemment publiée par l’ITCEQ.

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Pour ce faire, elles devraient quitter le modèle d’innovation actuel basé sur l’imitation des produits à faible valeur ajoutée et la production d’élément standards (pour des donneurs d’ordre internationaux), vers un modèle de développement de nouveaux produits tant pour le marché national qu’international, portant leurs propres marques.

Cette orientation implique que ces entreprises quittent le modèle d’innovation actuel basé sur l’exploitation des ressources internes, par nature rares et insuffisantes, et les interactions limitées aux acteurs du marché (clients et fournisseurs), à un nouveau modèle d’innovation en faisant appel à des ressources de connaissance tant internes qu’externes.

Réussir cette transition vers une économie innovante requiert selon cette étude, une série de préalables impliquant les différents acteurs concernés. Il s’agit en premier lieu de mettre en œuvre une politique d’accompagnement de proximité au profit des entreprises pour promouvoir leur transition vers l’économie de la connaissance.

L’investissement insuffisant et mal réparti

L’Etat a beaucoup compté sur les politiques de subvention dans le cadre du programme de mise à niveau et d’autres programmes de modernisation pour encourager les entreprises à investir dans les quatre piliers de l’économie de la connaissance (R&D, TIC, changement organisationnel et capital humain). Ces politiques ignorent les spécificités structurelles des entreprises et supposent que toutes les entreprises ont les mêmes capacités à investir dans l’économie de la connaissance et à rentabiliser leur investissement, surtout pour le cas des TIC. Toutefois, ce travail montre que le niveau d’investissement dans les différents piliers est insuffisant et surtout inégalement réparti entre les entreprises, une telle inégalité ne pouvant qu’entraver le processus de transition  de l’économie tunisienne vers l’économie de la connaissance et de l’innovation.  Donc, pour encourager les entreprises à investir davantage dans les différents piliers de l’économie de la connaissance, l’Etat est appelé à compléter ses politiques de subvention par une politique d’accompagnement.

Cette étude recommande aussi, de réhabiliter les systèmes d’éducation et de formation professionnelle.  L’objectif étant  de surmonter le manque de compétences qui empêchent  les entreprises d’innover et de répondre aux besoins actuels et potentiels en compétences clés indispensables à la transition vers l’économie de la connaissance.

L’immigration des compétences tunisiennes constitue un autre défi que les autorités publiques et les acteurs de développement doivent relever pour faire face au manque des compétences mentionnées, par les entreprises. Il va falloir, par ailleurs, selon cette étude, promouvoir les activités de R&D dans tous les secteurs d’activité afin accroître les capacités d’absorption des entreprises et le degré d’inventivité de leurs produits.

Pérenniser les activités R&D

Pour ce faire, il faut inciter les entreprises ayant des activités de R&D occasionnelles à maintenir ces activités d’une manière permanente, revisiter les mesures d’incitation à la R&D d’une manière à faciliter l’accès des entreprises aux subventions accordées à la R&D, quitter le système de recherche publique actuel focalisé sur la recherche fondamentale pure, vers un système de recherche appliquée orienté vers la résolution des problèmes pratiques et revoir la politique de promotion des investissements directs étrangers d’une manière à attirer les activités à haute valeur ajoutée, plus particulièrement dans le domaine de R&D.

La transition vers une économie innovante nécessite, en outre, selon les auteurs de cette étude, le développement d’un système de propriété intellectuelle efficace de manière à encourager l’innovation, à promouvoir l’investissement dans la science et la technologie et à mettre la technologie au service du public.

Cette transition passe également inévitablement, par la réduction des  incertitudes associées au processus d’innovation et le renforcement  de l’interaction entre l’entreprise et son milieu extérieur afin de surmonter le manque des ressources internes des entreprises et de réduire les risques liés à l’activité d’innovation.

Le suivi des liens entre l’industrie, le gouvernement et les universités dans le développement des innovations est aussi un facteur déterminant de la réussite de la transition vers une économie innovante. Il s’agit là d’identifier les principaux canaux de circulation des connaissances, d’évaluer les goulots d’étranglement et de suggérer des approches permettant d’améliorer l’efficacité de la diffusion des connaissances.

L’autre recommandation consiste à développer un dispositif d’intelligence économique au service de la région.  Les acteurs de développement (publics et privés) régionaux devraient développer un dispositif d’intelligence économique, afin d’alimenter les différents acteurs locaux par les informations et les connaissances nécessaires à leur développement telles que les nouveautés dans les technologies, les brevets, les marchés, les concurrents, les règlements, les aides, les moyens de financement, les appels d’offres…

1 COMMENTAIRE

  1. Le système financier en Tunisie (banques et fonds d’investissement) ne permet jamais l’émergence des entreprises innovantes. L’etude élaborée demeure malheureusement trop loin de la réalité.

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