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La chute du dernier bastion de la confrérie des Frères musulmans en Tunisie!

Ancien directeur général de médias écrits et télévisés, et actuellement  chroniqueur de quotidiens paraissant au Moyen-Orient, Abdulrahman Al-Rashed   estime que «les portes se sont apparemment fermées aux Frères musulmans». Et d’ajouter sur les colonnes du quotidien en langue paraissant à Londres «Achark al-Awsat» que, sur les pas de l’Egypte et du Soudan, la Tunisie annonce la mort de la domination des Frères musulmans(FM). La Tunisie, qui était la première porte d’entrée du mouvement et son principal gain au cours de la dernière décennie, est désormais le dernier des bastions de la Confrérie qui s’effrite.

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La chute des FM en Tunisie n’est pas surprenante, note-t-il,  elle s’est plutôt produite des années plus tard que prévu. Ils ont perdu la Tunisie parce qu’ils étaient partenaires dans l’exercice du pouvoir dans le pays avant d’en être chassés, « ce qui les a poussés à recourir au chaos, aux assassinats et aux actes d’obstruction délibérés pour contrecarrer l’action du gouvernement ».

Bien que le président Kais Saied ait clairement averti que ce qui se passait l’obligerait à intervenir, les membres de la confrérie ont cru qu’il n’oserait rien faire et qu’ils prendraient le pouvoir en détruisant ses figures clés.

La mesure extraordinaire prise par le président tunisien a sauvé le pays de ce qui aurait pu être un effondrement total, estime Al-Rashed. Le Parlement est devenu impuissant ; il a donc été suspendu. Le chef du gouvernement a été démisaprès qu’il a été prouvé que son gouvernement avait failli à ses missions. Le président a également décidé d’engager des poursuites contre les personnes impliquées dans des affaires de corruption, ce qu’il avait demandé à de multiples reprises, mais sans que ses demandes soient prises en compte.

Le président Saied a clairement indiqué dans ses nombreuses déclarations qu’il ne resterait plus les bras croisés face à la corruption rampante et a exigé des enquêtes. La réponse à ses demandes a été que cela ne relève pas de la compétence du président de la République. Puis, lorsqu’il a évoqué l’incapacité du système de santé à faire face à la propagation de la pandémie de coronavirus, on lui a répondu que cela ne relevait pas non plus de sa compétence.

Les Frères musulmans voulaient un président qui n’en a que le nom, mais ils ont trouvé quelqu’un qui est devenu la voix du citoyen tunisien. Aujourd’hui, le président Saied est le vrai président de la Tunisie, et il a l’opportunité de remédier aux échecs du gouvernement et du parlement.

Le pouvoir grâce au chaos

Comprendre les motivations alambiquées du chaos fabriqué n’est pas une mince affaire, souligne Al-Rashed, se demandant pourquoi les dirigeants du parti Ennahdha et ses députés n’ont-ils pas fait machine  en arrière ces derniers mois pour désamorcer  les tensions ? Probablement parce qu’ils pensaient que la crise pousserait les gens à descendre dans la rue et à répéter le scénario de décembre 2010, ce qui leur donnerait une chance de gravir à nouveau les échelons du pouvoir grâce au chaos, a-t-il répondu.

Le problème du parti islamiste est qu’il veut rester au pouvoir et diriger le pays sans respecter les principes qui lui ont permis d’y accéder. Ainsi, les membres et les partisans du parti protestent maintenant contre les mesures d’urgence prises par le président en invoquant leur inconstitutionnalité tout en affirmant que les décisions du président constituent un coup d’État.

Kais Saied est le président élu de la République tunisienne. Il a remporté haut la main l’élection présidentielle de 2019. Alors, comment lui, un président élu populaire, peut-il se retourner contre lui-même ? La vérité est que les actions du président sauvent la Tunisie et le gouvernement tunisien du chaos qui a éclaté.

La crise de la santé publique, la crise de la vie et la crise constitutionnelle ont été l’étincelle qui a provoqué ce changement. Il faut dire que ces crises étaient en grande partie le résultat de l’obstruction  délibérée. Chaque fois que le Président a voulu intervenir en invoquant le fait que le pays était au bord du gouffre, le parti Ennahdha lui rétorquait  qu’il ne devait pas s’immiscer et ferait mieux des s’occuper de ses affaires. Comme les crises persistaient, le président devait soit démissionner et être poursuivi pour négligence par ses opposants à l’avenir, soit intervenir et provoquer le changement nécessaire.

Une autre dimension de la bataille de la Tunisie est la guerre du Moyen-Orient contre ce groupe, qui a été déraciné du Soudan en 2019, puis de l’Égypte en 2013. Les membres des Frères musulmans en Tunisie ont eu de nombreuses occasions de gouverner et de prouver leur valeur, mais ils n’ont servi que de modèle pour affirmer qu’il s’agit d’un groupe religieux extrémiste avec un programme politique fasciste et qu’il n’a pas sa place dans le monde d’aujourd’hui, affirme Al-Rashed.

2 Commentaires

  1. Les FM étaient à l’origine une créature anglaise destinée à défendre les intérêts anglais en Egypte (présence géostratégique+ canal de Suez) Moyen Orient plus généralement (Pétrole, stratégie, gérer la Palestine passée sous Mandat anglais Balfour et sionisme)
    Après la 2e guerre et Yalta les Etats unis sont devenus prépondérants OTAN et guerre froide géostratégie du pétrole et canal de Suez, création de Israel…
    Bref un pion bien utile pour agir (ou essayer) sur l’opinion arabe en invoquant l’Islam,
    On trouvera des Gogos pour y croire et des opportunistes pour jouer le jeu moyennant rétribution, et des émirs pour payer la garantie de leurs trônes

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