AccueilLa UNELa croisade perdue d’avance contre les moustiques. Voici pourquoi?

La croisade perdue d’avance contre les moustiques. Voici pourquoi?

L’un des vecteurs de nuisances les plus inévitables cet été en Tunisie tient aux moustiques dont l’invasion est synonyme de nuits  blanches pour un nombre incalculable de riverains, surtout ceux résidant à proximité de plans d’eaux stagnantes telles que les lagunes et les lacs-dépotoirs, à l’instar de celui de Sedjoumi.

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Davantage que les années dernières, les parties intervenantes ont fait aveu d’impuissance face  à ce funeste épisode estival. La directrice générale de l’hygiène au ministère des Affaires locales et de  l’environnement, Samira Laabidi, a alerté que le taux de nuisance de ces insectes, toutes variétés confondues  est extrêmement élevé, cet été, alors que seuls deux millions de dinars sont alloués à cette fin.

Dans une interview à Africanmanager ar, elle a fait état de la pluralité des intervenants dans cette lutte anti-moustiques, citant les ministères de l’Environnement et de l’Equipement, l’ONAS, outre les municipalités et le citoyen. Elle a précisé que le champ d’action du ministère auquel elle appartient se limite aux interventions aériennes dans les zones situées loin des agglomérations urbaines à l’instar des lacs (Sedjoumi, Ariana, Soliman…) ainsi que les .zones rurales, les forêts et les oueds.

S’agissant des raisons derrière la prolifération des moustiques, elle a pointé les couacs de compétences même à une échelle relativement réduite au plan des interventions organiques nécessaires , le curage et l’assèchement des plans d’eau, outre les actes  d’incivisme du citoyen, comme le jet des ordures dans les cours d’eau et oueds. il s’agit surtout des  gîtes qui permettent aux diptères  de proliférer aisément. Ils affectionnent particulièrement les fosses septiques abandonnées, les vides sanitaires, les bidons de récupération des eaux de pluie, les citernes, les vieux pneus. Bref tous les récipients pouvant contenir de l’eau.

Le lac Sedjoumi

Le ministère de l’Environnement est dans l’incapacité  d’effectuer des interventions chimiques requises au niveau du lac Sedjoumi en raison de l’élévation du niveau de l’eau, des intempéries et des vents cette année. Laabidi a précisé qu’à la date du 8 juin 2021, le niveau de l’eau a atteint 1,20 mètre, et a été abaissé grâce aux efforts communs du ministère et de l’ONAS à 90 centimètres. Il faudra attendre que ce niveau descende à 60 centimètres pour que soit possible l’intervention aérienne instantanée, ce qui, est-il espéré, permettra d’atténuer les perturbations infligées aux riverains.

Parallèlement, il sera d’une grande utilité de lutter contre les moustiques notamment à travers  le pompage des eaux stagnantes, le curage des oueds et la thermonébulisation.

Des raisons multiples

La directrice de l’hygiène au ministère des Affaires locales et de l’environnement a évoqué la grève des ingénieurs dont la levée, a-t-elle dit, contribuera grandement au retour des interventions de manière rapide et efficace. Elle n’en a pas moins jugé « insuffisante » la réponse des municipalités, lesquelles, dans leur majorité, ne disposent pas d’équipes adéquatement outillées, exception faite des communes de la capitale, du Kram  et de l’Ariana.

Résistance génétique aux insecticides

Elle a reconnu  que les moustiques développent une résistance aux insecticides  au vu de la cartographie génétique de ces diptères, qui a révélé l’existence d’une immunité au traitement chimique, ce qui ôte toute efficacité à ce procédé.

« Nous sommes condamnés à coexister avec les moustiques  dès lors que nous dans l’incapacité de le liquider totalement et définitivement », a-telle désespérément conclu.

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