La liquidité s’améliore et le TMM baisse. Les banques en donnent pourtant...

La liquidité s’améliore et le TMM baisse. Les banques en donnent pourtant moins

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«En août 2019, la contribution des concours à l’économie s’est nettement affaiblie (+5,6pp après +6,6pp). Quant aux ressources monétaires, elles se sont inscrites en hausse à la même date. Cette évolution porte la marque d’une reprise des dépôts à vue chez les banques et les dépôts à terme». C’est ce qu’assure la dernière note de conjoncture pour le mois d’octobre de la BCT (Banque Centrale de Tunisie). Une affirmation, qui confirme que les banques recourent de moins en moins à la BCT pour acheter de l’argent et que la crise de liquidité dans le pays s’estompe.

La BCT ne le cache pas qui note une «baisse sensible des besoins des banques en liquidité en septembre 2019 occasionnée, d’une part, par un retour important des billets de banques, et d’autre part, par la hausse des opérations de vente de devises par les banques à la BCT ». La même source note une «relative détente du TMM, au mois de septembre 2019, en s’établissant à 7,82%, traduisant l’amélioration graduelle de la liquidité bancaire».

La BCT confirme en effet que «les besoins moyens des banques en liquidité ont sensiblement baissé, en septembre 2019, par rapport au mois précédent (-1.567 MDT) pour s’établir à 12.848 MDT ». Elle explique que «cette atténuation a été favorisée par les effets expansifs engendrés par le retour marquant des billets de banques aux caisses des banques (de 620 MDT) et la hausse des opérations de vente de devises par les banques à la BCT (achats nets de 295 MDT en septembre)».

Dans le détail, «le volume d’interventions de la Banque centrale sur le marché monétaire a diminué, en septembre 2019, pour atteindre 11.581 MDT après 11.662 MDT en août 2019, tiré par la baisse continue des opérations de swap de change (pour des fins de politique monétaire), qui se sont établies à 863 MDT en septembre 2019 après 943 MDT en août dernier et 2.855 MDT un an auparavant. Egalement, le recours des banques à la facilité permanente de prêt à 24H a sensiblement diminué pour s’établir à 1.413 MDT contre 2.798 MDT un mois auparavant».

Pour le taux d’intérêt, la BCT indique que «le taux moyen pondéré (TMP) des opérations principales de refinancement s’est maintenu, en septembre 2019 à 7,75% et ce, pour le cinquième mois consécutif. Par ailleurs, le TMM a légèrement diminué pour s’établir à 7,82% en septembre 2019, traduisant l’amélioration graduelle de la liquidité bancaire».

  • Elles ont plus d’argent, mais en donnent moins

Ceci étant, «le rythme de progression des crédits à l’économie a poursuivi son ralentissement, en août 2019, pour atteindre 4,9% en glissement annuel (GA), contre 5,7% en juillet et 10,9% en août 2018. Cette tendance baissière a été perceptible au niveau des crédits aux professionnels (7,3% en août 2019, en G.A contre 8,3% en juillet et 13,4% en août 2018). Quant à l’évolution des crédits aux particuliers, elle s’est relativement stabilisée à des niveaux historiquement bas de 1,8%».

«En somme, la politique monétaire restrictive poursuivie par la Banque centrale de Tunisie, depuis 2017 (avec les 5 hausses du taux directeur pour un total de 350 points de base), et qui vise à juguler l’inflation, par son action sur la demande, a induit des effets très perceptibles sur la consommation et sur l’inflation». C’est ce qui a été constaté par le conseil d’administration de la BCT.

Les banques ne nient pas que leurs liquidités se sont améliorées, et qu’elles ne font plus appel au refinancement de la BCT, autant que les deux dernières années. Elles mettent par contre en exergue leur souci d’éviter les crédits à risques, dans une conjoncture où les entreprises sont en crise de liquidités, notamment pour celles qui attendent le paiement des marchés publics. Souci aussi de se mettre aux normes de la BCT en termes, notamment, de ratios de crédits accrochés et des provisions. Pour les crédits aux privés, les banques expliquent la baisse des crédits par la hausse des taux d’intérêt, un facteur inhibiteur en lui-même, et répulsif pour les particuliers en mal de crédit.

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