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La main-d’œuvre verte, une « priorité urgente »

Le développement d’une main-d’œuvre verte en Tunisie, l’un des pays les plus exposés au changement climatique dans la région méditerranéenne, est une priorité urgente pour réduire l’impact du changement climatique sur ses habitants et ses entreprises.

C’est ce qui ressort d’un rapport du Groupe de la Banque mondiale sur le climat et le développement en Tunisie (CCDR), publié en prélude à la conférence des Nations Unies sur le changement climatique de 2023, la COP28, qui se tient à Dubaï, aux Émirats arabes unis, du 30 novembre au 12 décembre.

Bien que la Tunisie ait élaboré des plans et mis en place un mécanismes de coordination pour mettre en œuvre sa stratégie de lutte contre le changement climatique, elle ne parvient pas à ancrer son engagement dans les politiques, les processus et les systèmes.

« Le leadership et les responsabilités pour la mise en œuvre des réformes relatives au changement climatique ne sont pas clairement délimités entre les différents acteurs. Sans une action urgente et décisive du gouvernement et de la société dans son ensemble dans ces domaines, il pourrait y avoir des répercussions socio-économiques, politiques et humanitaires significatives. Les défis économiques de la Tunisie sont aggravés par sa vulnérabilité croissante au changement climatique », indique le rapport, cité et analysé par University World News (UWN) dans son édition africaine.

Il identifie la disponibilité de l’eau, la résilience à l’élévation du niveau de la mer et aux inondations, ainsi que la décarbonisation de l’économie comme les objectifs liés au climat qui pourraient avoir l’impact économique le plus important sur la Tunisie, et exhorte les secteurs tertiaire et privé à unir leurs forces pour créer la main-d’œuvre qualifiée nécessaire.
Ainsi, pour renforcer le capital humain, il est nécessaire de mettre en place des programmes de formation, de recyclage et d’amélioration des compétences, ainsi que des programmes de formation en cours d’emploi, en particulier dans le domaine de la transition énergétique.

L’éducation dans le changement climatique

Les recommandations relatives à la formation et au développement des compétences comprennent l’intégration de l’éducation au changement climatique dans le programme national et la sensibilisation du public au changement climatique afin de permettre aux individus de prendre des décisions en connaissance de cause et de favoriser une culture de la résilience et du développement durable.

Au niveau de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle, le rapport préconise d’élargir les programmes liés au climat en impliquant les industries dans l’élaboration des programmes d’études afin d’en garantir la pertinence et la qualité, de sensibiliser au changement climatique et aux pratiques vertes dans les programmes d’études nationaux, et de former les enseignants.

Le projet de centre d’excellence pour les énergies renouvelables, envisagé comme un pôle de formation et de compétences pour le continent africain répondant aux normes de qualité internationales, est une autre intervention qui pourrait contribuer à renforcer les capacités de recherche, selon le rapport.

Il pourrait également soutenir des solutions au changement climatique fondées sur des données probantes grâce à la recherche et au développement, et renforcer des activités telles que la modélisation et les prévisions climatiques, l’étude des impacts du changement climatique sur les secteurs vulnérables comme l’agriculture et les zones côtières, le développement de technologies et de pratiques résistantes au climat, l’exploration d’options en matière d’énergie renouvelable et l’évaluation de l’efficacité des mesures de lutte contre le changement climatique.

Une autre recommandation est que la Tunisie développe et encourage l’utilisation et la recherche d’une agriculture et d’un élevage intelligents face au climat.

Recherche côtière

Selon le rapport, le système éducatif tunisien actuel a une capacité limitée à fournir les compétences requises pour faire face à l’élévation du niveau de la mer et aux inondations.
Environ la moitié des universités du pays proposent des cours et des programmes diplômants liés à six domaines de compétences dans ce domaine, à savoir la résilience aux catastrophes naturelles liées au climat, la conception et la mise en œuvre de projets d’infrastructure, l’architecture des bâtiments écologiques, les systèmes d’information géographique, la planification urbaine et côtière et l’impact environnemental de l’utilisation des sols et de l’aménagement du territoire.

L’énergie propre

Le passage aux énergies propres s’est également accompagné d’une augmentation de la demande de main-d’œuvre qualifiée dans ce domaine.

Si le personnel hautement qualifié, tel que les ingénieurs en énergies renouvelables et les ingénieurs électriciens, entre autres, est essentiel pour le développement et l’innovation des technologies d’énergies renouvelables, les techniciens sont également importants pour l’installation et l’entretien des systèmes d’énergies renouvelables et des technologies à haut rendement énergétique.

Toutefois, à l’heure actuelle, le système tertiaire est axé sur les compétences de haut niveau plutôt que sur les compétences de niveau moyen ou faible.

Là encore, comme dans les autres domaines prioritaires liés au climat, le rapport fait allusion à la nécessité d’établir des liens entre les conseils de compétences des différents secteurs et de renforcer la collaboration entre le secteur privé et les établissements d’enseignement supérieur.

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