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La pandémie synonyme de ruée sur les pâtes et le blé dur

Les confinements dus aux pandémies ont modifié les habitudes  alimentaires partout dans le monde. La constitution de stocks de victuailles et de denrées de  base et l’augmentation de la cuisine familiale ont donné un grand coup de pouce à un produit à base de blé en particulier – les pâtes – et au blé dur.

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Les principaux pays exportateurs de blé dur et de pâtes ont connu une forte hausse de la demande. L’Italie, qui exporte 60 % de sa production de pâtes, a vu ses ventes internationales augmenter de 30 % au cours du premier semestre 2020, comme l’a rapporté The Economist en novembre 2020, avec le géant multinational de l’industrie Barilla en première ligne. L’Italie produit 4 millions de tonnes de blé dur et importe 2 millions de tonnes supplémentaires.

Un rapport de Stratégie Grains (SG), publié  par Tallage, un cabinet de conseil français, a constaté que la demande de blé dur pour la consommation humaine de l’Union européenne était passée de 8,2 millions de tonnes en 2018-19 à 8,7 millions de tonnes pour 2019-20 en raison de « la période de confinement au printemps 2020 qui a été mise en œuvre en réponse à la pandémie COVID-19. »

Si le blé dur et les pâtes font partie d’une même chaîne de valeur dans la plupart des pays occidentaux, ailleurs, tout le blé dur n’est pas destiné à la production de pâtes, tout comme toutes les pâtes ne sont pas fabriquées uniquement à partir de blé dur.

La première règle est particulièrement vraie dans les pays maghrébins d’Afrique du Nord – Tunisie, Algérie et Maroc – qui représentent une part importante de la production et du commerce du blé dur. 

Le Tunisien, 1er consommateur de pâtes au Maghreb

En Tunisie, La récolte nationale, qui a atteint en moyenne 1,1 million de tonnes au cours des cinq dernières années, est composée à 85 % de blé dur. Le gouvernement tunisien paie un prix minimum à la production équivalent à 288 dollars par tonne (820 dinars tunisiens) pour le blé dur et 207 dollars par tonne (590 dinars tunisiens) pour le blé tendre.

Environ un tiers de la moyenne annuelle de 1,8 million de tonnes de blé acheté à l’étranger par l’Office des céréales, acheteur monopolistique de l’État, est du blé dur. Les spécifications de faible qualité font que la plupart des appels d’offres sont remportés par des négociants du sud de l’Europe – notamment en Italie – qui ont la possibilité de mélanger différentes origines, y compris nord-américaines.

L’Office des céréales  fournit le blé dur aux semouliers en fonction de leur capacité, de la même manière qu’il distribue le blé panifiable à toutes les entreprises de meunerie. En Tunisie, la loi impose que les pâtes et le couscous soient fabriqués à partir de blé dur. Avec 17 kilogrammes par habitant, les Tunisiens sont les premiers consommateurs de pâtes du Maghreb.

Selon la chambre syndicale des meuniers tunisiens, 80 % de la production totale de semoule de blé dur importée et nationale est vendue au détail et aux petites entreprises pour la fabrication du pain traditionnel, le plus souvent consommé au petit déjeuner, ainsi que pour le couscous artisanal. Les 20% restants sont transformés industriellement en pâtes (12%) et en couscous (8%).  Environ la moitié des 23 minoteries en activité produisent de la semoule.

L’Algérie voisine est le troisième plus important producteur de blé dur après l’Union européenne et le Canada. Les récoltes annuelles de 3,4 millions de tonnes en 2019-20 et d’environ 3,2 millions de tonnes en 2020-21 représentent 85 % de la production totale de blé. Grâce à de lourds investissements de l’État dans la culture irriguée du blé et à de bonnes précipitations, l’Algérie a établi des records de production de blé dur et de blé global au cours de trois des cinq dernières années.

En plus de sa position de troisième importateur mondial de blé, l’Algérie s’est classée parmi les principaux acheteurs de blé dur ces dernières années, atteignant un pic de 1,4 million de tonnes en 2018-19 avant de réduire de moitié ses apports à 700 000 tonnes l’année suivante.

Avec 12 kilogrammes par habitant, les niveaux de consommation de pâtes en Algérie sont beaucoup plus élevés qu’au Maroc. Ainsi, une plus grande part du blé dur importé est destinée aux pâtes.

Au Maroc, 40 semouliers industriels ont toujours acheté à l’étranger environ 1 million de tonnes de blé dur par an, principalement pour moudre la semoule qui est achetée par les ménages et les restaurants pour faire du couscous, un aliment de base de la région. Les grades 1 et 2 du blé dur ambré de l’Ouest canadien (CWAD) constituent la majeure partie de l’approvisionnement à l’étranger, car les consommateurs marocains ne se contentent que d’un couscous de qualité supérieure. Le Marocain moyen mange 5 kilogrammes de pâtes par an, ce qui signifie qu’environ 20 % du blé dur importé est destiné aux pâtes.

Le «  rôle majeur » de l’UE

Collectivement, les 28 nations de l’Union européenne (UE-28) jouent le plus grand rôle dans la production et la consommation mondiales de blé dur. Stratégie Grains estime que la production de l’UE-28 en 2020-21 sera de 7,3 millions de tonnes, soit 21 % du total mondial de 34,2 millions de tonnes. En 2019-20, les importations de l’UE-28 en provenance des pays tiers ont atteint 2,4 millions de tonnes, contre 1,3 million de tonnes l’année précédente.

L’Italie représente à elle seule la moitié de la récolte de blé dur de l’UE et près de 90 % de ses importations. La consommation par personne, la plus élevée au monde, ainsi que la demande internationale d’un large assortiment de nouilles sèches et dures fabriquées en Italie soutiennent les importations de blé dur.

Malgré un appétit croissant pour les produits finis de cette culture, la récolte totale de blé dur de l’UE a diminué chaque année depuis 2016-2017, année où elle s’élevait à 9,8 millions de tonnes. Les faibles rendements et les prix ont conduit les producteurs de blé du continent à réduire la superficie emblavée  au cours des cinq dernières années, passant de 2,9 millions d’hectares à 2,3 millions d’hectares. Les niveaux élevés de mycotoxines dans certaines régions de France ont entraîné le déclassement d’une grande partie de la récolte de blé dur pour l’alimentation animale, selon un rapport de la SG.

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