La pertinente analyse de Maya Ksouri

La pertinente analyse de Maya Ksouri

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Il ne fait aucun doute que le rôle desdits médias alternatifs et notamment les réseaux sociaux, a été décisif dans ladite révolution de 2011. Certains diront même que ces médias ont fait cette révolution. Personne ne parlait alors de fake news.

Il ne fait, non plus, aucun doute que le rôle des réseaux sociaux a été déterminant, surtout dans les deux dernières élections, présidentielle anticipée et législatives de 2019. Les campagnes des différents candidats ont été faites sur les réseaux sociaux. Tire-au-flanc, infiltrés, exfiltrés, 5èmes colonnes         et «armées d’abeilles» de toutes les couleurs des partis politiques, s’en étaient donné à cœur joie pour médire, attaquer, contrattaquer, souiller, blanchir et même créer des personnages et des images de toutes pièces. Des réseaux sociaux, incontrôlables, où l’argent a beaucoup coulé. Cela a été, différentes fois et par diverses parties indépendantes, vérifié.

Cela ne semble pas vouloir changer après les dernières élections. De nouvelles forces, avec de nouveaux objectifs, recourent désormais aux mêmes moyens technologiques et aux mêmes armes indétectables, pour continuer les guerres politiques, surtout dans cette phase d’une transition politique qui s’étire. De nouvelles forces, mais aussi d’anciennes, de retour sur la scène politique tunisienne. L’outil, ou l’arme de destruction massive, c’est le «deepfake» que développent de nouvelles générations d’une jeunesse, de divers partis et de diverses formations, qui voudraient «reprendre le pouvoir» comme ils disent.

Intervenant, lundi soir sur la chaîne Al Hiwar TV, la chroniqueuse et avocate Maya Ksouri, a abordé ce sujet. «On est entré dans une période de «deepfake», où les images et le sons peuvent être manipulés», a-t-elle ainsi dit. Des images, dont elle-même, comme beaucoup d’autres personnalités, ont été victimes. Des séquences audio trafiquées, comme celle récemment, qui imitait la voix de Kamel Ltaïef, lors d’une prétendue conversation avec Feu Béji Caïed Essebssi.

  • Maya dénonce des officines organisées, de fabrication du «deepfake»

Et Ksouri d’expliquer que «ce qui se passe en Tunisie dépasse l’entendement. Cela ne peut plus s’expliquer que par l’état de déliquescence que connaît le pays, et encore moins par la spontanéité des gens sur les réseaux sociaux. A bien chercher dans tout ce qui se dit en fake news, on retrouve un fil conducteur, une idée en filigrane, à laquelle ils voudraient parvenir à travers tout un faisceau d’éléments, mis d’apparence pêle-mêle dans ce genre de publications sur les réseaux sociaux».

Et dans une analyse, qui nous a semblé assez pertinente, pour en faire part, la chroniqueuse d’Al Hiwar explique que «l’idée principale, réellement véhiculée par tout ce qui a été dit dans ladite affaire de Ouardanine, les attaques contre Bourguiba, l’affaire de Sami Fehri et la cabale contre le chaîne Al Hiwar, la cabale contre l’UGTT, est de faire parvenir le message que le terrorisme est un gros mensonge. Et s’il existait, il n’est pas le fait de ceux qu’on croit. L’officine secrète n’existe donc pas. Le terrorisme est par conséquent le fait d’un grosse machine, qui est la création de «l’Etat profond», identifié par eux comme étant l’Etat de la corruption, avec des vidéos burlesques, et le plus drôle, partagées par des gens d’un niveau universitaire, qui y croient et les partagent».

Pour elle, et c’est loin d’être une vue de l’esprit, il y a volonté des officines organisées, qui écoulent ces rumeurs étudiées, de faire croire au Tunisien moyen que le terrorisme est une fabrication des réseaux de la corruption de l’Etat profond, «le système» (médias, UGTT, Eltaïef et Bourguibisme) pour terrasser les «forces révolutionnaires». Mais aussi, une volonté de blanchiment des forces qui vont gouverner pour les cinq années à venir, dans le but de délester Ennahdha et El Karama du boulet du terrorisme qu’ils traînent.

  • Kamel Eltaïef, une vieille rengaine et une antienne mise à toutes les sauces

«En fait, comme lorsque l’Occident voulait détruire le socialisme de l’Europe de l’Est, par l’instrumentalisation de l’idéologie des droits de l’homme, on utilise désormais, en Tunisie, l’idéologie de la lutte contre la corruption, pour détruire les adversaires politiques. Les attaques contre Bourguiba s’expliquent par le fait que le Bourguibisme constitue le dénominateur commun de leurs adversaires. Ils veulent démontrer que le terrorisme a été créé par les échecs du Bourguibisme. Intervient ensuite la cabale contre les médias et Al Hiwar en particulier. L’objectif était, en plus de casser la crédibilité des médias qui ne sont pas de leur côté, de préparer l’opinion au jour où Sami Fehri sera inculpé, pour éviter un soutien public en sa faveur, car il aura été identifié, par leurs publications comme faisant partie de l’Etat de la corruption. Même chose pour l’UGTT», fait encore remarquer Maya Ksouri.

La chroniqueuse ne finira pas sans faire remarquer aussi «ce retour de la rengaine et de l’antienne de Kamel Ltaïef qui sont mises à toutes les sauces et ressassées depuis 2011. Et lorsqu’on remarque que ce genre de fake news est suivi et partagé par des personnalités comme l’avocat Samir Ben Amor, l’ancien conseiller de Moncef Marzouki, Mohamed Hnid ou Mokdad El Mejri, toutes dans le giron de l’islamisme politique, et qui sont à l’origine de ces fake news, on comprend que leur idée, c’est de faire croire que le terrorisme, la corruption, c’est le fait des médias, de Kamel Ltaïef, de Sami Fehri et toutes les personnes visées par ces fake news. C’est pour tout cela qu’il faut faire attention à tout ce que ces « deepfake» essaient de faire».

Quelque chose se trame, c’est certain, sur le «Dark-Web» tunisien. Un truc, qui a aussi des relents régionalistes. L’association de la ville sahélienne de Ouardanine et de quelques-uns de ses illustres personnalités, à ce qui avait été démenti par le ministère de l’Intérieur, et la présence dans tout ce magma fait de fatras d’immondices facebookiens du tout aussi sahélien Kamel Eltaïef, est loin d’être de bonne foi !

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