AccueilChiffreLa Tunisie aura encore besoin de s’endetter d’ici 2017

La Tunisie aura encore besoin de s’endetter d’ici 2017

Mercredi, le projet loi relatif au prêt de l’Union Européenne d’un montant de 300 millions d’euros a été adopté par l’Assemblée des Représentants du Peuple avec 133 voix pour, 30 voix contre et 10 abstentions.

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Le prêt dont l’accord a été conclu le 8 septembre 2014 dans le cadre d’une assistance macro-financière, sera déboursé en trois tranches, de 100 millions d’euros chacune.

Un diktat politique et économique !

Ce nouveau prêt a été prompt à alimenter la polémique au motif que ce genre de financement européen dicte la nécessité de la mise en place d’un programme de réformes économiques en accord avec le FMI.

Plusieurs députés, notamment ceux du Front populaire et d’autres indépendants l’ont critiqué considérant qu’il s’agit d’« un diktat politique et économique qui va transférer la souveraineté de la Kasbah à Strasbourg et Washington ».

C’est pour cette raison que ces députés ont plaidé pour le recours à d’autres solutions, à travers notamment la lutte contre la contrebande, la réforme du système fiscal, ce qui permettrait, à leurs yeux, de regagner la confiance des investisseurs désirant de s’implanter en Tunisie.

L’expert économique Mohamed Al Jaraya a relevé qu’ « en l’absence de ressources alternatives, la Tunisie qui n’a pas beaucoup de choix, pourrait se tourner vers l’endettement étranger, considéré comme une solution pour combler les failles ».

« C’est raisonnable surtout que les sukuks islamiques restent parmi les solutions incertaines et ce, pour deux raisons principales », a expliqué Al Jaraya à « Africanmanager , expliquant que « le cadre juridique n’est pas encore prêt d’autant que ce genre de financement est tributaire de garanties réelles alors que la Tunisie n’a pas l’habitude d’hypothéquer sa souveraineté pour accéder à semblable prêt».

D’autres crédits dans l’air…

Aussi le problème n’est pas lié à l’endettement, mais a trait à la relance de l’activité économique déjà en berne depuis plusieurs années à cause de la montée de la grogne sociale et des perturbations que connaissent plusieurs secteurs vitaux comme celui du phosphate dont le manque à gagner est estimée à 60%.

Ceci a beaucoup affecté l’économie du pays plus que jamais en mal de mesures d’urgence, d’après l’économiste. Pourtant, les dernières statistiques font état d’une baisse de 23,7% du déficit commercial au cours des deux premiers mois de 2015 (janvier et février) pour atteindre 453,4 millions de dinars, et ce, pour la première fois depuis 1993. Côté inflation, l’indice de prix est reparti à la hausse, atteignant 5,5% en glissement annuel, en janvier 2015, contre 4,8% en décembre 2014 et 5,1% en janvier 2014.

Pour ce faire, Mohamed Al Jaraya juge indispensable que cessent les mouvements de protestation particulièrement dans cette phase où le gouvernement d’Habib Essid s’échine à élaborer son approche pour les 100 jours. « Certains mouvements ont les contours d’un bras de fer engagé contre l’équipe ministérielle qui n’a pas pris assez de temps pour dévoiler sa nouvelle vision », a-t-il noté appelant tous les acteurs à se remettre au travail pour pouvoir dépasser cette étape.

De même, il a exigé l’accélération du rythme nécessaire à la relance des projets bloqués dans plusieurs régions pour des raisons foncières et politiques et surtout l’adoption du code des investissements.

Des mesures jugées nécessaires pour pouvoir sortir de l’ornière, sinon la sortie de la Tunisie sur le marché international sera différée. Mohamed Al Jaraya a estimé que la Tunisie aura encore besoin de s’endetter d’ici 2017 et le taux de l’endettement se situerait par conséquent aux environs de 56 ou de 57%.

Wiem Thebti

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