Le choix de la Tunisie en tant que point de départ régional stratégique pour l’Année internationale des parcours et des pastoralistes (IYRP) 2026, visant à promouvoir des systèmes pastoraux durables face à la dégradation des terres, reflète la confiance de la communauté internationale dans l’expérience tunisienne, selon le chef de cabinet du ministre de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, Heykel Hachlaf.
Lors de l’ouverture des travaux de la Conférence régionale pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord pour les pâturages et les pastoralistes, il a précisé que ce choix illustre l’engagement historique de la Tunisie en faveur d’une gestion optimale des ressources naturelles et de la consolidation des initiatives participatives qui combinent dimensions environnementales, sociales et économiques en pleine harmonie avec les objectifs de développement durable et les accords internationaux sur l’environnement.
Dans le même ordre d’idées, il a passé en revue les défis auxquels font face les systèmes vitaux de pâturages qui font partie des écosystèmes les plus fragiles à cause des pressions croissantes dues au changement climatique, à la dégradation des terres et à la récurrence des sécheresses et des inondations, qui menacent leur sécurité et sapent les modes de vie pastoraux.
Cette situation, a-t-il indiqué, dicte la nécessité de soutenir activement les éleveurs et de leur donner des moyens économiques et sociaux, afin de protéger les terres, améliorer les moyens de subsistance en milieu rural et réduire la pauvreté et les taux de migration dans les zones fragiles.
Une approche intégrée
Le directeur général des forêts, Mohammed Naoufel Ben Haha a précisé, pour sa part, que plus de 80 experts de Mongolie, Tunisie, Mauritanie, Yémen, Arabie saoudite, Jordanie, Liban et de Palestine, participent à cet atelier. Dans le même contexte, il a déclaré : « Nous travaillerons pour que l’atelier régional aboutisse au lancement à partir de la Tunisie d’une initiative internationale qui constituera un plan d’action pour faire progresser les pâturages et la situation des éleveurs ».
Ce plan constituera, en outre, un mécanisme régional international pour protéger les pâturages des répercussions négatives du changement climatique et des agressions humaines et établir les règles de gestion et de comportement durables en matière des pâturages dans le cadre d’une structure interrégionale concernée par les pâturages et les éleveurs.
Il s’agit, également, de valoriser le secteur et promouvoir la situation sociale et économique des éleveurs dans une approche intégrée pouvant renforcer la résilience du système et consolider son rôle dans la réalisation de la sécurité alimentaire et l’équilibre environnemental.
Une option de développement économique viable
Il faut noter dans cet ordre d’idées que dans certaines régions, le pastoralisme est la seule option de développement économiquement viable. Malgré cela, certains pays envisagent la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) comme associée à la restriction de la mobilité des populations pastorales. Or, la réalisation des OMD est compatible avec le pastoralisme. En
Russie par exemple, les écoles mobiles pour les éleveurs de rennes ont contribué à la réalisation du deuxième OMD sur l’éducation universelle. Un système similaire a été mis en place au Soudan. Et les connaissances autochtones des plantes médicinales détenues par les populations pastorales peuvent participer à la réalisation des OMD 4 et 5 sur la santé. Enfin, le soutien et le maintien des systèmes pastoraux face aux défis environnementaux et économiques croissants est nécessaire pour parvenir à réaliser le premier OMD qui doit mettre un terme à l’extrême pauvreté et à la faim.








