La Tunisie se classe neuvième en Afrique pour ses performances en matière de lutte contre la corruption en 2025, avec un score de 55,9 sur 100, ce qui la place parmi les 10 premiers pays du continent tout en enregistrant l’une des plus fortes améliorations de la dernière décennie, selon le dernier rapport « Lutte contre la corruption : du déclin à la reprise » publié par la Fondation Mo Ibrahim.
S’appuyant sur la sous-catégorie anti-corruption de l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG), le rapport évalue les performances des pays africains en matière de prévention et de lutte contre la corruption sur la période 2016-2025.
La Tunisie se classe neuvième parmi les pays africains en termes de progression entre 2016 et 2025, gagnant 4,2 points et gagnant ainsi trois places au classement continental. Son score global de 55,9 points est nettement supérieur à la moyenne africaine de 39,1 points.
Le rapport classe néanmoins la trajectoire de la Tunisie dans la catégorie des « signaux d’alerte ». Cette désignation est attribuée aux pays dont les progrès récents restent fragiles ou insuffisamment consolidés, les exposant ainsi à un risque de stagnation, voire de régression, à moins que les réformes en cours ne soient maintenues et renforcées.
Seuls les Seychelles font mieux que la Tunisie en marchés publics
L’un des succès les plus marquants de la Tunisie réside dans ses procédures de marchés publics, où elle a enregistré la deuxième plus forte progression en Afrique, avec un gain de 45,6 points au cours de la dernière décennie. Seuls les Seychelles ont fait mieux, avec une augmentation de 50 points dans leurs mécanismes de lutte contre la corruption.
Après plusieurs années de déclin, le rapport constate une reprise des efforts de lutte contre la corruption en Afrique. L’indice évalue l’efficacité des mécanismes anticorruption, l’absence de corruption au sein des institutions étatiques, de l’administration publique et du secteur privé, la transparence des procédures de marchés publics et la perception qu’ont les citoyens des efforts déployés en matière de lutte contre la corruption.
Après une période de détérioration, le continent a enregistré un rebond plus marqué entre 2020 et 2025, avec une note moyenne en hausse de 1,4 point à 39,1.
Le Rwanda a conservé sa position de pays africain le plus performant dans la lutte contre la corruption, un classement qu’il occupe sans interruption depuis 2016. En 2025, il a obtenu un score de 76,6 points, soit une amélioration de 2,6 points en dix ans.
Les Seychelles ont enregistré la plus forte progression du continent, leur score ayant bondi de 26,3 points en dix ans pour atteindre 76,6 points en 2025. L’archipel de l’océan Indien a grimpé de 12 places pour partager la première position avec le Rwanda.
L’île Maurice complète le podium avec 65,7 points, suivie du Sénégal (64,0), du Bénin (58,7), du Botswana (57,8), de la Namibie (57,6), du Cap-Vert (56,1), de la Tunisie (55,9) et du Burkina Faso (55,6).
À l’autre extrémité du classement, le Soudan du Sud est resté le pays le moins performant, avec un score de seulement 6,9 points en 2025.








