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mardi 20 octobre 2020
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La Tunisie est-elle le pays le moins économiquement libre du monde arabe ?

La Tunisie vient d’être classée 10éme par le rapport annuel 2012 de la liberté économique dans le monde arabe. En effet, avec un score de 6,8 points, la Tunisie accuse un retard significatif par rapport à Bahreïn et les Emirats arabes unis qui occupent ex aequo la première place, suivis par la Jordanie (7,9 points), le Koweït (7,8 points), le Liban et le sultanat d’Oman (7,6 points), Qatar (7,4 points), l’Arabie Saoudite (7,3 points) et le Yémen (7,2%). Cependant avec ce score, la Tunisie devance plusieurs autres pays notamment ceux du Printemps arabe tels que l’Egypte qui vient d’être classée 12ème avec un score de 6,7 points, le Maroc (14ème avec 6,5 points), la Syrie (15ème/6,2 points) ou encore l’Algérie qui arrive à la 17ème place avec un score de 5,7 points.

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Le rapport qui vient d’être rendu public, lors d’une rencontre qui a eu lieu ce jeudi, 22 novembre à Tunis, a montré aussi que le classement de la Tunisie en matière de liberté économique demeure le même que celui de 2011. Son score reste le même que celui de l’année dernière. Son classement au titre des dépenses publiques reste également inchangé par rapport à l’année dernière, soit un score de 7,4 points, accusant néanmoins un recul de 3 places pour se situer à la 5ème place. Le score de la Tunisie en termes de politique monétaire demeure aussi inchangé par rapport à 2011, mais elle rétrograde de 2 places au classement.

Au volet des échanges commerciaux, la Tunisie a conservé sa 19ème place en dépit d’une baisse de 0,1 points dans son score. A ce propos, le rapport a considéré que la Tunisie est le pays où il y a moins de liberté par rapport aux autres pays arabes.

En ce qui concerne les mécanismes de travail, de la main d’œuvre et de l’investissement, le rapport a montré que les résultats demeurent aussi les mêmes que ceux réalisés en 2011, soit 7,2 points.

Au sujet des perspectives de développement, le rapport a montré que les premiers indices laissent penser que la Tunisie pourra avancer dans ses résultats, notamment en ce qui concerne le volume de ses dépenses publiques ainsi que sa politique monétaire.

Interrogé par Africanmanager sur la liberté économique en Tunisie, Houcine Dimassi, l’ancien ministre des Finances a affirmé que la Tunisie est actuellement au milieu de la route. « Notre économie a fait quelques pas sur la voie de la libéralisation notamment avec le programme d’ajustement structurel qui date des années 80, mais nous sommes restés à mi-chemin entre une économie fortement administrée et une économie libéralisée », a-t-il expliqué.

Houcine Dimassi, a ajouté, dans le même contexte, que le problème n’est pas celui d’aboutir à une économie totalement libéralisée mais plutôt d’arriver à un Etat capable de réguler le marché et redistribuer la richesse créée. )

Il a appelé aussi à ne pas mêler les genres et croire que la libéralisation permet de créer plus de richesse et de réaliser une croissance beaucoup plus importante et plus élevée. « Si les richesses ne sont pas redistribuées entre les différentes catégories sociales et les générations futures, la situation pourra être pire qu’avant », a indiqué Dimassi en appelant à la nécessité de séparer entre libéraliser et régulariser et régulariser tout court. « Une libéralisation sauvage peut être une calamité pour le pays », a-t-il ajouté.

Hmida Khlifi, directeur général de l’Institut tunisien de la Compétitivité et des Etudes Quantitatives a indiqué que la liberté économique a entraîné une amélioration dans la position comparativement à plusieurs autres pays mais cela ne peut pas cacher plusieurs défaillances au niveau du commerce extérieur, de l’investissement, la concentration de l’exportation sur une zone particulière et les barrières tarifaires.

C’est dans ce cadre qu’il faut, selon lui, diversifier les partenaires et éviter de se concentrer sur un nombre restreint de produits, sachant que 80 de nos exportations sont orientées vers le marché européen.

Riadh Bettaieb, ministre de l’Investissement et de la Coopération Internationale a précisé que le souci majeur actuel du gouvernement est de relever les défis économiques et d’instaurer un environnement favorable et un climat d’affaires propice à l’investissement. Ce sont là les grandes lignes sur lesquelles a travaillé le gouvernement, particulièrement avec le recul de l’activité économique et la baisse du taux de croissance, notamment après la Révolution.

Riadh Bettaieb a indiqué, en outre, que des indices prometteurs ont été enregistrés à fin septembre 2012. Une amélioration progressive de l’activité économique a été déjà remarquée. Le taux de croissance a atteint 3,2%, durant les 9 premiers mois de l’année en cours, contre -1,8% , durant la même période de l’année dernière. Les investissements directs étrangers ont accusé, pour leur part, une hausse de 27%, par rapport aux neuf premiers mois de l’année 2011.

A indiquer que le rapport 2012 sur la liberté économique a été élaboré par le think tank canadien Fraser Institute, l’International Research Foundation, et l’office du Caire de la Fondation des Libertés de l’Institut Freidrich Naumann,

Khadija Taboubi

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