AccueilLa UNELa Tunisie face à son paradoxe céréalier

La Tunisie face à son paradoxe céréalier

Généralement, le pain est de nouveau à portée de main,  les crises et les pénuries à répétition qui ponctuaient sa  disponibilité et sa distribution semblent avoir été surmontées. Il n’en demeure pas moins vrai que le recours à marché céréalier mondial  garde sa cadence, avec, de surcroît, l’inclusion de davantage de blé dur dans  la liste des achats confiés à l’Office des céréales. Le dernier en date des appels d’offres internationaux lancés par la Tunisie qui doit être clôturé ce mercredi, porte justement sur 100 000 tonnes de cette variété de blé, qui ne sert, généralement pas, à la fabrication du pains, et singulièrement la « baguette ».

L’appel d’offres, annoncé sans préciser la provenance du blé, souligne l’initiative stratégique de l’Office tunisien des céréales pour répondre à ses besoins en blé dur, font remarquer les négociants européens qui y voient dans cette décision une « mesure proactive visant à garantir l’approvisionnement en céréales essentielles ».

Ce dernier appel d’offres fait suite à une série d’actions d’approvisionnement entreprises par l’Office tunisien des céréales au début du mois de janvier, lorsque des négociants européens avaient  confirmé l’achat de 50 000 tonnes de blé dur et de 50 000 tonnes supplémentaires d’orge fourragère par le biais de deux appels d’offres internationaux distincts. L’absence de spécification concernant la source du blé dans le récent appel d’offres suggère un élargissement des possibilités d’approvisionnement par l’Office des céréales afin de diversifier ses sources et d’assurer une offre suffisante pour répondre à la demande.

Les informations fournies par les négociants indiquent que l’achat de blé dur a été effectué en deux expéditions distinctes, chacune comprenant 25 000 tonnes. Les prix étaient compris entre 464,89 et 474,69 dollars la tonne, frais de transport inclus. Les transactions ont été facilitées par la maison de négoce e Viterra, ce qui met en évidence le réseau complexe de relations commerciales mondiales impliquées dans la satisfaction des besoins en céréales de la Tunisie.
L’approche proactive du Bureau des céréales pour sécuriser les céréales essentielles souligne le rôle essentiel joué par les appels d’offres internationaux dans le maintien de la sécurité alimentaire et la satisfaction des besoins agricoles de la nation. Alors que la Tunisie continue à naviguer dans les complexités des marchés céréaliers mondiaux, de telles initiatives restent essentielles pour assurer une chaîne d’approvisionnement stable et durable pour les produits de base essentiels, estiment les négociants européens.

Noyau dur de la production nationale  

La production céréalière nationale donne toujours la part belle au blé dur. Selon l’ONAGRI, les superficies emblavées jusqu’au 25 janvier 2024, ont atteint 940 mille hectares sur 1,194 million d’hectares programmés. Des  superficies réparties à raison de 803 mille hectares au Nord et 137 mille hectares au Centre et au Sud. Environ 560 mille hectares ont été ensemencés en blé dur, 25 mille hectares en blé tendre, 346 mille hectares en orge et 8,5 mille hectares en triticale.

Les superficies de céréales irriguées ont atteint 82837 hectares soit 99% de la superficie programmée (83 mille hectares), contre 72 mille hectares durant la même période de la saison dernière.  Ces superficies se répartissent entre 60 mille hectares de blé dur et 22 mille hectares d’orge.
Environ 174 mille quintaux de semences sélectionnées ont été mis à disposition des producteurs dans les régions, outre 8 mille quintaux qui ont été directement vendus par les sociétés de production.
En ce qui concerne l’avancement de l’opération d’approvisionnement en engrais chimiques, le taux d’approvisionnement en Superphosphate (TSP Super 45) a atteint 51% (15180 tonnes distribuées sur 30 mille tonnes programmées),  tandis que celui du Diammonium phosphate (DAP) s’élève à 45% (68 221 tonnes distribuées sur 150 mille tonnes programmées).
S’agissant des cultures fourragères, la superficie ensemencée en fourrages d’automne est estimée au 25 janvier 2024, à 251 mille hectares (80% de la surface programmée) contre 279 mille hectares durant la même période de la saison dernière.
La régression de la superficie ensemencée en fourrages au 25 janvier 2024, s’explique essentiellement par le déficit pluviométrique enregistré durant les mois de  septembre, octobre et novembre 2023 dans la plupart des régions de production et la baisse des quantités de semences disponibles.
La superficie de fourrages irrigués a atteint au 25 janvier courant, 36,4 mille hectares soit 77% de la superficie programmée. Cette catégorie de culture est également en baisse par rapport à la saison précédente en raison notamment de la diminution des apports aux barrages et du repli des ressources de la nappe phréatique au niveau des zones irriguées.

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