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Tunisie
mercredi 30 septembre 2020
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La Tunisie malade de l’exode de ses blouses blanches !

Manifestement, la fuite des cerveaux, notamment les médecins, surtout ces dernières années, alimente le débat sur la place publique. Les médias en font leurs choux gras, l’opinion publique s’en saisit, en parle abondamment, épilogue sur les raisons de cette hémorragie et pleure un bon coup sur les ratés d’un système de santé devenu endémique. Mais jusqu’ici on ne disposait pas d’éléments tangibles sur l’acuité de ce fléau, sa gravité et son impact sur un système de santé déjà sinistré à bien des égards.
L’Europe, principale destination de ces cerveaux tunisiens, a anticipé son problème de vieillissement de la population, et donc son gros besoin de personnels soignants, en mettant en place un dispositif d’équivalence qui donne la possibilité aux médecins étrangers d’y pratiquer.
Il faudra des milliers d’actions pour convaincre les médecins que quelque chose est en train de changer dans le pays et que cela vaut la peine de rester !
Ahlem Belhadj , secrétaire générale du syndicat des médecins, pharmaciens et dentistes hospitalo-universitaires, a affirmé mercredi 8 juillet 2020 que 490 médecins hospitalo -universitaires ont quitté la Tunisie et certains pantouflent dans le secteur privé qu’ils ont choisi comme nouvelle destination.
Elle a également déclaré à Mosaïque fm, que les médecins évitent de travailler dans les hôpitaux à cause de la situation catastrophique qui y règne.
On rappelle que selon des chiffres officiels annoncés par le ministère de la Santé, entre 2017 et 2018, environ 600 médecins spécialistes ont quitté les hôpitaux publics en Tunisie pour aller travailler à l’étranger. D’ailleurs, depuis des années, le secteur de la santé en Tunisie souffrait de problèmes de gestion et d’une mauvaise gouvernance et qu’il fallait essentiellement remplacer du vieux matériel.
Les médecins spécialistes absents dans les régions
La simple idée de s’installer dans des zones rurales rebute encore un grand nombre de jeunes médecins spécialistes qui refusent de travailler dans les hôpitaux régionaux à cause des mauvaises conditions de travail et de l’absence de plateau technique dans certains services.
Le paradoxe, c’est que nous ne manquons pas de médecins spécialistes, puisque nos quatre facultés de médecine en forment chaque année des dizaines. Malheureusement, cette richesse extraordinaire est mal répartie car la quasi-majorité est déployée dans les grandes villes et les régions côtières alors que les régions intérieures restent désertes ou presque.
C’est vrai que le manque de moyens, les agressions répétitives à l’encontre des médecins, l’absence d’une vision claire pour le secteur figurent parmi les entraves qui se dressent devant les médecins et les obligent à ne pas travailler dans les régions internes de la République. Mais l’accueil chaleureux connu chez nos concitoyens de ces régions et leur générosité peuvent compenser ces difficultés et permettre aux jeunes médecins de vivre une expérience professionnelle et personnelle unique et enrichissante…

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