Avec 46 000 km de côtes, la mer Méditerranée est une mer semi-fermée entourée d’un grand nombre de pays riverains.
Pour protéger les stocks surpêchés de la région, ainsi que le gagne-pain de milliers de personnes sur ses côtes qui dépendent de ses ressources marines, les pays riverains de la Méditerranée travaillent ensemble contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) dans ses eaux.
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié une déclaration le 6 juin indiquant que « la pêche INN crée une concurrence déloyale avec les petits pêcheurs qui respectent les réglementations, menaçant la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de communautés côtières entières. » » Soixante-quinze pour cent des stocks de poissons sont actuellement surexploités en Méditerranée et en mer Noire. Néanmoins, selon les travaux d’évaluation de la stratégie de gestion de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM) (un modèle qui prévoit comment les stocks de poissons réagissent dans le temps aux mesures de gestion suivant les plans de gestion de la CGPM), ces stocks de poissons pourraient se reconstituer si la pêche INN était éliminée », ajoute le rapport.
« Dans le cadre de la CGPM, l’Agence européenne de contrôle des pêches (EFCA) travaille avec des inspecteurs de Tunisie, d’Albanie, d’Algérie, de Bosnie-et-Herzégovine, de Libye, du Monténégro et d’Ukraine afin de garantir la cohérence des inspections en mer dans toute la région ».
Des inspecteurs tunisiens à l’œuvre
À cette fin, la Tunisie, où l’on compte au moins 12 000 bateaux de pêche et où le secteur représente environ 70 000 emplois directs et indirects et environ 13 % des exportations agricoles, lutte contre la pêche illégale au niveau national et régional.
La Tunisie a déjà reçu des navires de surveillance pour contrôler ses côtes et d’autres pour la recherche scientifique et la formation professionnelle dans ce domaine.
« Le rôle des inspections en Méditerranée et en mer Noire est essentiel pour garantir le respect des règles de pêche. La CGPM est en train d’élaborer un programme international conjoint de surveillance et d’inspection dans toute la Méditerranée et la mer Noire pour former les inspecteurs nationaux et améliorer l’accès et l’échange d’informations et de données dans la région », ajoute le communiqué.
« L’EFCA a affrété un navire de patrouille en mer, le Lundy Sentinel, qui soutient le déploiement et l’échange d’inspecteurs de divers pays et améliore ainsi la conformité, le renforcement des capacités et l’échange des meilleures pratiques dans des situations opérationnelles réelles sur le terrain », note le communiqué.
« La pandémie de COVID-19 a conduit à l’exploration de nouvelles méthodes de contrôle, notamment l’utilisation de la surveillance électronique à distance, le renforcement du journal de bord électronique (ERS) et l’utilisation de nouvelles technologies comme les capteurs et le marquage des engins de pêche par le biais d’actions pilotes dédiées. Grâce à ces nouvelles méthodes de contrôle, le nombre d’inspections et d’observations signalées et transmises au secrétariat de la CGPM n’a cessé d’augmenter », indique le rapport.
L’Italie en rupture de ban !-
Selon Lasse Gustavsson, directeur exécutif d’Oceana, une organisation internationale de défense se consacrant exclusivement à la conservation des océans, « La Méditerranée est la mer la plus surexploitée d’Europe avec plus de 90% des stocks sur-pêchés. En ne prenant pas de mesures, les gouvernements mettent en péril l’avenir de la pêche en Méditerranée et l’avenir de 300.000 pêcheurs et leurs familles qui dépendent de la pêche pour leur alimentation et leurs revenus ».
Océana dit avoir « identifié plus de 20 chaluts de fond italiens présumés avoir pêché pendant plus de 10.000 heures dans une zone fermée destinée à protéger les jeunes merlus dans le détroit de Sicile, où les stocks sont gravement sur-pêchés ». Selon Oceana, « la situation est sûrement plus préoccupante encore puisque des sources officielles ont confirmé des activités de pêche par des navires battant pavillon d’autres Etats (par exemple la Tunisie) qui n’utilisent pas le Système d’identification automatique (SIA)








