AccueilLa UNELa Tunisie "se vautre dans l'incertitude"

La Tunisie « se vautre dans l’incertitude »

Alors que l’opposition est muselée et  l’économie au bord du gouffre, les experts estiment que la Tunisie « se vautre dans l’incertitude » au moment même où le président de la République, Kais Saied,  s’apprête à demander aux Tunisiens leur avis sur une nouvelle constitution.

Le 13 décembre, il a présenté une feuille de route pour l’élaboration d’une Loi fondamentale qui devrait accorder davantage de pouvoirs à l’exécutif au détriment du législatif. La population est  invitée à envoyer des  suggestions via des plateformes électroniques du 1er janvier au 20 mars, en préalable à un  référendum sur la constitution, le  25 juillet 2022.

Les critiques ont déclaré que cette initiative souligne l’approche « populiste » du président, qui a remporté les élections en 2019 avec une majorité écrasante de 73 % des suffrages x.

« Le pays se vautre dans l’incertitude politique, même après que Saied a annoncé sa feuille de route, qui ne semble pas avoir rassuré les partenaires, que ce soit au niveau national ou international », a déclaré l’analyste Hamza Meddeb, cité par «The NewArab».

« Il y a beaucoup de points d’interrogation sur la fiabilité de ce processus », a-t-il ajouté, rappelant que « l’on n’a jamais essayé ce genre de référendum en Tunisie et on ne sait pas comment le président compte organiser ces consultations. »

La prise de pouvoir de Saied en juillet est intervenue alors que la Tunisie était plongée dans une crise politique et économique exacerbée par la multiplication des cas de coronavirus.

Sa démarche a été initialement soutenue par certains Tunisiens qui en avaient assez d’une élite politique considérée comme corrompue et incapable de résoudre les problèmes du pays.

Mardi, le pays, criblé de dettes, a dévoilé un budget pour 2022 qui lui permettra d’emprunter près de 7 milliards de dollars, alors qu’il cherche à redresser  une économie frappée par un chômage de 18 %.

Le  gouvernement  espère également parvenir à un accord  le Fonds monétaire international.

The NewArab  évoque, d’autre part, les atteins aux droits, citant le cas  de l’ancienne députée Bochra Belhaj Hmida  qui a été condamnée à six mois de prison, une sentence qui a suscité des interrogations car elle est intervenue quelques jours après avoir critiqué le président, fait observer la même source.

Pente glissante

Elle mentionne aussi le cas de l’ancien président en exil Moncef Marzouki, qui a été condamné par contumace à quatre ans de prison le 22 décembre pour « atteinte à la sécurité de l’État depuis l’étranger » après avoir lancé des critiques publiques virulentes contre Saied.

« Tous ces procès expéditifs contre des voix critiques montrent clairement que le pouvoir judiciaire est malheureusement entre les mains de l’exécutif », a déclaré Meddeb.

Les groupes de défense des droits ont mis en garde à plusieurs reprises contre la menace qui pèse sur la liberté d’expression en Tunisie depuis le 25 juillet.

Human Rights Watch a déclaré en décembre que les autorités tunisiennes utilisaient des lois « répressives » datant de l’époque de la dictature pour étouffer les critiques à l’encontre de Saied.

Le 23 décembre, un groupe de personnalités anti-Saied réunies sous la bannière « Citoyens contre le coup d’État » a entamé une grève de la faim pour dénoncer ce qu’ils appellent « une abolition totale des libertés ».

Le groupe a appelé au boycott de la consultation publique poussée par Saied, l’accusant de chercher à « dissimuler son coup d’État ».

« La Tunisie est sur une pente glissante et nous pouvons nous attendre à de fortes tensions », prévoit l’analyste Hamza Meddeb.

- Publicité-

2 Commentaires

  1. Il faut arrêter ces slogans vides « liberté d’expression », tous les tunisiens s’expriment à leur manière, l’essentiel ces d’éviter la haine et les insultes si non ce n’est plus de la liberté d’expression c’est de l’agression verbal, d’autre part ce groupe qui fait la grève de la faim, il es libre et je ne vois pas pourquoi il font la grève de la faim alors qu’il n(est pas interdit de manger, ce groupe est un menteur, il ne connait pas la démocratie propre, il veut mette le pays dans le guerre civile. Qu’il aille travailler au lieu de pleurnicher comme des gamins qui ne savent pas ce qu’ils veulent.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -