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L’administration Biden et la Tunisie: Un bon départ, selon l’ex ambassadeur US Gordon Gray

La Tunisie est classée par Freedom House parmi les deux seuls pays libres du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et les États-Unis doivent assumer leur part pour que la transition du pays vers la démocratie se poursuive à un rythme soutenu, recommande l’ex ambassadeur des USA à Tunis et actuellement directeur des opérations du Center for American Progress, Gordon Gray, sur la foi de l’indice que  sur  la base des six premiers mois du mandat de l’administration Biden, il semble que la politique américaine aille dans le sens de cet objectif, bien que l’on puisse faire encore plus.

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Dans une analyse publiée sur le site de l’​information politique et institutionnelle américaine «The Hill», il pense qu’il est  dans l’intérêt des États-Unis de le faire à la fois pour des raisons géostratégiques (par exemple, en protégeant le flanc sud de l’OTAN et en contrôlant de manière humaine les migrations vers l’Europe) et pour endiguer la tendance croissante à la montée de l’autoritarisme.

Point de passage obligé, le diplomate semble ne pas pouvoir livrer une fine analyse de la Tunisie  sans  égratigner  l’administration Trump, qui , a-t-il dit, à la différence d’Obama et de son équipe, a placé la Tunisie en bas de son agenda, car elle reléguait à un rang inférieur  la démocratie et la liberté comme priorité. Pour la première fois du siècle, le secrétaire d’État d’une administration ne s’y est pas rendu. Au lieu de cela, les États-Unis ont réorienté les relations bilatérales, autrefois très larges, pour se concentrer presque exclusivement sur les questions de sécurité, a regretté Gordon Gray rappelant que lorsque l’administration Trump a dépêché le commandant adjoint de l’U.S. Africa Command à la tête de sa délégation pour les funérailles de Feu Béji Caïd Essebsi en juillet 2019, elle a envoyé le mauvais signal. Elle a renforcé la tendance négative de la militarisation de la politique étrangère américaine. Les Tunisiens l’ont remarqué et se sont demandés pourquoi un haut dirigeant civil n’avait pas plutôt conduit  la délégation. Puis, dans les dernières semaines du mandat de Trump, une visite du secrétaire à la Défense Mark Esper n’a fait que souligner l’idée que les États-Unis se souciaient uniquement de la Tunisie d’un point de vue militaire.

L’administration Biden, en revanche, fait remarquer le diplomate US, a pris plusieurs mesures dès le début de son mandat pour tendre la main à la Tunisie. Le chef du Bureau de la Garde nationale s’est rendu à Tunis les 15 et 16 juin, et le secrétaire d’État a rencontré son homologue tunisien lors de la réunion ministérielle de Berlin sur la Libye une semaine plus tard. La secrétaire d’État adjointe Wendy Sherman a également effectué une « visite virtuelle » en Tunisie le 25 juin, rencontrant la société civile et les médias ainsi que le Premier ministre Hichem Mechichi.

Ce que l’Administration Biden doit faire pour la Tunisie

Les visites et les réunions sont des outils nécessaires mais insuffisants de la diplomatie, a-t-il noté. « Si (comme je le crois) l’administration Biden est sincère dans sa conviction qu’elle veut restaurer la promotion des valeurs américaines comme un principe central de la politique étrangère américaine, elle doit prendre des mesures concrètes pour faire avancer les intérêts américains.  Elle peut le faire en soutenant la transition de la Tunisie vers un système politique et économique plus ouvert ».  Il a trouvé « réconfortant » que la Millennium Challenge Corporation ait approuvé un contrat de 498,7 millions de dollars destiné à faciliter le commerce avec la Tunisie et à catalyser les investissements du secteur privé.

D’autres mesures doivent être prises pour que les citoyens tunisiens – en particulier les jeunes et les chômeurs – aient le sentiment que la démocratie ne s’obtient pas au prix d’une stagnation économique, voire pire. Il s’agit notamment de :

-Redynamiser la Commission économique mixte (CEM) États-Unis-Tunisie, qui s’est réunie pour la dernière fois le 7 février 2020 et stimuler la participation du secteur privé est essentiel pour favoriser l’esprit d’entreprise et la création d’emplois en Tunisie.

-Confirmer rapidement la nomination u poste de sous-secrétaire d’État à la croissance économique de Jose Fernandez qui a visité la Tunisie à plusieurs reprises alors qu’il était secrétaire d’État adjoint, et pendant son mandat,  a fait preuve de leadership et d’initiative en cherchant à promouvoir l’intégration économique de l’Afrique du Nord.  (Il parle également le français, deuxième langue de la Tunisie).

-Lancement des négociations pour un accord de libre-échange (ALE) entre les États-Unis et la Tunisie.  Cela fait presque 20 ans que les États-Unis et la Tunisie ont signé un accord-cadre sur le commerce et l’investissement (TIFA). Il est temps d’abandonner la compilation de livres d’information sur le TIFA et de passer à la négociation effective d’un ALE. Cela renforcerait la confiance des investisseurs alors que l’économie tunisienne cherche à se remettre de la récession due à la pandémie. « Et comme plus d’un Tunisien me l’a fait remarquer au fil des ans, l’exportation d’olives et de dattes n’est pas une menace pour les travailleurs américains », a douligné Gordon Gray.

-Élargir la loi sur la croissance et les opportunités en Afrique pour englober les pays d’Afrique du Nord.  Les États-Unis ont déjà un ALE avec le Maroc. La Tunisie répond certainement aux critères d’éligibilité de la loi (économies de marché, état de droit, pluralisme politique, etc.) Le commerce intra-africain n’est pas limité par le désert du Sahara et la loi ne devrait pas l’être non plus.

-Fournir un financement de la Development Finance Corporation pour soutenir la fabrication des vaccins COVID-19 en Tunisie, similaire à l’arrangement avec l’Afrique du Sud annoncé le 30 juin.

La Tunisie n’est peut-être pas en tête de la longue liste des priorités de politique étrangère de l’administration Biden, mais le président et son équipe de sécurité nationale ne devraient pas répéter l’erreur de l’administration Trump de la négliger, a lancé l’ex ambassadeur US. « Heureusement, tout indique jusqu’à présent que la nouvelle administration comprend l’importance de soutenir concrètement cette nouvelle démocratie », assure-t-il.

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