Le cabinet d’intelligence économique et de conseil Oxford Business Group (OBG), vient de livrer son rapport annuel The Report: Tunisia 2019. Il y dresse un état des lieux détaillé de l’économie tunisienne, mettant en lumière les secteurs phares tels que le tourisme et l’industrie et revient sur les réformes structurelles mises en place par le gouvernement tunisien, telle que la Loi Transversale pour l’amélioration du climat des affaires adoptée au mois d’avril avec des entretiens où une pléiade de responsables tunisien expriment leurs points de vue respectifs sur les répercussions que cette loi devrait entrainer dans le pays.
Les auteurs du rapport ont, en exergue, souligné que « malgré les défis auxquels la Tunisie a dû faire face ces dernières années, tels que la hausse de l’inflation, l’augmentation de la dette extérieure et le recul des réserves de change, le pays a su maintenir une croissance positive ». Le PIB annuel, s’il n’a pas retrouvé son niveau d’avant la révolution de 2011, a tout de même affiché une croissance moyenne de 1,7% entre 2011 et 2017, atteignant 2,5% en 2018. Cette évolution à la hausse devrait se poursuivre en 2019, avec une croissance attendue de 3%.
La Startup Act et la création d’emploi
Le rapport annuel d’OBG sur la Tunisie consacre également une place de choix à la stratégie gouvernementale de développement de l’écosystème des start-up, qui repose en particulier sur le projet de loi adopté en 2018 relatif à la création et à la promotion des start-up, baptisé Startup Act. , et qui devrait favoriser l’entreprenariat ainsi que la création d’emploi.
Secteur clé de l’économie tunisienne, le tourisme connaît une solide reprise après des années d’instabilité. La Tunisie a accueilli en 2018 plus de 8 millions de touristes, revenant ainsi aux niveaux prérévolutionnaires et générant 1,4 milliard de dollars de recettes. Le secteur, qui contribue au PIB à hauteur de 8% environ, devrait poursuivre sa croissance, s’appuyant notamment sur des marchés de niche tels que le tourisme médical.
La signature de pactes de compétitivité dans divers secteurs (textile, pharmaceutique, automobile, huile d’olive, oléicole) s’inscrit également au nombre des réformes engagées par le gouvernement tunisien pour booster le développement économique.
Aussi, le chapitre industrie de The Report: Tunisia 2019 propose une analyse du secteur textile, source importante d’emploi et de devises, ainsi qu’un aperçu du secteur électronique, vecteur d’attentes.
Jouissant d’une main d’œuvre qualifiée et d’une situation géographique favorable, la Tunisie dispose de nombreux atouts pour développer ce secteur qui ne manquera pas de profiter entre autres aux secteurs aéronautique et automobile.
L’essentielle réforme du secteur public
On retiendra surtout de ce rapport cette analyse économique où il est souligné que « sii la Tunisie reste un pays qui dispose d’un certain nombre d’atouts solides sur lesquels fonder son développement futur, les défis de ces dernières années ont ralenti la volonté des décideurs de planifier et d’exécuter de manière adéquate les réformes nécessaires pour rendre l’économie plus compétitive ».
Toutefois, ajoute le document, plusieurs mesures mises en œuvre par le gouvernement en 2018 et 2019 contribuent à ouvrir la voie aux entrepreneurs tunisiens, ce qui devrait contribuer à réduire l’informalité. Néanmoins, pour réussir à mettre en œuvre avec succès une nouvelle dynamique de croissance à moyen terme, la Tunisie devra établir un consensus clair sur les réformes économiques. Par exemple, la réforme du secteur public, bien qu’impopulaire dans l’environnement actuel, est toujours considérée comme essentielle pour renverser la situation budgétaire défavorable de la Tunisie, relève OBG.








