Les pressions inflationnistes sont revenues au centre des préoccupations des marchés mondiaux vendredi, provoquant une flambée des taux d’intérêt et une baisse des Bourses, après une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping qui n’a pas rassuré.
Selon Interactive Brokers, le marché obligataire « est mis à rude épreuve (…) car aucune lueur d’espoir ne se profile à l’horizon géopolitique ».
Le président américain Donald Trump a dit avoir reçu des paroles encourageantes de son homologue chinois Xi Jinping pour aider à une réouverture du détroit d’Ormuz, et des promesses de ne pas livrer d’équipements militaires à l’Iran. Les déclarations officielles chinoises n’en faisaient toutefois pas mention.
En Europe, le taux d’intérêt de la dette allemande à échéance dix ans, référence sur le continent, a retrouvé un niveau plus vu depuis 2011, à 3,18% contre 3,04% la veille en clôture. Son équivalent français s’établissait à 3,80%, contre 3,66% en clôture jeudi. Le rendement de l’emprunt britannique à dix ans bondissait de 4,99% jeudi à 5,18% vendredi, après avoir culminé à un plus haut depuis 2008, une dynamique renforcée par la crise politique que traverse le pays.
L’échéance à plus long terme (30 ans) était au plus haut depuis 1998, s’affichant à 5,85% contre 5,65% jeudi, soit un écart de 0,20 point de pourcentage, une très forte variation sur ce marché.
« On observe une inquiétude croissante concernant la dette publique, car les pays pourraient chercher à amortir l’impact de la hausse des prix de l’énergie par le biais de mesures de soutien aux consommateurs », a souligné auprès de l’AFP Angelo Kourkafas, d’Edward Jones.
Les prix du pétrole ont d’ailleurs poursuivi leur hausse vendredi. Le baril de Brent de la mer du Nord a gagné 3,35% à 109,26 dollars, et celui de son équivalent américain, le WTI, a avancé de 4,20% à 105,42 dollars.
Avec la flambée des coûts de l’énergie, les investisseurs continuent « de faire face aux préoccupations liées à l’inflation et à la stagflation », mélange de croissance économique ralentie et de hausse des prix, selon Fawad Razaqzada, analyste de marché, chez Forex.com.
« Un baril durablement élevé pousse les anticipations d’inflation à la hausse, possiblement vers des niveaux très supérieurs à ceux envisagés en début d’année », a résumé Florian Ielpo, analyste chez Lombard Odier.








